Il se passe… des choses…

Posted on 23 mars 2012

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Non David, il ne se passe rien pour le moment. Bien évidemment, nous vous tiendrons informé dès qu’il se passera quelque chose ! (Extrait du JT de France2 hier).

Mouais ! Et bien si, il se passe enfin quelque chose ! Non rassurez-vous notre Vénérable ne nous a pas encore refait le coup du malaise vagal pour remonter dans les sondages. Mais la Une de Libé qui était, hier, totalement occupée par le fait-divers-overdose toulousain, est aujourd’hui occupée par un coup d’état au Mali.

Ah que, quand même, il se passe des choses dans ce monde ! M’enfin ! Il serait temps de s’en occuper, non ? Qu’elle me dit, ma chatte.

Bien oui, enfin ! Sauf que je ne connais rien au Mali, et que je n’en parlerais donc pas. T’as qu’à lire Libération, et tu me résumes. Que je lui réponds.

Non, en fait, toujours dans Libé, je suis tombé sur une interview d’un monsieur qui nous explique que la bible de notre Vénérable, c’est Schopenhauer.

Moi, de Schopenhauer, je n’ai lu que Le Monde comme volonté et puissance. Et je dois l’admettre, sauf le titre, je n’y ai pas compris grand’chose. Ceci-dit, rien que le titre, ça peut faire bible pour certains !

Ben non, c’est pas ça, le monsieur, très sérieux, prof à la Sorbonne et directeur de plein de trucs, dont le Ceisme (à ne pas confondre avec celui de Fukushima, non, c’est le Centre d’études sur les images et les sons médiatiques), nous explique que Schopenhauer a publié en 1864 un bouquin au titre aussi évocateur qu’une bible. L’art d’avoir toujours raison, qu’il s’appelle. Et qui nous apprend  en quelques préceptes comment que, pour avoir raison, tu coupes systématiquement la chique à ton interlocuteur, même et surtout lorsque tu n’as rien à dire.

Ah ouais ! C’est bien utile pour un politicien !

Oui ! Mais arrête de me couper, que je perds le fil moi aussi ! Et que tu vas me mettre en colère, que c’est pas bon pour mon image !

C’est Schopenhauer qui dit ça ?

Oui, c’est lui !

Et c’est pas ce qu’il fait ton Vénéré ?

Ben si ! Mais si tu me coupes encore, je m’énerve, que je vais perdre deux points dans les sondages. Et que d’ailleurs, je ne sais plus ce que je voulais dire. Et que je vais en perdre deux de plus.

Ah si je sais ! Le dentier de Schopenhauer.

Aucun rapport ! Veuillez préciser, s’il vous plaît !

Dis, tu veux que je t’en colle une au dentier ? Et que je perds encore deux points !


Bon, l’article sur l’art d’avoir raison, il m’a rappelé un texte de Maupassant sur la mort de Schopenhauer.

Je résume en gros, il est déjà mort, Schopenhauer, mais pas enterré. Et il faut que deux mecs soient là pour veiller à ce que personne ne vienne piquer son corps, dès fois que ça se revende.  Bien oui, va savoir pourquoi, même mort, il sourit le philosophe.

Mais il pue, le Schopenhauer, les deux mecs vont donc le veiller dans la pièce à côté, où que ça pue quand même, mais un peu moins. Et ils causent philosophie tout en veillant sur le sourire du mort, lorsque tout à coup, pfuit ! Ils voient un truc blanc qui s’éjecte du cadavre !

Stupéfaction ! Dis, t’as vu ? Oui, j’ai vu ! Tu crois que c’est son âme, son fantôme ? Ben non, il n’y croyait pas ! Moi non plus !

Ils retournent dans la pièce où repose le gisant souriant, et là, nouvelle stupéfaction, il ne sourit plus le Schopenhauer. Il fait la gueule.

En bon agnostiques, nos deux mecs inspectent donc la pièce à la recherche du mystère blanc envolé du corps. Et ils découvrent… son dentier au Schopenhauer.

Bien oui ! Comme le dit si joliment Maupassant, le travail de décomposition, en desserrant les mâchoires, avait éjecté le dentier du philosophe.

Comme quoi…

Ben oui ! Quoi !

Euheuh ! Rien ! C’était une petite métaphore ! Ah si, en fait, c’était juste le dentier qui le faisait sourire.

Bon, l’était pas sympa avec Schopenhauer, Maupassant, il l’appelait « le plus grand saccageur de rêves qui ait passé sur la terre »…

Ouais, j’en connais d’autres…

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