De l’origine des vaches, et…

Posted on 5 avril 2012

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Mince alors, savez-vous combien il y a de vaches dans le monde ? Moi, non ! Mais à l’origine de tous ces bovidés, il y aurait eu seulement 80 aurochs sauvages accouplés il y a 10.500 ans au Proche Orient. Et l’on s’étonne que les vaches soient folles aujourd’hui ! Totalement consanguines qu’elles sont !

Ouais, et à l’origine du bipède, il y a combien de spermatozoïdes ? Pardon, je voulais dire de cerveaux !

Ben, j’en sais rien. Mais on s’en fiche du bipède. Dès que l’on parle de bipède, on parle poulitique, ou alors il faut remonter à Néandertal ou à Cromignon, et encore. Et j’ai dit pas de poulitique !

Bon, les vaches !

Mort aux vaches ! Z’aime pas les vaches ! Qu’elle me dit ma chatte ! Sont grosses, moches, et qu’elles chient partout dans l’herbe, et que comment ze fais pour marcher dans les prés sans me dégueulasser ?

Oui, tu as raison, « Mort aux vaches et vive… ! » Mais ce n’est pas le sujet, corne d’auroch !

Bon l’auroch, c’est l’ancêtre sauvage de la vache, comme Cromignon pour l’humanoïde actuel. Et bien, des scientifiques ont  trouvé 22.000 gènes dans des fossiles d’aurochs en Iran. Ils les ont séquencés, ont réussi à reconstituer le puzzle, et hop, miracle de la science ! L’on sait ainsi qu’à l’origine, il aura suffit de l’accouplement de 80 bestiaux environs, pour constituer tout le cheptel bovin mondial actuel.

Ouais ! C’est bien ce que je disais, mort aux vaches…

Si tu veux ! Mais en fait cette histoire de vache m’a fait penser à un conte d’Octave Mirbeau, La vache tachetée.

C’est l’histoire d’un pauvre mec, Jacques Errant qu’il s’appelle, un peu simplet, mais vraiment pauvre, qui se retrouve en prison sans savoir pourquoi. Il a beau fouiller sa mémoire, il n’a jamais rien fait de mal. Le pire qu’il ait pu faire, fut de sauver un enfant qui se noyait dans la rivière, ou de donner sa pitance à un pauvre, alors que lui-même avait faim.

Il finit donc par demander à son geôlier ce qu’il a bien pu faire pour se retrouver ainsi encagé. Le gardien lui répond que les prisons regorgent de monde, en ce moment, que les juges ne savent plus où donner de la tête, et que l’on en arrive même à oublier certains prévenus en cabane.

Que se passe-t-il donc ? demande-t-il. Est-ce qu’il y a une révolution ?

Non, c’est bien pire, lui répond le geôlier. « Il y a des tas d’effrontés et dangereux coquins qui s’en vont proclamant des vérités par les chemins !… On a beau les juger tout de suite, ceux-là, et, tout de suite, les condamner il en vient toujours ! Et l’on ne sait pas d’où ils sortent ! »

Mais il existe aussi un autre crime hautement répréhensible en ce joli pays, celui de posséder une vache tachetée.

Le pauvre niais se rassure, il n’a jamais proclamé de vérité et jamais eu de vache tachetée.

Il passera néanmoins en jugement et sera condamné pour… avoir possédé une vache tachetée. Bien évidemment !

Et la morale de cette histoire ?

Ben, c’est celle que lui donne Octave Mirbeau,

« Ma tête est toute meurtrie ! dit Jacques Errant accablé. Comment se fait-il que moi, qui ne possède quoi que ce soit dans le monde, je possède une vache tachetée sans le savoir…

On ne sait jamais rien ! déclara le gardien, en bourrant sa dernière pipe de la nuit… Vous ne savez pas pourquoi vous avez une vache tachetée… Moi, je ne sais pas pourquoi je suis geôlier, la foule ne sait pas pourquoi elle crie : A mort ! et la terre pourquoi elle tourne !…

Et il se mit à fumer, silencieusement, sa pipe… »

Ouais, bon  Mais quel rapport avec l’origine des vaches ?

Aucun, c’est juste ton « mort aux vaches » qui m’a rappelé ce texte.

Bon, la prochaine fois, je vous explique la languette de la vache qui rit…

Dis Tonton, quoi qu’elles ont les vaches pour devenir folles !

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