La valse des marteaux penseurs…

Posted on 4 juin 2012

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Comment vivre avec une valse de marteaux piqueurs qui vous ordonnent comment penser dès 8 heures du matin ?… Bref…

Il faut bien le dire, j’ai hésité à choisir un titre et même à écrire un billet aujourd’hui, tant la lecture de la presse du matin m’a laissé dans une totale absence de pensée.

Premier titre lu dans l’Obs, « Duflot promet une loi pour limiter la hausse des loyers », et je ne lis même pas l’article parce que le chapeau nous signale que ce « décret ne gèlera pas les prix… » J’ai mal lu, ou, c’est quoi que c’est que ?… Comment fait-on pour limiter la hausse sans geler les prix ?… Ah oui, on limite…

Second titre, idem dans l’Obs, le procès en appel d’un trader « s’annonce tendu »… Ouais, mais ne serait-ce pas sa banque, ou tout simplement les banques qui devraient être au banc des accusés. Rien à secouer du trader qui n’est rien d’autre qu’un petit (ou grand, je ne sais pas) crétin pris dans les rouages d’un système qu’il est incapable de maîtriser, mais jouant avec, comme tous les autres crétins (petits et grands) dans son genre !

Bon, je ne vous parlerai même pas du jubilatoire jubilé de Mamie II d’Angleterre, ou sinon je ressors de suite la guillotine. Ah non, chez nos amis anglais, ils y allaient directement à la hache, c’est moins cher. Quant au prix de cette jubilationnerie grotesque… Personne n’en parle. 

Ben non ! Chut, paraît que c’est la crise…

Et le gros titre qui a fait la thune du ouiquend. Un ex acteur porno canadien qui a coupé son pote en morceau. Mais alors là, rien à cirer de ce fait divers ! Ah si, il parait qu’il a envoyé les morceaux à  des politiciens… 

Ouais, il n’aurait pas pu découper les politiciens en morceaux aussi ?

Même pas !

Bon, je passe à Libé. A la une, « Hollande bloque les loyers qui débloquent ». Ah, ce n’est plus Duflot cette fois, ce sont les Pays-bas. Second titre, « l’odyssée parisienne du dépeceur de Montréal ». C’est pas pour dire, mais chez Homère, les dépeceurs étaient plutôt dans l’Iliade que dans l’Odyssée.

Je passe à l’Huma et comme je zappe systématiquement Mélenchon (me file trop la mélanchonite ce hargneux insipide qui fait semblant d’être de gauche). Comme je zappe aussi dès que l’on me parle de « crise » (ça me donne une rage de dents). Je reviens en direct sur le jubilé de Mamie II d’Angleterre, sur lequel l’Huma titre qu’il « en a usé plus d’un » (moi, c’est certain, en tout cas). Et alors là, je m’instruis vraiment.

J’apprends en effet que la reine d’Angleterre est « également reine de tous les esturgeons, baleines et dauphins » de son « royaume aux termes d’une loi de 1324 jamais abolie ». 

Et moi qui pensais qu’elle ne fêtait que 60 ans de règne. D’ailleurs, elle règne aussi sur 5300 cygnes…

Bref, font suer avec toutes leurs conneries ! Je vais donc voir les rubriques sciences.

Si vous survivez jusqu’en 2117 (comme Mamie II depuis 1324), vous aurez une chance de voir Vénus faire la bise au soleil. Sinon, équipez-vous de lunettes, ils s’embrasseront aussi les 5 et 6 juin. Et si vous survivez 4 milliards d’années (ce sera peut-être le règne de Mamie III), vous aurez le privilège de voir Andromède collisionner notre Voie Lactée.

Commençons donc par Andromède. C’était la fille du roi et de la reine d’Ethiopie, mais sa mère s’étant prétendue plus belle que les nymphes de la mer, qui étaient aussi les petites copines du dieu marin Poséidon, évidemment cela n’a pas plu aux dieux. 

Qu’est-ce qu’elle vient nous faire chier, cette petite reine de rien du tout ? qu’ils ont dit les dieux. Châtions-la ! 

Et comme ce sont souvent les enfants qui trinquent des conneries de leurs parents (surtout chez les rois et reines, normal, c’est héréditaire), c’est la jeune Andromède qui s’est pris la claque. Allez hop ! Condamnée à être attachée sur un rocher au bord de la mer et bouffée par un monstre marin, qu’elle fut l’Andromède.

Mais rassurez-vous, l’histoire se termine bien. Le beau Persée passant par là sur son cheval ailé vit la belle Andromède face au monstre (je ne vous ai pas dit qu’elle était belle, et attachée nue au rocher). Il tomba amoureux cul sec, balança un coup de trique au machin marin, délivra la belle, puis ils s’épousèrent et eurent beaucoup d’enfants.

A la mort d’Andromède, la déesse Athéna (qui n’était pas copine avec Poséidon) l’envoya au ciel et la transforma en constellation. Et comme l’on a fait beaucoup de progrès en astronomie depuis, on sait aujourd’hui qu’Andromède n’est pas une constellation, mais une galaxie.

Or, par un effet de magie noire que l’on ne comprend toujours pas, on sait aussi que certaines galaxies ont une fâcheuse tendance à se rapprocher les unes des autres jusqu’à se collisionner. 

Andromède ayant toujours été une fervente amatrice de lait, c’est donc la Voie Lactée qu’elle a choisi de collisionner. Et boum !

La Voie Lactée étant la galaxie qui nous héberge, si vous êtes là dans 4 milliards d’années, vous me raconterez. Mais selon les simulations de nos astronomes, ce ne sera pas grave, cette collision donnera simplement naissance à une nouvelle galaxie que je nommerais Andromédo-Lactée et qui sera elliptique, alors que la notre est stupidement plate.

Bon passons à Vénus, et pourquoi qu’elle va faire la bise au soleil les 5 et 6 juin prochain, et seulement ensuite dans un peu plus d’un siècle.

Vénus, donc, avant de devenir l’étoile du berger (à ne pas confondre avec son bâton), on ne sait pas trop comment elle est née. 

Selon Homère, elle serait la fille de l’une des multiples sauteries de Zeus. Moi, ça ne me branche pas trop cette version. Tout le monde sait que Zeus était un infatigable coureur de jupons, alors c’est un peu facile de lui filer toute la descendance du monde.

Non, je préfère la version d’Hésiode, et je résume. Chez les grecs, il y avait dieux, et fils de dieux, mais contrairement à chez les chrétiens, il n’y avait pas vraiment d’entente cordiale entre dieu le père et dieu le fils. 

Pour que Zeus devienne dieu des dieux, il lui a donc fallu transformer son père, Chronos, qui était dieu des dieux avant, en sauce tartare. Chronos, qui avait lui même fait subir un mauvais sort à son père, Ouranos, le premier dieu des dieux, en lui coupant les burnes et en les jetant dans la mer. Et c’est de cette union des burnes d’Ouranos à la mer que serait ainsi née Vénus.

Ouais, je préfère nettement cette version qui a en outre le mérite de donner le droit d’ainesse à une femme, Vénus, sur ce sacré cochon de barbu de dieu des dieux de Zeus, et qui résout ainsi le problème de l’oeuf et de la poule.

Bon Vénus, chez les grecs, elle ne s’appelait pas encore Vénus, mais Aphrodite. Ce sont ces crétins de romains qui l’on dénommée Vénus et qui (ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien) ont décidé de la balancer au ciel et d’en faire une planète.

Bref, Vénus étant aujourd’hui aux cieux, de même que le soleil, et, les cieux n’étant pas si immenses que cela malgré leur infinité, puisqu’on les a divisés en galaxies, elles-mêmes divisées en systèmes. Et Vénus se trouvant dans le même système que le soleil, rien d’étonnant à ce qu’ils se fassent la bise parfois. D’autant plus qu’Ouranos signifiant le ciel en grec, Venus en est la fille et le soleil son pote.

Il peut donc leur arriver d’être proches, ce qui sera le cas les 5 et 6 juin. Mais n’oubliez pas de vous munir de grosses lunettes Bien opaques, il est très mauvais de voir directement le soleil batifoler avec vénus. Ils sont très pudiques.

Ouais, sauf que…

Ben quoi sauf que ?

Ben, sauf qu’en France le spectacle n’aura lieu que vers 5 heures 50 du matin la nuit du 5 au 6 juin pendant moins d’une heure, et qu’il vous faudra aller au sommet de la tour Eiffel, du Mont-Blanc ou du Pic du Midi pour le voir. Si vous créchez au fin fond d’une vallée, inutile d’espérer, le soleil ne sera pas encore levé, et vous aurez l’air fin avec vos lunettes opaques. Vous risquez même de vous casser une jambe (ou les deux).

Mais ce sera toujours mieux que de lire la presse le matin… Et de vous éveiller avec des marteaux penseurs…

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