Ma kalach émoi

Posted on 1 juin 2012

0


En novembre 2009, un papi de 90 ans du nom de Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov recevait la plus haute décoration de l’Etat Russe, l’Etoile de Héros de la Russie, pour l’invention du joli jouet qui porte son nom. Et le président russe de dire que « le nom de « Kalachnikov » figure aujourd’hui parmi les mots russes les plus connus dans le monde », même que cette invention est devenue en quelque sorte un symbole du pays.

Petite histoire donc. Fin 1945, le petit père des peuples, Staline Joseph, a une idée, il lui faut un nouveau fusil, mais avec un design révolutionnaire, ses anciens sont bien trop ringards. 

Il charge donc ses militaires d’organiser un concours interne afin d’élire le plus joli dessin de pétard. Le gagnant étant le sergent Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov, un ancien conducteur de char, à moitié ignare, employé dans un laboratoire de recherche spécialisé dans les armements secrets situé du côté de Moscou. Il faudra deux ans pour que son pétard pète et que les premiers prototypes du joujou sortent des usines soviétiques sous le nom d’Avtomat Kalachnikov, ou en abrégé AK-47, ou encore tout simplement Kalach.

Sacrée bonne idée qu’il a eu le petit père des peuples. Le jouet ne tardera pas à faire fureur. On estime qu’il existe aujourd’hui environ 100 millions de kalachs dans le monde, soit une pour 70 bipèdes (inutile de m’en commander une, personnellement, je n’en ai pas, je préfère jouer avec ma pelle et mon sceau, c’est nettement moins dangereux sur les plages).

Mais comment expliquer une telle prolifération ? C’est simple ! A la mort du Grand Moustachu (gloire à son âme) en 1953, Khrouchtchev arrive au pouvoir. Deux ans plus tard est signé le Pacte de Varsovie, destiné à pérenniser l’influence soviétique sur toute l’Europe de l’Est. Guerre froide aidant, on multiplie les fabriques de kalachs dans toute l’URSS pour en distribuer aux copains (des fois que les amerloks débarquent). Même les chinois fabriquent leur variante du joujou (avec des balles jaunes). Puis on en distribue aux copains un peu plus éloignés, l’Egypte, l’Irak, la Syrie, la Corée du Nord (j’en oublie sans doute).

Bon, moi, je ne connais rien aux armes (les militaires n’ont d’ailleurs pas voulu de moi), mais le matos soviétique, je connais. C’est facile à utiliser, c’est pas cher, et c’est du costaud. Mon premier appareil photo était un Zenit soviet, on pouvait même le foutre à l’eau (ça m’est arrivé), il suffisait de le laisse sécher, et hop, reparti pour un tour. Le matos japonais à côté, ça ne vaut pas tripette en matière de solidité, et c’est bien plus compliqué à utiliser.

Idem pour la kalach, c’est rustique, mais c’est simple et costaud. Paraît même qu’il y a des modèles de 1947 qui fonctionnent encore, et pas sous forme de collector.

Bref, dès 1956, la kalach s’est mise à inonder le monde. Et lorsque le bloc soviétique a commencé à s’écrouler en 1989, il a bien fallu en faire quelque chose de tout ces joujoux. Allez hop, on solde !

Bon, pourquoi que je parle de kalach, moi ? Ah, je sais, l’an dernier on nous bassiné avec les printemps arabes, que c’était la révolution en Tunisie, en Egypte. C’était du tout beau tout neuf, exit les dictateurs. Résultat des courses, élections libres et Tunisie et en Egypte, et allez hop ! Les islamistes au pouvoir.

Bon, rien à voir avec le sergent Kalachnikov, évidemment. Et d’ailleurs, depuis l’invention de son jouet, on a généralisé une nouvelle arme, bien plus efficace et nettement moins couteuse, le kamikaze… Bon, mais ça, à l’origine, c’est japonais…

Publicités