Le capitalisme version bisounours

Posted on 20 avril 2012

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Les 100 américains les plus riches, qui gagnent plus de 110 millions de dollars par an, payent proportionnellement moins d’impôts que le couple Obama qui gagne un peu plus de 760.000 dollars annuels, et qui, lui même, paye proportionnellement moins d’impôts que la secrétaire du président ricain qui, elle, n’en gagne que 95.000…

 Et après ça, vous pensez que je vais croire à un capitalisme version bisounours !

 Ouais ! Ben, il faudrait me payer très cher alors !

 Poser son bulletin dans l’urne, aujourd’hui, autant se balancer un coup de pied dans les burnes. Qu’elle me dit ma chatte, et elle a bien raison. Bon aujourd’hui t’as le droit de parler poulitique, que sinon tu vas être frustré pendant six mois.

 

J’y vais donc, et…

Dernier sursaut de ma petite conscience républicaine et, mon antisakozysme atavique aidant, je viens quand même de relire le programme du Front de gauche me disant que… peut-être… un effort… sait-on jamais… et que sais-je encore… Et que ma chatte m’a regardé d’un drôle de regard, se demandant si je n’allais pas me faire curé de la République.

Et bien non ! Je reste fidèle à mes résolutions (à défaut de révolution), à mes convictions, et n’irai pas voter.

 

Comme celui de tous les autres candidats, le programme du Front de Gauche nous parle en premier de « sortir de la crise », de « trouver une issue à la crise… »  Ah bon ! C’est quoi la crise ? Comment encore parler de « crise » alors que tous les profiteurs de ce monde n’ont jamais gagné autant de pognon qu’aujourd’hui ! Personnellement je n’appelle pas cela une crise, mais une situation voulue et provoquée par et pour une logique de profits.

Lorsque je lis ensuite, dans la bonne tradition communiste stalinienne que « la richesse d’un pays réside dans le travail humain… » ou que « nous voulons que les classes populaires retrouvent leur place… », outre que j’y oppose irrémédiablement mon droit à la paresse, mon marxisme et son rêve d’un monde sans classes sociales se hérisse comme les poils du hérisson.

Lorsque je cherche la moitié du quart d’une proposition pour créer un monde sans patronat, sans propriété privée et autogéré, je ne trouve que quelques bricoles pour « favoriser la création de société coopératives d’intérêt collectif ». Quant à la propriété, au contraire, je lis que « nous encouragerons la diversité des formes de propriété… ». Or, tant que le système sera basé sur la propriété privée, ce sera le règne du chacun pour soi. Et démerde toi… m’en fiche, du moment que je suis propre sur moi.

 

Quant à mon vieux rêve utopique d’abolir la dictature financière, il se trouve face  un piètre « résister à la finance » ou à un minable projet pour « enrayer la montée des inégalités de richesse dans notre pays »,  et donner « de nouveaux droits aux salariés… » Entre l’utopie et la vague chimère idéalisante, je préfère l’utopie, même lorsqu’elle semble irréaliste.

Et je suis effaré d’apprendre que « la deuxième caractéristique du capitalisme de notre époque est la généralisation de la précarité ». Naïf que j’étais, moi qui pensais que c’était la caractéristique essentielle du capitalisme, et peu importait l’époque.

Naïf que j’étais, en effet ! Contre qui pourrions-nous gueuler si nous prenions notre destin en main et supprimions les patrons et le dictat du profit immédiat et à tout prix !

Naïf que j’étais, si je pensais trouver en ce programme le demi quart du tiers d’un programme communiste. Il ne s’agit surtout pas de supprimer le système capitaliste, mais simplement de créer un capitalisme social…

Ouais, un capitalisme version bisounours ! C’est bien ce que je disais, tu vas encore te le prendre dans les burnes !

Comme tu dis. Et d’ailleurs, j’ai même entendu parler d’une « révolution citoyenne »…

Ben zalors, c’est demain la révolution ?

Oui, mais une révolution sans l’ombre d’une résolution, c’est comme si tu ôtais le pchitt du cocacoala.

M’en fiche zaime pas le cacacola, m’en sers que pour nettoyer mes meubles.

Nettoyer les meubles, en effet. Tiens, je lis encore que « nous lutterons contre l’aliénation consumériste en limitant la publicité dans l’espace public… » Ouais, mais pourquoi uniquement dans l’espace public, pourquoi pas dans l’espace tout court ? Et comment faire, si nous ne changeons pas radicalement les modes de production et de consommation basés uniquement sur le profit immédiat ?

Bon, il parait que « le mode de production actuel ne vise pas la satisfaction des besoins humains ». Qu’il « donne la priorité au profit à court terme, laisse de côté des besoins sociaux immenses parce que ceux-ci sont non rentables tout en encourageant les productions inutiles au bénéfice de la surconsommation des plus riches. »

Ouais, c’est bien beau tout ça. Mais même et surtout les pauvres sont incités à surconsommer de l’inutile. Lorsque vous achetez votre frigo à crédit sachant qu’il tombera en panne dès la fin de sa garantie, alors que votre crédit sévira encore, cela s’appelle comment ? Une consommation raisonnée, peut-être ?

Ouais, c’est joli tout cela, on va mettre « en place d’un nouvel indicateur de progrès humain (IPH) après débat populaire et vote du Parlement. » Et qu’est-ce qu’il va nous dire le débat populaire ? Qu’il nous faut à tous des télés à écran plasma ? Ou un peu de bonheur populaire ? Ou que le bonheur est dans la télé, autant que dans le pré.

« Démocratie participative » que cela va s’appeler.

Ben quoi, c’est pas zoli « démocratie participative » et « révolution citoyenne », ça ne te plait pas ?

Si, ça me plait et j’aimerais bien y croire. Mais… Allez savoir pourquoi je n’y crois pas ! Comme disait l’autre,

Les 100 américains les plus riches, qui gagnent plus de 110 millions de dollars par an, payent proportionnellement moins d’impôts que le couple Obama qui gagne un peu plus de 760.000 dollars annuels, et qui, lui même, paye proportionnellement moins d’impôts que la secrétaire du président ricain qui, elle, n’en gagne que 95.000…

Et après ça, vous pensez que je vais croire à un capitalisme version bisounours !

Bon, il y a au moins un truc positif dans le programme du Front de Gauche,

« Le président de la république renoncera définitivement à son titre de chanoine de Saint-Jean-de-Latran. »

 

Mais quant au reste… Tiens, sur la sortie du nucléaire par exemple, aucune prise de position, mais un débat public national immédiat sur la politique énergétique…

 

Et je ne parle même pas de culture, que je n’ai même pas compris ce qu’ils appellent « la » culture…

Dis Tonton….

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Posted in: Raz-le-bol