La métamorphose de la métaphore

Posted on 6 février 2012

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Ou comment se débarrasser des cafards !

Tout le monde a lu La Métamorphose de Kafka. C’est l’histoire d’un jeune homme qui en a tellement marre de sa vie merdique de soutien de famille et de représentant de commerce, qu’il se réveille un matin métamorphosé en un monstrueux insecte, une sorte de cafard géant.

Seule lui reste sa conscience, mais comme il ne peut communiquer qu’en langage cafard, personne ne le comprend et il révulse tout son monde. Au départ, sa famille pense que cette métamorphose est provisoire, et sa soeur, en dépit de sa répulsion, le soutient en nettoyant sa chambre et lui apportant sa nourriture de cafard.

Mais peu à peu l’insupportable et l’incommunicabilité prennent le pas sur tout le reste. Sa chambre devient le dépotoir et la poubelle de l’appartement et, si on le nourrit néanmoins encore de détritus, il se laisse dépérir. Jusqu’au jour où exaspérée, sa famille décide de s’en débarrasser.

Inutile de se fatiguer, le cafard mourra de lui même dans la nuit, de faim, d’épuisement, et d’incompréhension.

« Venez un peu voir ça, il est crevé ; il est là-bas par terre, tout ce qu’il y a de plus crevé ! » Dira la bonne, en le découvrant au matin. « Allons, venez un peu là. Finissez-en donc avec ces vielles histoires… » Dira un peu plus tard le père.

Et tout est bien qui finira bien !

Pourquoi donc ai-je pensé à la Métamorphose de Kafka ? J’aurais aussi pu penser à Rhinocéros d’Ionesco où certains bipèdes se transforment en bestioles à cornes, comme d’autres se transforment en sinistres nazillons. En fait, c’est que j’ai vu passer un article ce matin, que je ne retrouve plus, mais qui nous parlait de « la métamorphose de Claude Guéant ». Ah bon ! Il se métamorphose le brave Claude ? Il n’a pas toujours été ainsi ? Même tout petit ?

Bon allez, je n’ai pas envie de me fatiguer aujourd’hui, alors un petit extrait de La Métamorphose. Il était plein de « petites pattes sans cesse animées des mouvements les plus divers et de surcroît impossibles à maîtriser. Voulait-il en plier une, elle n’avait rien de plus pressé que de s’étendre ; et s’il parvenait enfin à exécuter avec cette patte ce qu’il voulait, les autres pendant ce temps avaient quartier libre et travaillaient toutes dans une extrême et douloureuse excitation »…

A suivre… Enfin, peut-être…

Dis Tonton, c’est pour quand la révolution !

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