Z’auriez pas vu mon troll ?

Posted on 8 janvier 2012

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Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les médias dits « participatifs » sont entrain (voui, c’est maintenant l’expression consacrée) de changer à vitesse grand V.

Le Nouvel Obs nous ouvre un Plus qui – il me semble du moins – n’offre pas grand chose de plus. Ah si, une sorte de Tv réalité transposée à la presse.

Rue 89 racheté par le pédégé du même Nouvel Obs consacre une bonne partie de ses Unes au sport. Dans les stades les gauchistes, dans les stades ! Non mais !

Médiapart nous annonce un relookage. Ouais bon, soeur Anne que vois-tu venir ?

L’Express nous BETAise un express yourself. Il va falloir se mettre à l’anglais sérieusement.

Quant au HuffPost, HuffPo, ou HuffMachin, destiné à remplacer Le Post, ils doivent nous faire dans le jeu de pistes. Du genre, déclinez le futur antérieur au futur, ou l’inverse ? Bon, il est vrai qu’il ne doit pas être zézé (pas de jeu de mot svp) de mettre Anne Sinclair aux commandes.

Et pour le Figaro, ben je ne sais pas ! Un FigaroPost avec Eric Zemmour rédacteur en chef, qu’ils nous préparent peut-être ? A moins qu’il n’arrive au HuffPost ?

Bref, ayant ouvert pendant pas mal de temps mon petit garage sur Le Post, j’y retourne régulièrement pour tenter de comprendre ce qui va changer avec l’arrivée d’Arianna Huffington, celle (probable) d’Anne Sinclair, et sa transformation en Huffjenesaisquoi.

Et, outre que j’ai la nette impression que l’on y trouve de plus en plus de pages qui encensent une France en bleu marine, et dont (n’ayant pas encore digéré) je ne parlerai pas plus, j’y suis tombé hier sur un article d’une assez exceptionnelle teneur intellectuelle.

Cet article parlant de deux auteurs que j’affectionne, Albert Camus et Michel Onfray, j’y jette un oeil.

Mouais ! J’aurais mieux fait d’aller m’acheter des clopes !

Bon, je n’ai pas l’habitude de commenter ou de critiquer les articles de blogueuses ou blogueurs qui n’expriment que leur opinion, même et surtout si elle n’est pas la mienne. Après tout, nous sommes (encore) en démocratie, et cela m’évite un phénomène extrêmement fastidieux, le trollage. Mais le papier en question étant signé d’un monsieur qui s’affiche « ancien journaliste », j’y vais. Et j’y lis (avec ou sans fleurs) à propos des enfants juifs d’Algérie sous le régime de Vichy :

« Camus n’a jamais donné des cours à Oran à des enfants juifs interdits de scolarité par le régime de Vichy et cela pour une raison bien simple : les juifs n’ont jamais été interdits de scolarité en Algérie, je peux en témoigner puisque j’allais à l’école entre 1941 et 1945 et que mes amis s’appelaient Lellouche, Safrani et Cohen.« 

C’est moi qui souligne, évidemment ! Les juifs n’auraient donc « jamais été interdits de scolarité en Algérie » par le régime de Vichy !

Notre témoin souffre-t-il d’un trou de mémoire ? Ou peut-être ne se souvient-il que des 14% d’enfants juifs autorisés à fréquenter les écoles publiques à partir de la rentrée 1941 ? Ou que des seuls 7% autorisés à les fréquenter à partir d’octobre 1942 ?

Ou peut-être… Tiens, quel est le terme pour parler d’une négation ? Soustraction ? Et en effet, un « numerus clausus » est une sorte de soustraction…

Mon humour faisant quelque peu défaut pour vous retracer le contexte, je me permettrai simplement de citer un assez long extrait d’un article de l’historien Benjamin Stora sur ce sujet :

« Le fait d’être chassé de l’école de la République restera incontestablement le traumatisme le plus vif de cette période (pour les enfants juifs d’Algérie). En 1940, 465 professeurs ou instituteurs (juifs) sont sommés de quitter leur emploi du jour au lendemain. Une nouvelle campagne antijuive contre les étudiants et les écoliers, pour l’instauration d’un numerus clausus, aboutit à la loi du 21 juin 1941, promulguée en Algérie le 23 août. Aux termes de cette loi, les juifs ne sont plus admis dans les facultés ou instituts d’études supérieures que dans une proportion de 3 % de l’effectif des étudiants non juifs inscrits l’année précédente.(…) L’enseignement public, primaire ou secondaire, reste accessible dans les proportions de 14 % des effectifs de chaque école. Une loi du 19 octobre 1942 réduit le numerus clausus à 7%. En fonction de ce texte 19484 élèves sont immédiatement exclus des écoles publiques. La loi interdit aux élèves juifs de l’enseignement privé de se présenter aux concours et examens d’un niveau supérieur au certificat d’études. »

19.484 élèves exclus des écoles parce que juifs…Mais peut-être que Benjamin Stora ne parle que de numerus surclausus ! A moins qu’il n’ait inventé le point Godwin inversé…

A moins que notre « témoin » blogueur et « ancien journaliste » ne… (autocensure).

Bon allez, faut vraiment que j’aille m’acheter des clopes !

Si c’est ce genre de papiers que l’on pourra lire dans le nouveau HuffMachinPost… Au secours, s’il vous plait, rendez-moi mon troll !

La publicité n’étant pas ma tasse de thé (avec ou sans sucre), j’hésite à vous donner le lien vers le papier en question. Bon allez,  Manolito (mon toréro préféré) me dit qu’il faut quand même !

Faut vous dire que Manolito, comme notre « témoin » blogueur et « ancien journaliste », depuis cinquante ans, a toujours la nostalgériefrançaise bien enracinée. Si enracinée qu’elle lui fait parfois dire de vraies… (autocensure).

Va quand même falloir que j’arrête de m’autocensurer, cela va devenir une manie à force !

Dis le clown, c’est pour quand la révolution !

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