Le petit faf de derrière le vent

Posted on 5 mai 2012

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Oui, je sais, pour beaucoup, mon titre ne voudra rien dire. C’est quoi qu’un « faf » ? La fédération d’Argentine de foot, celle des aveugles de France, celle des anarchistes français, le Front Algérie française… ? 

Le dernier, peut-être. En fait, un « faf », quand j’étais môme cela désignait un facho, un fasciste… Le genre de personnage totalement exécrabe (y’a un jeu de mot) et exécré par mes amis gauchistes. Exécration réciproque d’ailleurs, puisque lorsqu’ils ne se contentaient pas d’aligner les trois lettres de leur alphabet dans Minutes ou Valeurs Actuelles, ces personnages venaient agrémenter nos manifestations à coups de poings américains.

Bref, le genre de personnages que l’on nomme bien poliment aujourd’hui « extrémistes de droite », et que si vous les dénommez fascistes, ils vous collent devant les tribunaux.

Je reprends donc cette expression, que personne ne peut rien me dire, parce que chacun peut y mettre ce qu’il veut. Tiens fédération algérienne de foot, ou même l’albanaise des fanfares, ou l’albertvilloise des fantassins.

Merde alors, tu vas encore nous faire poulitique, aujourd’hui ! Qu’elle me dit ma chatte.

Non, t’inquiète, je vais juste faire dans la philousouphie basique.

Bref, j’entends hurler un peu partout au retour de la peste brune, que notre Vénérable et sa cour seraient en train de s’extrémiser, pire que la marine nationale qu’ils deviendraient !


Et bien non ! C’est faux ! Ils sont simplement en train de montrer leur vrai visage. 

Celui qu’ils ont tenté de cacher derrière un masque de grimaces. Celui qui, peut-être, fit tant gigoter notre Vénérable à chaque fois qu’il dût proférer un mensonge, qu’aujourd’hui il gigote même en disant la vérité. Bref, le vrai visage de petits fafs (fédération des ampoules finissantes) qu’ils ont toujours eu.

Est-ce un hasard si l’un des très proches (on ne doit pas dire conseiller) de notre Vénéré fut rédacteur en chef de Menotes, Valeurs Fractuelles (pas de noms, c’est interdit) et autres brûlots de la gribouillerie (facho, pardon) d’extrême droite ?

Est-ce un hasard si les thèses de la droite im-populaire furent systématiquement mises en avant pendant cinq ans, pour être rejetées du bout des lèvres, avant d’être reprises et le plus souvent amplifiées par notre Vénérable, quelque temps plus tard ?

Est-ce un hasard si les thèses les plus extrémistes de cette droite im-populaire se trouvent aujourd’hui dans la bouche de notre Vénéré candidat ?

Est-ce un hasard encore si un certain ministre, chargé notamment des anciens combattants et des hommes en kaki, lap-suce le front national aujourd’hui ?

Est-ce un hasard si ce brave ministre, chargé d’envoyer des bipèdes guerroyer en Libye ou en Afghanistan, fut, en sa jeunesse, l’un des dirigeants du groupe (facho, pardon) d’extrême droite Occident ? Si ce brave jeune homme fut condamné en 1967 (avec notamment deux autres personnages qui deviendront eux aussi ministres) pour complicité de « violences et voies de fait avec armes et préméditation » ? Si ce gentil garçon, après la dissolution d’Occident en octobre 1968, s’affidera à un autre groupe (facho, pardon) d’extrême droite, le Groupe d’Union Défense (GUD), puis à un autre encore, Ordre Nouveau ? 

Et si, lors de la création d’un certain Front national en 1972, il en rédigera le premier programme économique ?

Hasard, hasard… Vous avez dit hasard ! Le lap-sucage fait bien des hasards parfois !

Est-ce un hasard enfin si, parmi les proches qui ont jalonné la carrière de notre Vénéré président et candide candidat, l’on trouve beaucoup de ces personnages (qui ont souvent été ministres par la suite) ayant fourbi leurs armes politiques dans ces groupuscules (fachos, pardon) d’extrême droite ? Je ne citerai pas de noms, mais vous les trouverez rapidement, ne serait-ce qu’en allant sur la fiche Wikichose de notre actuel ministre du lap-sucage.

Je vous donne quelques hasards encore, ou, comme moi, vous avez déjà envie de gerber ?


Bon allez, tant qu’on y est, enfonçons un peu plus le clou !

En juin 2005, lors d’une joyeuse visite à La Courneuve, un brave ministre de l’intérieur, parlait de la nettoyer au karcher. En septembre 2005, le même ministre incitait les préfets à la fermeté contre tous ceux qui mettent en cause la sécurité des français, « en premier lieu les gens du voyage, les jeunes des banlieues, les immigrés illégaux ». Moins d’un mois plus tard, alors que la révolte grondait dans les banlieues, le même encore utilisait le mot « racaille ».

Et toujours en septembre 2005, ce même ministre de l’intérieur disait aux préfets : « La lutte contre l’immigration irrégulière doit constituer le deuxième axe majeur de votre action. » Ou, « plus encore qu’une obligation de moyens, c’est une obligation de résultats qui vous est fixée. » Et même : « il vous faut aussi ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de manœuvre autorisées par la loi. Elles sont réelles. »

C’est évidemment moi qui souligne. Mais c’est quoi une obligation de résultats avec une marge de manoeuvre réelle ? Et qui était alors ministre de l’intérieur ?

Tout simplement celui qui en 2007 s’est posé un masque à grimaces pour se faire élire président. Mais qui, le masque une fois tombé, est toujours le même.


Ben alors, pourquoi que t’as titré « le petit faf de derrière le vent » ? Qu’elle demande ma chatte.

Une idée comme ça. J’ai hésité avec « le petit faf de derrière les bois ». Mais ça me faisait trop penser à l’histoire du petit chaperon rouge et du méchant loup déguisé en grand-mère.

Oui, même que le loup il meurt à la fin !

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