Jusqu’à la nausée…

Posted on 11 février 2012

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Je pique ce titre dans un article de François Bonnet de Médiapart qui titre lui-même, « êtes-vous plutôt Woerth-Gaubert ou Figaro Magazine ? » Non merci, je ne suis ni l’un ni l’autre, je vais bien !

En fait, c’est cette nausée nauséuse dans laquelle la politique nous a fait tomber en quelque temps qui m’interroge. Quoi, que, comment, pourquoi ? Et que vous soyez de gauche comme de droite.

L’ultra gauchiste, ultra radical, que je suis s’interroge. Jamais de ma petite vie de cinquantenaire, je n’ai vu ni eu autant de nausée ni de détestation en politique, et disons-le de haine. Et j’insiste de part et d’autre. S’il y a toujours eu une détestation de clans contre d’autres, elle n’a jamais atteint un tel point culminant.

Lorsque j’étais môme, ma famille Coco « détestait » de Gaulle, qui le lui rendait bien. Mais jamais l’un comme l’autre ne serait allé jusqu’à se cracher au visage. Lorsqu’à la mort du général, Hara-Kiri titrait « Bal tragique à Colombey = un mort », certes cela a valu au journal son interdiction, mais personne de la rédaction n’avait assez de haine pour songer à l’assassiner. Seuls quelques fanatiques de l’OAS y avaient pensé.

Lorsque lycéen, je défilais dans les rues contre le saccage scolaire d’un Debré ou que « je crachais à la gueule » des appels à la peine de mort d’un Poniatowski, certes je détestais le « libéralisme » de Giscard et sa clique. Mais si cette détestation aurait peut-être pu me conduire à les entarter, elle n’était faite ni de haine, ni même de mépris.

En 1981, lors de l’élection de Mitterrand, l’on a pu entendre les cris d’orfraie de la droite, ah que, je m’exile en Suisse ! Mais nul hormis quelques ahuris n’aurait songé à monter sur un char pour prendre d’assaut l’Elysée.

Quand Chirac nous a vomis ses odeurs sur les paliers musulmans, certes, cela m’a donné envie de gerber… mais … Et même si lorsque Le Pen nous a dégueulé que les chambres à gaz n’étaient que détail de l’histoire, je lui aurais volontiers balancé trois paires de claques et un coup de pied dans les bidules, c’eut été sans cette haine et cette détestation profonde que l’on ressent aujourd’hui.

Oyez, oyez chers amis, toutes ces petites phases nauséabondes desquelles se jouent nos politiciens aujourd’hui, de droite à gauche, de gauche à droite, et même de droite à droite ou de gauche à gauche. Que je ne les écoute même plus tant cela me fait gerber, et qu’elle puent la misère intellectuelle et la haine !

Que s’est-il donc passé ? Ou suis-je totalement ahuri pour ne m’être aperçu de rien et penser qu’il n’en a pas toujours été ainsi.

Evidemment, l’histoire a toujours été peuplée de Caligula, de Gengis Khan, d’Hitler, et même de Margaret Thatcher ! Evidemment, si vous supprimez les guerres et les massacres de l’histoire humaine, il n’en restera plus grand chose ! Mais…

Quoi ? Aurais-je connu une petite période d’accalmie jusqu’à … quand justement ?

Non, si je fais le compte, proportionnellement, il y a eu autant de guerres, de massacres, de génocides, en ma petite vie que dans tout le flot de l’histoire.

Aurais-je été simplement sourd au vacarme politique jusqu’à … quand ? Que mon réveil sonne ? Et moi qui pensais y avoir toujours été attentif !

Non ! Il s’est bel et bien passé quelque chose. Nous sommes entrés dans l’ère du mépris, de l’arrogance, de la fatuité, de la détestation des autres… Mais depuis quand, telle est la petite question que je me pose.

Certes, en bon antisakozyste primaire, quinquagénaire et multirécidiviste que je suis, je dirais que l’entrée en Sarkozie (et elle ne date pas de 2007, mais au moins du karsher) en est la plus pitre incarnation. Mépris, arrogance, fatuité, détestation de l’autre… sont les principales armes et arguments de nos ministres aujourd’hui.

Mais n’en serait-elle pas simplement un révélateur, puisqu’on les retrouve aussi bien des deux côtés ?

Oyez, oyez, amis, l’heure est grave, il est temps que le réveil sonne, et que le tambour tonne enfin !

Ah que ! Je n’aime pas le tambour ! Je vais de suite me recoucher ! Qu’elle répond ma chatte.

A suivre… peut-être…

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Posted in: Raz-le-bol