Comment s’acheter un yack ?

Posted on 22 mai 2012

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Oui, comment s’acheter un yack ? Non, pas un bateau à voiles ou à vapeur, mais une bestiole à 4 pattes qui rumine généralement sur les hauts plateaux de l’Himalaya.

C’est simple, il vous suffit d’obtenir une autorisation spéciale du gouvernement chinois pour vous rendre au Tibet muni d’un lasso. Le Yack étant un animal docile, il se laisse facilement capturer. Par contre, il vit très mal en dessous de 3200 mètres. Donc, soit vous décidez de rester vivre au Tibet, ce qui est assez inconfortable en hiver. Soit il vous faut procéder par croisement, trouver une vache et l’acclimater avec le yack de telle sorte qu’ils vous pondent un petit dzo qui, lui, s’habitue facilement aux altitudes inférieures.

Oui, c’est simple, et ça ne coûte pas cher, juste quelques billets glissés en douce dans la poche d’un fonctionnaire chinois. C’est simple, mais c’est assez long, et cela vous oblige à subir au moins un hiver tibétain pour que le yack et la vache s’accordent et vous pondent leur oeuf.

Pour faire plus court, vous pouvez directement acheter un dzo. Mais il faut faire bien attention à ce qu’il ressemble plus à son papa yack qu’à sa maman vache. Autrement vous ne tromperez personne, sauf les aveugles, ou quelques citadins n’ayant jamais vu de yacks. C’est plus court, mais cela coûte un peu plus cher, les meilleurs dzos étant produits en Mongolie, pays notoirement plus capitaliste que la Chine.

Bon d’accord, mais ça sert à quoi ? Qu’est-ce que je vais en faire de mon dzo ? Objecteront quelques invétérés râleurs.

Et bien justement ! Ca ne sert à rien, et c’est tout l’intérêt du truc… Quoi que, parfois, dans quelques réunions mondaines, si vous sortez votre dzo qui ressemble à s’y méprendre à son père le yack, ça fait son effet… Toutes les femmes succombent à son charme, même les vieilles dames.

Et tiens, le must ! Lorsque vous paraderez dans les rues de Saint Tropez sur le dos de votre simili yack, si vous la croisez, vous pouvez être sûr de faire craquer B.B. Rien à voir avec les ringards qui se pavanent sur leur yacht…

D’ailleurs, pour s’acheter un yacht, c’est bien plus compliqué. Si vous ne vous appelez pas Onasis, il vous faut tout d’abord ajouter une particule à votre petit nom. Ca fait plus d’effet dans le Monde de la finance. Et apprendre la pratique du baise main.

Muni de cette jolie particule, vous vous glissez dans ce joli monde où vous croiserez fatalement une riche héritière. Vous vous arrangez pour nouer bien proprement les cordons de sa bourse, ce qui vous procure quelques deniers au passage. Et si la bourse est conséquente, vous y trouverez peut être quelques écus cachés dans une cheminée suisse qui vous permettront d’acheter un bateau à voile pour aller frimer sur le lac Léman.

Mais ça, c’est un sport de très haut vol, comme l’on dit chez les zaviateurs. Pour la particule, c’est assez facile, on peut même en acheter aux Puces. Mais pour l’art du baise main, c’est nettement plus dur que de croiser un yack et une vache. Et quand à la pratique du nouage de cordon des bourses, il faut avoir été élevé chez les toreros ou les cow-boys…

Bon, moi, je préfère retourner à mon dzo. 


P.S. Mon dzo étant parti en vacances, je vous ai mis une grenouille à la place. mais c’est pas grave, il lui arrive de se prendre pour un boeuf.

Bon si vous disposez d’un million de dollars, vous pouvez aussi vous acheter un squelette de tyrannosarus aux enchères, mais c’est nettement moins sympa qu’un Yack, et vraiment très moche. Personnellement, je ne le mettrais pas dans ma chambre.

Dis le zoo, c’est pour quand la révolution !

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