L’armée des méduses…

Posted on 14 juillet 2012

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Etrange de voir comment actuellement les informations télévisuelles ressemblent à la Une du Parisien, n’affichant pratiquement rien d’autre que du fait-divers. A croire que tous les journalistes sont en vacances ou en crise de léthargie. 

J’y vais donc moi-aussi de mon fait-divers.

On distingue deux types de méduses, les méduses de combat et les méduses pacifistes.

On reconnaît facilement les premières, en ce qu’elles portent généralement un képi, un calot, un casque, ou tout autre accessoire sur la tête, histoire de les identifier, et de gros godillots aux pieds, histoire de bien les ancrer dans la boue. Le plus souvent, il leur arrive aussi de porter un fusil, une mitrailleuse, ou tout autre engin destiné à vous réduire en pâté de viande bien saignant.

Les secondes sont moins facilement identifiables. Contrairement aux autres, elles font généralement peu de bruit, ou lorsqu’elles en font, il est vite étouffé par le bruit des bottes, des chaussures cloutées, et les hurlements des méduses guerrières. Et lorsqu’elles persistent, elles se retrouvent encagées de penser dans les geôles des méduses à clous.

Les méduses de combat paradent chaque 14 juillet ou lors de toute fête nationale, afin de bien montrer aux autres qu’elles sont fourbies pour toutes les guerres à venir, et qu’elles n’attendent que ça.

Les autres sont tellement médusées de les voir parader ainsi qu’elles en pleurent de rire, ou qu’elles en pissent d’ennui, de rage, ou de médusance… et finissent, quoi qu’il en soit, face à un mur de silence, un mur de mépris ! Parfois encore face à un mur de balles !

Aujourd’hui, les murs de balles sont difficilement utilisables – du moins de visu – tant il faut faire parade de démocratie pour entrer dans le clan du capitalisme et de la mondialisation enfriquée.

Alors les méduses de combat hésitent de moins en moins à fusiller les méduses pacifistes dans des décharges ou autres lieux privés pour effacer les traces, tout en faisant que les corps soient bien visibles, et bien disposés pour un show médiatique dans le coffre béant d’une voiture, ou en tout autre lieu public.

Tout ça pour quoi ?

Je sais, ça ressemble à de la ratatouille intellectuelle, mon truc ! Un peu comme un journal télévisé reçu de l’autre bout du monde… ou même de chez toi… Tu n’y comprends rien tellement on t’embrouille à coup de méduses, de chats crevés, ou de pigeons morts cloués sur ta porte. Rien que pour te faire oublier, te faire taire, un peu peur aussi, et te faire entendre toujours le bruit des godasses des méduses cloutées.

Il paraît que cela marche au pas, un militaire. Alors comment fait un troupeau de méduses pour marcher au pas ? C’est assez simple en fait, il ne suffit que de penser à son fusil comme une excroissance de soi-même, une bite en quelque sorte !

C’est facile de porter un fusil comme on porte sa bite?

Je dois dire avec grande honte que je n’en sais rien, je n’ai jamais porté de fusil. La seule fois où j’ai eu un fusil, c’était lors d’un Père Noël, où, tout petit, l’on m’avait offert une panoplie de Davy Crocket – je ne sais même pas comment cela s’écrit et ne vérifie pas – et le fusil n’a fait ni une ni deux, crac ! Je l’ai cassé sur la tête de mon cousin. Comme quoi… Tout petit déjà, je ne devais pas avoir de prédilection pour les armes, ni pour les méduses guerrières.

Bref, c’est 14 juillet aujourd’hui, jour de grande messe militaire et militariste, mais comme c’est vacances pour certains, c’est aussi jour où les méduses prédilectionnent les cuisses des vacanciers tellement frustrés de ne pas pouvoir s’engluer dans le métro qu’ils se marchent dessus sur les plages, pour quelques centimètres de sable, et retrouver à toute force une promiscuité qu’ils font semblant de fuir toute l’année.

Elles doivent avoir du flair les méduses, surtout les guerrières. Comme par hasard, elles ne se montrent que les jours d’été, où les plages sont repues de cuisses biens dodues de vacanciers, et rôties à point. Le reste du temps, elles ne font jamais parler d’elles !

Il doit y avoir une morale spécifiquement militaire dans tout cela ?

Ou une morale capitaliste ?

Garde à vous la méduse, au pas !

Mais je digresse, revenons donc à nos moutons, pardon, à nos militaires.

Quant va-t-on enfin se décider à supprimer ce grotesque défilé de méduses armées de fusils et de chaussettes à clous qui me fait par trop penser aux défilés soviétiques, maoïstes, ou même hitlériens ?

Il paraît que c’est la crise, en plus. Et combien elle coûte, leur petite parade de microcéphales en uniformes ? Et si l’on demandait aussi combien cela pollue leur défilé d’aéroplanes, de tanks, et de je ne sais quoi encore ? Et je m’arrête là, sinon je vais finir par devenir grossier envers nos militaires…

Dis la cuisse, c’est pour quand la révolution !

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