Opulences tragiques

Posted on 15 juin 2012

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Bon, pour une fois, je ne suis pas foulé pour le titre, j’ai juste pompé. Je me dis en effet parfois que j’aimerais bien avoir la science infuse et tout connaître. Mais en fait, ce serait chiant comme une huitre morte, il n’y aurait plus ce plaisir de la découverte, pourtant essentiel. 

C’est ainsi qu’à l’occasion des déambulations chorégraphiques imaginées par Claude Brumachon au musée Bourdelle, j’ai pu non seulement voir un spectacle magnifique, mais aussi avoir le plaisir de découvrir l’oeuvre de ce sculpteur, Bourdelle, dont je ne connaissais jusque là que le nom.

Lorsque je vais voir un spectacle, surtout de danse contemporaine, je ne lis jamais le programme avant. Au moins je suis sûr de ne pas être déçu d’emblée, même s’il m’arrive parfois de m’emmerder comme un rat crevé. 

Je préfère me laisser guider par l’imagination du créateur, quitte à y ajouter un chouia de la mienne, le titre du spectacle aidant un peu bien sûr. 

« Opulences tragiques », de Claude Brumachon, devrait donc nous parler d’opulences et de tragédies, deux mots que j’affectionne particulièrement. Non pas l’opulence du fric qui nous fait rechercher le plus beau yacht que celui de notre voisin. Non, simplement celle de la vie qui bouillonne, et qui rêve toujours plus de bouillonner, jusqu’à la fin. Cette fin qui est toujours une tragédie. 

Pour moi, ces deux mots riment avec passion, et sans passion, la vie n’est qu’insipide.

La passion, elle suinte de partout dans la pièce de Claude Brumachon, superbement interprétée, il faut le dire, par les danseurs du Centre Chorégraphique National de Nantes.

Allez savoir pourquoi, les premières images m’ont fait penser à la passion du Christ, mais une passion revue et corrigée par les yeux de Marie-Madeleine. Puis j’y ai vu le suicide de Cléoptâtre prisonnière de ses amours tragiques avec César, et Marc-Antoine. 

Ou Médée qui, après avoir commis quelques assassinats pour satisfaire son amant Jason, sera délaissée par lui et tuera ses propres enfants, avant de commettre quelques autres assassinats. 

Ou encore Iphigénie, sacrifiée à la déesse Artémis, puis mystérieusement transformée en biche. 

Et même Andromède qui, promise à être dévorée par un monstre marin, sera finalement délivrée par Persée. Et que sais-je encore…

Claude Brumachon, son complice Benjamin Larmarche, et leurs magnifiques danseurs ont non seulement créé une pièce qui nous plonge totalement dans l’essence abstraite de la tragédie. Mais ils ont fait de ce lieu un espace magique, bien au delà d’un simple musée. L’oeuvre de Bourdelle y est-elle pour quelque chose ?

Sans doute, mais pas seulement, « Opulences tragiques » ayant été créée en 2011 au Musée des Beaux-Arts de Nantes et s’inspirant des transpositions que la peinture des XVII et XVIIIème siècles faisait des tragédies antiques (ça, c’est le programme qui le dit. Ben oui, je le lis quand même après).

Jusqu’au 16 juin au Musée Bourdelle

Et j’espère à revoir ensuite. Et si vous passez par Paris, n’hésitez pas à aller visiter ce lieu superbe et, comme moi, peut-être à découvrir l’oeuvre de Bourdelle.

Et évidemment, je n’y résiste pas, un tag vu juste en face du Musée…

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