Jusqu’à la nausée… (suite)

Posted on 13 février 2012

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Ma chatte m’a réveillé en faisant la gueule ce matin !

Ah que t’es chiant Plouchard, avec tes histoires de nausée, de haine et de détestation ! Que j’y ai pensé toute la nuit et que tu m’as filé le mal au crâne !

Moi aussi, figure-toi !

Alors ça, c’est pas vrai ! tu ronflais comme une baleine bleue qu’a perdu la boussole !

Parce que tu sais comment ça ronfle une baleine bleue, toi ?

Ben oui, j’ai lu ça l’autre jour. Et même que moi aussi, je ronfle parfois, mais pas cette nuit, tu m’as fichu les idées noires.

Excuse-moi, mais il fallait qu’elle sorte ma nausée, parce qu’il y en a vraiment marre de cette polichinellerie politicienne, et que de tout bord, ils nous prennent pour des pantins.

Bon, samedi, je me suis arrêté sur une question que j’ai un peu et volontairement, laissé sans réponse. Depuis quand dure-t-elle, cette politique du mépris, de l’arrogance, de la fatuité, de la détestation de l’autre, pitrement incarnée par notre actuel gouvernement, et qui nous pousse, de quel camp que l’on soit, à la haine et à la détestation aussi ?

De l’avènement du Sarkozysme qui, certes, en a fait son fond de commerce ? Ou celui-ci n’en serait-il qu’un révélateur, et n’aurai-elle pas commencé insidieusement bien plus tôt ?

Ce qui a changé avec l’intronisation de notre Vénéré, c’est que si auparavant, il y a eu dans presque chaque gouvernement un ministre spécialement mis en avant pour jouer les va-t-en guerre, les têtes à claques que si tu n’es pas d’accord, je t’en colle un dans les bidules – l’exemple le plus marquant en ayant été Charles Pasqua, mais j’ai parlé de Poniatowski, et l’on pourrait aussi mentionner Pierre Joxe. Il n’y en avait généralement qu’un seul par gouvernement, et c’était précisément sa fonction d’attiser la détestation pour servir de défouloir aux opposants… Ne se déchaînant que contre un seul, la colère n’allait pas bien loin.

Mais notre Vénérable a d’emblée adopté une toute autre stratégie. Faire de ses principaux ministres des amiraux de sa marine guerrière et les lancer dans la bataille. Lui-même, auto proclamé amiral en chef, ne se privant pas, au contraire, de manier l’épée.

Plutôt que de pratiquer une politique d’apaisement (avec le nécessaire bouc émissaire), qui aurait peut-être pu faire passer son saccage social et son bradage de l’économie au MEDEF en nous servant du cui cui les petits oiseaux. Il a lancé ses troupes dans une stratégie d’affrontement et de guerre.

Stratégie stupide, puisqu’après tout, nous sommes toujours prêts à croire au paradis, si on nous le sert avec des pâquerettes. Mais dès lors qu’on nous le vend à coups d’épées… Bling ! Bien oui, c’est la guerre !

Bref, au lieu de se payer les services d’un unique Pasqua et de faire passer ses salades par derrière. Il nous a fabriqué un gouvernement de Pasquas. Et si vous imaginez une dizaine de Pasquas sur votre balcon, il y a bien de quoi vous rendre enragé !

Ah ouais ! Vont bouffer mes pigeons ! Les salopiaux !

Et ceci, d’autant plus que ses clones et clonettes de Pasqua n’étaient pas chargés que de petites réformettes, non, je le redis saccage social et bradage de l’économie au MEDEF, enrobé d’un « casse toi pôv con », t’as pas la gueule de la maison !

Ouais ! Tu as oublié la fanfare !

Non ! La fanfare justement ! Sur votre balcon, vous imaginez un Pasqua avec la trompette, un autre avec le tambour, une avec les cymbales…

Bref au lieu de les envoyer discrètement au four et au moulin ses clones, il les a mis directement au front, que pas un jour ne s’est passé sans que tu n’entendes cinq ou six Pasquas te hurler qui a la TV, qui à la radio, qui sur la presse. Sans parler du Pasqua en chef, que lui, c’était cinq ou six fois à lui tout seul.

Un Pasqua ça va, c’est quand il y en a plusieurs que… Tu connais la chanson !

En effet ! Et c’est bien cette politique d’affrontement mise systématiquement en avant, qui aura été la pire des stupidités de ce quinquennat.

Pas besoin de décodeur pour traduire le langage sarkozyen. Il se traduit tout simplement par, si tu n’es pas d’accord avec moi, tu n’es qu’un crétin !

Si vous ajoutez à cela que ce quinquennat s’est aussi fondé sur le diviser pour mieux régner… Pas besoin de décodeur non plus pour comprendre comment il a conduit à ce climat de détestation, voire de haine, et même de nausée.

Dis Plouchard, tu me files encore mal au crâne, t’aurais pas oublié ta question du départ ?

Non, j’y viens justement. Que ce quinquennat Sarkozyste ait été la plus pitre incarnation de cette politique du mépris, de l’arrogance, de la fatuité, et de la détestation de l’autre, certes ! Mais cette pitrerie politique n’aurait-elle pas commencé à s’insinuer plus tôt ?

Si nous sortons un peu de l’hexagone, la « révolution conservatrice » de Margaret Thatcher, mise en place dès 1979 (et souvent prise pour modèle aujourd’hui par nos « conservateurs ») ne fut-elle pas elle aussi basée sur cette politique du mépris, de l’arrogance, de la fatuité, de la détestation de l’autre ?

Pas besoin d’aller beaucoup plus loin. Alors qu’en 1981, l’élection de François Mitterrand nous promettait un avenir fleuri de roses, dès 1983, il n’en restait que les épines.

Etait-ce pour ces épines que les français avaient majoritairement voté Mitterrand ? N’était-ce pas déjà un premier signe de mépris politique que d’infléchir vers la droite une politique d’abord voulue de gauche et pour la gauche ?

On connaît la suite, montée en puissance (ou en épingle) de l’extrême droite, déroute(s) jusqu’à presque extinction du parti communiste, cohabitation, retour de la droite au pouvoir, nouvelle cohabitation… 21 avril 2002, Le Pen au second tour de la présidentielle… Chirac élu avec un score de dictateur africain. Et une petite raffarinade sur « la France d’en bas »…

Mouais ! C’est plus de la politique, c’est de la course à l’échalote !

En effet ! Qui plus est en 2000, nos politiciens ont eu la géniale idée de supprimer le septennat pour faire coïncider en cinq ans les mandats présidentiel et législatifs.

Du coup, quoi qu’ils font en cinq ans ? Passer leurs réformes au forceps tout en courant après la fuite du temps pour se faire réélire !

Et vous croyez qu’ils ont le temps de penser au peuple après ça ! Ben non ! Après ça, ils bouffent !

Mince alors, tu vas me refiler la nausée !

Alors certes, si la Sarkozye est bien la plus pitre incarnation de la (guéantisation, pardon) néantisation politique, celle-ci ne date toutefois pas d’hier. Au final, notre Vénéré et ses Vénérables, en l’utilisant comme arme de guerre, n’auront rien fait d’autre que de la porter à son point culminant.

Bon allez, je vous livre ma petite phrase du jour, elle était à lire dans le Figaro samedi, « voyez le long manteau d’églises et de cathédrales qui recouvre notre pays… »

Non, elle n’est ni de Saint Benoît XVI, ni du Maréchal nous voilà. Je vous laisse deviner de qui !

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Posted in: Raz-le-bol