Qui l’eut cru ? Lustucru…

Posted on 15 décembre 2011

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Jacques Chirac condamné dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Et bien oui ! Qui l’eut cru lustucru ! Ceci-dit lorsque l’on voit qu’une bonne partie de nos ministres sont essentiellement préoccupés à préparer les prochaines élections, on peut se demander s’il n’y a pas des emplois fictifs aussi au gouvernement. Mais ça, c’est une tradition. Pas touche donc ! Bref…

« Est-ce que dans une famille politique, on doit dire amen à tout et même au bon dieu quand il arrive et s’installe sur vos plates-bandes? » C’est une petite phrase prononcée par notre brave ex premier ministre, Dominique Galouzeau, et elle ne concerne pas le procès Chirac. Non, elle concerne l’art du parachutage.

Le parachutage, tout le monde connaît. En principe, cela consiste à sauter d’un avion et à tenter, à l’aide d’un morceau de tissu, d’atterrir sans se casser la tête, une jambe, ou le col du genou. Evidemment, il vaut mieux que l’avion soit en l’air, et si possible en vol. Si vous sautez d’un avion cloué au sol, vous risquez de vous briser le nez. Et si l’avion est en l’air, mais pas en vol, c’est probablement parce qu’il se crashe et vous n’aurez pas besoin du bout de tissu pour atterrir, sauf que vous avez toutes les chances d’atterrir mort, ce qui est parfois ennuyeux si vous n’avez pas fini vos courses de Noël.

Bon, il y a un autre type de parachutage. Il consiste, si vous êtes directeur de banque par exemple, à vous faire balancer directeur d’autre chose, si possible après avoir mis la banque en quasi faillite, mais avec un gros sac en tissu doré – le fameux parachute – et si tout plein de petites pièces jaunes que vous avez au moins de quoi vivre quatre ou cinq fois la vie d’un smicard.

Et il y a enfin un dernier mode de parachutage, le parachutage politique. Il consiste, juste avant une élection, à délaisser votre vieille chaise toute abîmée pour un fauteuil voltaire, nettement plus confortable.

Bon, en soi, je l’avoue, je n’en ai rien à secouer que François Fillon soit  parachuté de la Sarthe à Paris, que Rachida Dati soit catapultée de Paris vers la Saône-et-Loire, que Cécile Duflot prenne le RER pour aller du Val-de-Marne à Paris plage, ou que Madame Royal aborde à La Rochelle (où, comme le dit la chanson, il n’y a pas que des pucelles), ou que… etc, etc… Encore que, pour certains, je préfèrerais qu’on les catapulte vers… je ne sais pas, une île volcanique par exemple… Bref, a priori, cela relève de leur tambouille politicienne, et ça les occupe.

 

Non, ce qui m’énerve dans cette histoire, cela n’est pas tant que chacun rêve de se faire une petite place au soleil (le parachute pouvant aussi servir de parasol). C’est le mépris qu’il dénote des citoyens que nous sommes et que nos élus sont censés représenter.

Bien oui quoi ! Ca pue le camembert dans le Val-de-Marne pour que Madame Duflot veuille venir faire le siège de Paris ? Bon, dans la Sarthe ou la Saône-et-Loire, je ne dis pas ! Mais est-ce une raison ? Elles n’ont pas demandé qu’on leur camembérise le lait, les vaches sarthoises !

C’est vrai quoi ! Même si je n’ai pas voté pour lui, ni pour qui que ce soit d’ailleurs, moi, je l’aime bien mon député. Et je n’ai aucune envie qu’on me l’échange avec Madame Duflot sous couvert (c’est le cas de le dire) de tambouille électorale. Tiens, pourquoi pas me l’échanger avec Claude Guéant, pendant qu’on y est. Ah non, lui, il est parachuté dans les Yvelines paraît-il. Ouf ! De toutes façons, ils votent à droite les Yvelinois.

Et ceux qui ont élu Cécile Duflot dans le Val-de-Marne ! On leur a demandé leur avis peut-être ? Et pourquoi qu’ils ont voté pour elle ? Ils ne veulent pas la garder dans le Val-de-Marne ? Et les sarthois, ça leur plaît de se voir échanger leur François Fillon national par… je ne sais même pas qui d’ailleurs ?

Ben non, on s’en fiche de notre avis ! Lorsque vous allez au restau et que vous commandez de la viande, si on vous apporte du poisson, vous râlez non ? Mais là, on nous échange un politicien contre un autre, comme si nous n’étions que les pions de leur petit jeu. Et valse la musique ! Circulez, vous n’avez rien à dire !

Et bien non, je râle !

 

Vous me direz que si on vous échange un député UMPiste contre un autre député UMPiste, ça ne change pas grand chose. Je ne sais pas, je ne vote pas UMPiste. Quoi que ! Si, cela change ! Si l’on me parachutait Claude Guéant candidat, sur que j’irai voter, rien que pour voter contre.

Et que l’on m’échange un député rose contre un parachuté vert, n’en déplaise aux accordéonistes arévistes, cela change beaucoup ! Comme le dit notre cher Galouzeau, pourquoi ne pas m’envoyer le bon dieu dans mes plates-bandes ? Je ne lui ai rien demandé, moi, au bon dieu. Qu’il reste là où il fut élu !

Alors oui, je râle !

 

Bon allez, une bonne nouvelle pour finir. Jacques Chirac ne fréquentera pas le quartier VIP de la prison de Fresnes, il a été condamné à deux ans de prison, mais avec sursis. Il pourra donc se rendre au Japon où vient de s’ouvrir la saison de… la chasse à la baleine.

Dis bon dieu, c’est…

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Posted in: Raz-le-bol