Sur un air de vuvuzela, ou de déjà vu ?

Posted on 5 décembre 2011

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Un petit poulpe nommé stauroteuthis syrtensis, est doté d’un manteau et de deux oreilles et peut nager de deux manières, soit en faisant onduler son manteau, soit en utilisant ses oreilles comme des hélices à pas variables. Tout le monde s’en fiche ?

Bon, l’autre jour, j’ai parlé des mangeurs d’ailerons de requins et de cette joyeuse pratique de pèche à la ligne, nommée « finning », qui consiste à couper les ailerons des squales et à rejeter la bestiole ainsi démembrée à la flotte, de telle sorte que toc, elle coule et se noie. Et j’ai dit que cette pratique était interdite en Europe.

Ouais, depuis 2003 qu’elle est interdite, sauf qu’il y a parfois « interdit » et souvent « interdit théorique », et qu’une simple dérogation permet de passer outre le théorique. Bien évidemment, en matière de requins, c’est plutôt l’interdit théorique qui prévaut, de telle sorte que le finning dérogeant continue.

Une nouvelle obligation d’interdire est donc à l’étude à la Commission européenne… en attente de nouvelles dérogations sans doute.

En 1996, 15 espèces de squales étaient considérées comme menacées. En 2011, nous sommes passés à 180 espèces menacées, dont 30 en voie d’extinction.

Bon le stauroteuthis syrtensis, lui, n’a pas grand chose à craindre en principe, il est trop petit pour qu’on lui coupe les oreilles ou qu’on lui pique son manteau. Et comme il s’agit d’un petit poulpe abyssal, il faut un sous-marin pour le pécher, ce qui n’est pas des plus pratique.

Quoi que !

« La mer est en passe de devenir pour les cétacés ce qu’une discothèque est à l’homme. » Peut-on lire dans Sciences et Avenir.

Et alors, me direz-vous ! Evidemment, si vous allez dans une discothèque pour écouter une sonate de Chopin sur un piano à queue, ça ne vous choquera pas. Mais il faudra me donner l’adresse de votre discothèque, je cherche justement une queue de piano (le mien s’étant malencontreusement fait voler la sienne).

En une cinquantaine d’année, l’intensité sonore des fonds marins à augmenté de 20 décibels, peut-on lire encore.

Ben oui ! Et alors !

Et alors justement, imaginez donc un troupeau de bélugas dansant dans une discothèque. M’est avis qu’ils vont faire trembler le plancher bien plus fort qu’un David Guetta. Un concert de heavy métal à côté, ça doit ressembler à un air de pipeau. Quant à notre Johnny national, je parle pour les Suisses, donc… je ne vous dis même pas !

Bon, moi, je ne mets jamais les pieds dans une discothèque. Ce n’est pas que je n’aime pas ça, mais je souffre d’hyperacousie. Et bien le béluga aussi ! Sauf que, si pour l’humain, l’hyperacousie est plutôt gênante en vous refilant des maux de tête. Pour le béluga, elle est plutôt un avantage, lui permettant de repérer un bateau de pèche à une trentaine de kilomètres. Mais si vous lui balancez cinquante bateaux tout autour, il devient comme le bipède hyperacouse dans une discothèque, à se cogner la tête contre les murs.

Oui, je sais, en principe, il n’y a pas de murs dans la mer de Baffin. Alors où c’est qu’il va se cogner la tête le béluga ? Ben sur tout ce qu’il trouve ! Les bateaux justement, les sous-marins, les forages pétroliers ou, en désespoir de cause, il finit par s’échouer sur les côtes.

Et pour le stauroteuthis syrtensis, c’est pareil. Si ses oreilles lui servent parfois d’hélices, lorsque c’est son manteau qui nage, elles lui servent à entendre. Et que croyez-vous qu’il entende ? Le chant d’amour de la stauroteuthise syrtensise ? Non, il n’entend plus que le bruit des sous-marins.

Vous avez déjà entendu le chant d’amour d’un sous-marin perdu au fond des bois ? Et bien je vous l’affirme, c’est sinistre, surtout pour le stauroteuthis syrtensis. Si on lui chantait un air de vuvuzela au fond des mers, ce ne serait pas pire !

Bon ! La mer, c’est dégueulasse, nous chantait Renaud, les poissons pissent dedans. Mais s’il n’y avait que les poissons ! Et lorsqu’ils y pissent, les poissons, ils n’émettent pas de marées noires et de pollution sonore !

Dis Plouchard, tu ne crois pas que tu nous gaves avec tes histoires de poissons ! Qu’il me dit le poulpe.

Oui, je sais ! Mais il paraît qu’il y a une conférence sur le climat en Afrique du Sud, et pendant ce temps, nos chers dirigeants de l’Europe se gavent d’oeufs d’esturgeons en tentant de régler leurs problèmes bancaires… Et pendant ce temps, on apprend qu’il y a une nouvelle fuite radioactive à Fukushima… Et pendant ce temps, on peut lire que nos centrales nucléaires sont si sécurisées que même les militants de Greenpeace y ont droit de visite… Et pendant ce temps…

Ben eueuh ! Ah si ! J’avais oublié, faut que j’aille acheter mes cadeaux de Noël, et une vuvuzela pour consoler mon béluga…

Mais au fait, vous savez ce qu’est une hélice à pas variable ? Ben moi non. Mais en me documentant sur Gogole j’apprends que « le problème de l’hélice à pas variable est un aspect du problème général du changement de vitesse ».

Ah bon ? Vous croyez vraiment !!!

Ben… Si c’est Gogole qui me le dit…

Et pour la révolution ? Qu’est-ce qu’il dit Gogole ?

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Posted in: Merdialisation ?