Mauvais poil !

Posted on 15 août 2012

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Autant le dire de suite, je suis de mauvais poil. Non pas parce que le Manuel de la Valse nous joue les Sarkozy II en version à l’eau de rose et menthe à l’eau – il n’a qu’à aller crécher dans une HLM d’une banlieue sordide, et il apprendra un autre langage. Non pas parce que notre chef des curés de France nous pond une messe quasi homophobe – il n’a qu’à balayer dedans ses églises pour y compter le nombre de pédés et autres pédos et pédalos. Non pas parce que le monde s’enferme dans une merde noire, et que le monde s’en fout, du moment que la machine tourne même à branle, toujours plus bas, de combat (ou de compas).

Enfin si ! Un peu pour tout cela, quand même ! Et pour… bien d’autres choses encore…

Bon tu nous donnes le sujet s’il te plait. Qu’elle demande ma chatte.

Ouais, mais je ne sais pas par quel bout commencer. Bon on y va.

J’ai une petite soeur. Enfin, pas si petite que cela, 48 ans et environ 1 mètre 70. Mais les aléas (et autres choses) de la vie ont fait que l’on ne se connaissait presque pas. Et il aura fallu qu’une saloperie de crabe s’en mêle pour que l’on se rencontre.

Oui, le crabe ! Pas la bête à… je ne sais combien de pattes d’ailleurs, mais à deux pinces en tout cas. Non, je parle de cette saloperie qui vous dévore de l’intérieur, et que… Bien oui, il faut bien la nommer cancer, et qui le plus souvent vous conduit de l’hôpital au cimetière. 

Bref, cette saloperie de crabe s’en est pris à elle. On ne sait trop quand, et encore moins pourquoi ni comment. Mais il y a un an et demi, bingo ! Le diagnostic est là. Il s’est emparé de son colon le crabio ! 

Le Général docteur s’en mêle, et s’ensuivent opération, chimiothérapie, nouvelle opération, autre chimio, puis une autre… Je passe les détails… Mais il continue de se développer le crabio et il devient tel que, stop ! Le Général docteur décide que… Il n’y a plus rien à faire, restez au plumard et attendez que… Et je dois préciser que ce Général docteur, n’est pas un médecin généraliste, mais un spécialiste réputé.

Bien oui ? Attendez que quoi ? Que la mort me passe dessus ? A 48 ans ? Bien non, moi je vais me battre.

Et elle se bat, ma petite soeur, « Fait chier ce connard de médecin ! » (bon, ça, c’est moi qui traduit). « Je vais t’en voir un autre. » Et qu’elle y va.

Et l’autre qui regarde de plus près le cancer et qui dit « Fait chier ce connard de crabio » (c’est encore moi qui traduit). « Ouais, l’est vraiment pas glop » (là c’est Pifou qui traduit). « Mais on va se battre jusqu’au bout contre lui… »

Aujourd’hui, elle est prise en charge par trois nouveaux médecins.  Une nouvelle chimio à venir et une grosse opération ensuite. 

Alors, avec mon pote Pifou, j’ai envie de lui dire Glop ! Glop, Glop ! Glop, Glop, Glop…

Et de dire que ces aléas de la vie (et de la merde, c’est le cas de le dire), et certains (connards, pardon, mais c’est pourtant le mot) de médecins qui ont prêté le serment d’hypocrite (je dirais même d’hypocrotte), alors que d’autres ont vraiment prêté celui d’Hippocrate, m’auront permis de connaître ma soeur.

Et Glop, quoi ! Merde !

Ouais ! Mais elle est presque à l’eau de rose ton histoire ! Qu’elle dit encore ma chatte.

T’inquiètes, j’y viens ! Peut-on appeler un connard du nom de connard ? Qu’il soit flic, ministre, valseur, archiprêtre, médecin… Et bien oui. Moi je !

Si, comme nous le souhaitons, ma soeur s’en sort, elle devra vivre le reste de sa vie avec des tuyaux et des sacs en plastic pour évacuer les relents de la vie. Alors que si ce connard de Général docteur l’avait correctement traitée dès le départ – il y a un an et demi donc – il en serait certainement autrement.

Mais non, monsieur le Général docteur s’est pris pour dieu le père et que j’ai la science infuse, et que c’est moi qui décide de tout et tout seul. Ta vie, ta mort sont entre mes mains, et seulement les miennes. Et il ne faut surtout pas consulter un ou plusieurs confrères, je risquerais de tomber de mon Olympe, ou de glisser sur une peau de banane (et je suis sympa) !

Résultat ? Un an et demi que le crabe se développe suite à des traitement inadéquats, et point barre ! Reste au lit et attends que… Tout cela pour ne pas dire ouvertement, tu peux toujours crever, je n’en ai rien à secouer ! Mais tu ouvres ton porte-monnaie quand même.

Certes, aujourd’hui, les médecins ne prêtent plus le Serment d’Hippocrate, et heureusement, il date de plus de 2000 ans et les choses ont changé depuis. 

Mais il existe encore un code de déontologie médicale qui dit notamment « je ferai tout pour soulager les souffrances » ou encore « je ne prolongerai pas les agonies ». Mais il semble que certains, dont ce Général docteur, l’aient totalement oublié.

Alors si l’on peut appeler un connard du nom de connard, ce Général médecin en est un archétype (et je suis encore très sympa).

Bref ! Ces archétypes sont légion partout. Chez les flics, les ministres, les archiprêtres, les juges, le pékin ordinaire, et même chez les médecins… Mais en dehors du pékin ordinaire, certains ont un pouvoir de décision qui peut aller jusqu’au choix de vous faire vivre, ou de vous laisser crever.

Et cet archétype de Général docteur a pris celui de laisser crever ma soeur. Alors oui, on peut bien nommer un médecin, soit-il maréchal docteur, du nom de connard !

Heureusement, il en existe d’autres en dehors de ces légions, alors…

Glop, disons simplement Glop !

Ouais, disons Glop ! Et merci à ceux qui ne font pas légion peut-être, mais qui sont là pour soulager leurs patients, et pas seulement pour les prendre pour des clients et des porte-monnaie.

P.S. Savez-vous ce signifie un branle qui bat ? Bien non, pas du tout ! Le branle, c’était au XVIIème siècle un hamac dans lequel dormaient les marins, et lorsque l’on donnait le branle-bas c’était juste pour que les marins sortent de leurs pieux, et sans coup de trique si possible. Rien à voir avec mon début, quoi que… Entre la valse et l’archiprêtre…

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Posted in: Raz-le-bol