Une tarte au chou pour la Saint Nicolas… (Bis repetita)

Posted on 6 décembre 2011

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Je ne sais pas pourquoi, mais même petit, je n’ai jamais réussi à croire au Père Noël. Et d’ailleurs, je ne sais pas non plus pourquoi je dis ça. Peut-être parce que le Père Noël a été popularisé par Coca Cola, ou parce qu’aujourd’hui c’est la Saint Nicolas, et que j’ai envie d’une tarte aux fraises… avec des fraises bien rouges et bien dégoulinantes…



Il y a d’ailleurs des fêtes comme ça, où j’ai toujours affectionné les tartes. Tout petit c’était pour la Saint Charles, puis la Saint Georges et la Saint Valéry. Vinrent ensuite la Saint François, puis la Saint Jacques. Aujourd’hui, c’est donc la Saint Nicolas. Et en 2012, je ne sais pas encore, mais ma tarte préférée sera au chou-fleur.



Si vous ne connaissez pas la tarte au chou-fleur, vous ne perdez rien. Ce n’est pas très bon, mais cela a le mérite d’avoir une odeur extrêmement tenace. Et vous n’avez pas intérêt de vous faire entarter avec, sinon, vous êtes bon pour l’odeur du chou pendant au moins trois jours. Elle résiste même au nouveau Momo qui lave plus blanc que blanc, même entre les noeuds du torchon. Et comme la dernière idée originale de notre gouvernement pour faire des économies, c’est d’abandonner l’usage du lave-linge… Je ne vous raconte pas.

Bon, j’ai écrit ce papier l’an dernier, mais comme si peu de choses ont changé depuis (sauf l’éviction d’un incertain présidentiable, merci Sofitel), je me contente de le remettre un peu à jour. Et vous verrez que… Ben oui, presque rien n’a changé !

Bref, bonne fête à nos amis les belges et les lorrains, et à tous ceux qui préfèrent la Saint Nicolas à un Père Noël bourré au coca cola. Et passons à un sujet plus sérieux.

Non, pas la réconciliation-déconciliation des Bettencourt, celle-là, me fatigue. Ni l’élection « officielle » (de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, pardon) de Joseph Kabila au Congo, je n’ai pas envie de disserter sur les coups d’Etat aujourd’hui, surtout lorsqu’ils sont tellement prévisibles que… personne ne les voit venir. (Pour l’honorable monsieur Gbagbo, c’était l’an dernier… et…).

Non, j’ai envie de parler football aujourd’hui encore, et de la petite idée qu’avait eu Eric Cantona l’an dernier, de vider nos comptes pour faire tomber les banques.

Personnellement, je trouvais et trouve encore l’idée excellente. Et je ne dois pas être le seul, puisque même notre ministresse des phinances d’alors s’était crue obligée d’y aller de son petit couplet, pour nous expliquer qu’en gros… c’était stupide. 



Et personnellement encore, lorsque je trouve un truc stupide, soit je m’en moque, soit je n’en parle pas. Il y a bien d’autres sujets sur lesquels poser sa causette. Mais n’étant pas ministre justement, je me dis que lorsqu’un ministre monte au créneau pour parler d’un truc « stupide », c’est soit qu’il passe ses journées à faire du tricot – ce qui est une occupation comme une autre. Soit que ce truc « stupide » le dérange quelque peu. Et comme j’espère qu’un(e) ministre des phinances a d’autres occupations que de confectionner des barboteuses, j’en déduis que… Oui, cette idée « stupide » doit le ou la déranger. 



Et vu le nombre de réactions que nous avions pu lire ou entendre alors de la part de nos chers « officiels » de l’économie capitaliste… Ils furent beaucoup en dérangement, semble-t-il.

D’ailleurs, notre respectable ministre des phinances d’alors a pris du galon depuis, comme quoi la confection de barboteuses mène à tout. Même à la direction du FMI… Souhaitons-lui chaleureusement qu’elle n’en sorte pas comme son prédécesseur.

Bref, tout le monde « avisé » le sait pourtant, aujourd’hui, ce n’est plus la production de biens matériels qui est au coeur de notre économie, ni même la valeur qu’elle va engendrer. C’est uniquement cette production de valeur en elle-même, pour faire simple, on dira la spéculation.

L’économie mondialisante est devenue comme un jeu de Monopoly où vous ne jouez qu’avec des objets virtuels, une rue Pasteur qui n’existe pas, par exemple, pour augmenter votre portefeuille. Sauf qu’aujourd’hui vous n’avez même plus besoin de cette rue Pasteur fictive, puisque vous ne spéculez que sur sa valeur, que vous pouvez d’ailleurs fixer arbitrairement.

En d’autres termes, on peut très bien virer les patrons (ou les possesseurs de la rue Pasteur), sans que cela ne change quoi que ce soit au système. Par contre, si l’on bloque les entreprises, c’est à dire la production, cela met déjà un peu plus de sable dans la mécanique. Mais si en plus, et avant tout, l’on bloque les outils de spéculation, c’est à dire les banques, les bourses (désolé, j’avais écrit les bouses), et autres machines à produire du pognon virtuel, c’est la mécanique elle-même que l’on brise.

La plus simple illustration en est le « sauvetage » des banques auquel on se livre, sur notre dos, aujourd’hui encore (et depuis trois ans). Plus de banques signifie plus de système, nos chers dirigeants l’ont bien compris. C’est pourquoi ils rafistolent à tout va.

Madame Lagarde étant nettement mieux placée que moi pour le savoir, voilà sans doute pourquoi la petite tirade de Cantona l’avait dérangée l’an dernier. Et voilà pourquoi je trouve cette idée excellente.

Evidemment, elle est excellente quant au fond. Mais encore faudrait-il lui donner une forme. Ce n’est pas parce que je vais retirer mes 50 balles d’économies demain, que je vais faire péter le système. Encore faudrait-il que Bill Gates et consorts fassent de même…

Mais l’idée est là, néanmoins. Et ce qui me préoccupe donc, c’est qu’il y a un an, nous étions deux à trois millions à manifester notre raz-le-bol en France. Que cela manifestait et manifeste encore en Grande Bretagne, en Grèce, au Portugal, en Espagne… Mais que… à votre avis… 



Et bien rien, justement !

Enfin si, on vire un gouvernement deci delà pour le remplacer par un autre qui… va faire la même chose que le précédent.



S’il se passe quelque chose demain, je suis prêt à me faire curé. C’est vous dire… 



En allant acheter mes clopes tout à l’heure, je suis tombé sur une conversation de bistrot comme on peut en entendre à longueur de temps. Quelques employés d’une société quelconque se réunissaient pour boire un verre à la sortie de leur boulot. Vu la manière dont ils parlaient de nos Vénérables dirigeants, ils étaient sans doute, comme moi, dans la rue l’an dernier, et seraient sans doute prêts à y redescendre.

Bien évidemment, la conversation s’est assez vite centrée sur leurs conditions de travail, pas très joyeuses semble-t-il. 



Mais dès qu’ils parlaient de « leur » entreprise, c’était comme s’il s’agissait d’un morceau d’eux-même… « Chez moi… On fait…Dans ma boîte.. Nous… »… Un peu comme de leur bagnole en somme… 



Alors demain, 7 décembre… irions-nous vider nos comptes en banque ? 



Quant à moi, je gagerais plutôt que ce n’est pas encore demain que l’église me recrutera… A moins que je me mette à croire… au Père Noël… 



Voici donc à quelques mots près ce que j’écrivais l’an dernier. Evidemment, personne n’est allé vider ses comptes en banque et personne ne le fera demain (pour beaucoup, ils se sont d’ailleurs rétrécis depuis).

Mais cette petite conversation de bistrot me donne à réfléchir.

Et si Lafargue m’a expliqué cette « étrange folie » qui « s’est emparée de la classe ouvrière où règne la civilisation capitaliste », pourquoi justement ne pas faire de cet amour du travail poussé à la folie un véritable moteur de changement.

L’idée n’est pourtant pas neuve, mais lorsque j’entends parler de « ma boîte », « mon entreprise » par un salarié, j’ai vraiment envie de lui dire : puisque c’est « la tienne » prends-la et utilise-la pour toi et les tiens !

Ouais bon ! Mais quel rapport avec les banques ? Et bien justement, un employé de banque ne parle-t-il pas de son employeuse comme s’il s’agissait de « sa » banque !… Qu’il se l’approprie donc, et elle le sera ! Et de même pour chaque ouvrier de cette « civilisation capitaliste » !

En d’autres termes, cela signifie, « nationalisons » les sources de profit !

Et si je guillemise le « nationalisons », c’est que bien évidemment, cela n’est pas dans un petit prêchi-prêcha démondialiste que cela pourra se faire. Mais à l’échelle du monde.

Et pas non plus en édictant des règles d’or, d’argent, de platine, ou autres saupoudrages à deux balles destinés uniquement à colmater les brèches d’un système au trois quarts en ruines.

Ni dans un système où le profit n’est plus basé que sur du virtuel destiné à enrichir le butin de quelques uns, mais dans un monde où il servirait au bénéfice de tous.

Ouais ! On va revenir à la bonne époque de Staline et à l’éclairage à la bougie ! Tu ferais mieux de t’occuper de ta tarte ! Qu’elle me dit ma chatte.

Ah que ! Je ne sais pas ! Mais il serait vraiment temps de repenser le monde autrement ! Et peu importe si j’utopise encore, c’est ma manière de me laver le cerveau…

Dis Tonton, c’est pour quand…

Ouais ! Tu la veux ma tarte ?…

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Posted in: Merdialisation ?