La bombinette et l’oeuf de pâques.

Posted on 7 avril 2012

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Le 7 avril, c’est paraît-il le jour où le petit Jésus fut crucifié. Pas étonnant, c’est aussi le jour officiel de la cigüe, celle que l’on fit boire à Socrate pour lui faire rendre l’âme, mais on ne sait pas à quelle date.

Bon, pour ceux qui, comme moi, ne le savaient pas c’est aussi un 7 avril 1795 que la France adoptait le mètre comme mesure de longueur officielle, que la monnaie, anciennement nommée Livre, devenait le Franc, et que fut mis au point le thermomètre à degrés Celsius, par le père Celsius lui-même.

Ouais, il s’est passé plein de choses les 7 avril. Tiens, en 1921, Charles de Gaulle épousait Yvonne. En 1933, les ricains mirent fin à la prohibition. Et en 1966, les ricains, encore, retrouvaient à 840 mètres de fond, au large de l’Espagne, une bombe H qu’ils avaient malencontreusement perdue 80 jours plus tôt. Allez savoir comment ils l’ont paumée, leur bombinette ? Ca vous arrive de perdre une bombe atomique, à vous ? Moi, non ! Je les range méticuleusement au fond de mon placard.

Bon, ça, ce n’est pas l’ordre du rangement dans mon placard, c’est ce qui se passe lorsqu’une bombe H pète. Joli, non ? Vous remarquerez que c’est très compliqué au début, puis cela se simplifie, et que cela redevient très complexe.

Bien, entre temps, j’ai trouvé comment ils l’ont paumée leur bombe, les ricains. Le 17 janvier 1966, du côté d’Alméria, en Espagne donc, un Boeing B-52 de l’US Air Force contenant quatre bombes H, s’est collisionné avec un autre aéroplane, et boum, le Boeing. Sauf qu’avant le boum, on ne sait trop comment, il a perdu ses bombes, l’une est tombée sur terre relativement intacte, facile donc à retrouver, l’autre en mer, celle qu’il a fallu 80 jours pour la retrouver. Les deux autres ont pété en s’écrasant au sol, créant des cratères de 1,8 à 3 mètres de profondeur.

Mais évidemment, ce jour là, il ne s’était strictement rien passé. 

Dites, Messieurs les militaires, vous n’auriez pas perdu une bombe ?

Euheuh ! Une bombe ? Quelle bombe ? Non on n’a rien perdu ! Black out complet, comme on dit en ricain.

Sauf que les bombinettes tombées sur terre sont arrivées près du village de Palomarès et que les villageois les ont vues. Et que pour retrouver celle perdue en mer, il a fallu faire intervenir 33 navires, ce qui n’est pas extrêmement discret. Les journalistes étant déjà à l’époque de vilains curieux, ils ont vite compris que… Ce qui a donné lieu à quelques propos surréalistes du porte parole de la défense, répondant aux journalistes que,

« Je ne connais aucune bombe manquante, mais nous n’avons pas positivement identifié ce que je pense que vous croyez que nous sommes en train de rechercher ». Yes Sir ! Obviously, je vous ai compris !

Sauf encore qu’en s’écrasant, les bombes ont dispersé environ 4,5 kilos de plutonium, contaminé environ 250 hectares (c’étaient de petites bombinettes), et qu’il a fallu mobiliser 1700 militaires américains et espagnols pendant trois mois, pour vaguement nettoyer la zone. Pas vraiment discret non plus, même en Espagne franquiste.

Cela se passait en 1966, vingt ans après Hiroshima et Nagasaki, et l’on se fichait un peu des dégâts que peuvent causer une bombe atomique à long terme, seuls 6% des habitants de Palomarès furent examinés donc pour une éventuelle contamination, et leurs dossiers médicaux furent tenus secrets pour… éviter des inquiétudes excessives !

Ouais, si vous passez par Palomares, cela mérite le détour.


Dites, une bombe, vous ne trouvez pas que cela ressemble à un oeuf de pâques ?

Mouais ! Plutôt à une poupée russe ! Qu’elle me dit ma chatte.

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Posted in: Merdialisation ?