Droit à l’oubli ?

Posted on 16 juin 2012

1


Il y a parfois des déviations sémantiques qui devraient nous sauter aux yeux, mais à côté desquelles on passe allègrement sans rien y voir. Il faut dire d’ailleurs qu’elles ne font que rarement la une de la grande presse. Je viens ainsi d’en découvrir une par hasard, le passage du droit au respect de la vie privée, au « droit à l’oubli ».

Je résume en gros, furieux d’être incapables de réguler l’économie et la phinance, nos chers politicards se sont depuis longtemps demandé sur quoi ils allaient légiférer (j’ai failli dire légoférer). Tiens, pourquoi pas sur la vie privée de leurs sujets, qu’ils se sont dits, c’est facile, il suffit de créer des fichiers et de les multiplier (comme titi Jésus avec les pains). 

Sauf que depuis quelques années, il y a un truc qui s’est aussi créé et multiplié, l’internet, où chacun peut balancer sa vie privée et celle de son voisin, et que tout le monde peut la lire (s’il sait lire).

Et allez hop, on va te le réguler l’internet, qu’ils se sont encore dits, non mais, c’est quoi ce bordel.


Je vous passe sur toutes les lois avec de jolis noms qu’ils nous ont pondues et nous pondront encore (il faut bien qu’ils s’occupent) et n’en retiens qu’une.

On nous fiche de tout partout de telle sorte que l’on va bientôt savoir à quelle heure nous allons aux chiottes. Ce n’est pas grave, il paraît que cela respecte notre vie privée. 

Mais si vous publiez votre vie privée sur Internet ou celle de votre voisin, et que le voisin du voisin peut les lire, cela ne respecte plus la vie privée. Non, seuls les flics ont le droit de savoir à quelle heure vous allez aux chiottes, non mais ! 

Il faut donc réguler le respect de la vie privée sur internet. Et c’est là que cela se corse, comme disent les Bruxellois. On créé un « droit à l’oubli » sur internet qui est sensé vous permettre d’effacer le gentil billet sur lequel le voisin de votre voisin a publié l’heure où…


Bon, déjà, ça ne va pas être facile, parce que lorsque vous publiez un truc sur le net, il se duplique automatiquement dans une cache (salopiauds d’internet), et d’ailleurs les gros de l’internet comme Gogole ou Facedetruc ont dit, non ! On n’en veut pas de votre droit à l’oubli.

Et là où t’est-ce que ça se corse encore, comme disent les Suisses c’est que si vous révélez que votre voisin a été un parfait pétainiste, collabo et membre de la milice et que, preuves à l’appui, vous montrez que c’est vrai, il a bien fait déporter une cinquantaine de Juifs et massacré quelques dizaines de communistes. S’il est encore vivant, ou si ses enfants le sont, par respect de leur vie privée, ils auront le droit à l’oubli, c’est à dire à faire effacer votre publication.

Bon, une chose positive au moins, on a encore le droit d’internéter ce qu’on veut sur Hitler, il est crevé et n’a pas eu d’enfants (enfin je crois). Mais allez savoir avec Gengis Khan ? Il a peut-être des arrières arrières arrières… petits enfants qui peuvent réclamer eux aussi qu’on les laisse tranquille et leur droit à l’oubli avec. Ben oui, merdre, faut pas zexagérer !

Bon, cette loi n’ayant pas encore été votée, j’ai le droit de dire que Miss Médrano s’est fait planter une belle épine de marinier dans le c…l, et un pompon sur le chapeau.

Et moi, z’ai le droit de dire (qu’un beauf, non, ze retire) qu’un commentateur sportif est mort, et que si ça fait la une de la presse, moi, z’en ai rien à secouer ! Qu’elle demande ma chatte.

Ben si tu as le droit, même celui de dire « beauf » et qu’il était un peu lepeniste sur les bords. Et même s’ils votent la loi, tu auras le droit, ils n’ont pas encore inventé une loi pour restreindre le droit d’expression des chats.

Ca va viendre ! Dis c’est qui la Médrano ? Tu crois que je peux dire qu’elle s’est prise l’épine dans le cul !

Oui, tu peux. Les Médrano, c’étaient de grands clowns au siècle dernier.

Publicités
Posted in: Merdialisation ?