Destination inconnue (1)

Posted on 20 juillet 2012

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Le 14 mai 1941, 6000 hommes, Juifs, pour la plupart polonais, étaient convoqués par les autorités françaises à Paris et en région parisienne pour « vérification d’identité ». Plus de 3700 se présenteront et seront arrêtés. Il s’agit de la première arrestation massive de Juifs en zone occupée, dite « rafle du billet vert ».

Pendant plus d’un an, ils seront internés dans les « camps d’hébergement » de Pithiviers et de Beaune-La-Rolande, dans le Loiret – premiers camps ouverts en zone occupée et gérés par les autorités de Vichy – avant d’être déportés vers Auschwitz en juin et juillet 1942, pour faire de la place aux hommes, femmes et enfants arrêtés lors de la Rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942.

Les derniers hommes du « billet vert » seront déportés le 17 juillet, mais ils ont été entassés dans des wagons à bestiaux dès le soir du 16, au moment même de la grande rafle.

Parmi ceux qui les remplaceront à Pithiviers et Beaune-la-Rolande, il y aura nombre de leurs femmes et de leurs enfants, dont la petite Rosa Grynberg, âgée de trois ans, internée au camp de Beaune, où son père était restée plus d’un an, et qui sera déportée à son tour.

L’an dernier, pour les 70 ans de cette « rafle du billet vert », j’ai réalisé un documentaire sur le sujet.

 

Mais comme pour tout film documentaire, il y a des heures de rushes non utilisés. 

Surtout lorsqu’il s’agit de demander aux gens d’évoquer un vécu abominable, il faut savoir les laisser se raconter, parler d’eux-mêmes, de leur propre vécu. Des moments de parole hors du sujet lui-même, mais souvent essentiels pourtant.

La mémoire va se perdre, ou ne restera que le fait des historiens. Ainsi, lors de la réalisation de ce film, l’un des témoins directs est mort sans avoir pu en voir la fin, et deux autres que je voulais interroger n’ont pas pu le faire.

Au delà du film lui-même, ce sont donc quelques fragments d’histoires racontés par celles et ceux qui les ont vécus que je viendrait inscrire ici, en cette rubrique « Destination inconnue ».

Pour commencer, celle de Raymond Strompf, enfant caché, dont le père et la mère furent déportés en juin et juillet 1942.

De l’arrivée de la famille en France en 1922 depuis la Hongrie, jusqu’à la déportation du père, Nicolas Strompf, le 25 juin 1942.

L’enfance cachée pendant la guerre, jusqu’au retour après guerre.

La déportation…

P.S. Toujours ce même truc avec Youtube, je ne parviens pas à désactiver les vidéos reliée en fin de clip.

 
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