Faustérité

Posted on 4 septembre 2012

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« Un magicien profond est un dieu puissant. » La phrase n’est pas de moi, elle est dite par Faust dans la version de Christopher Marlowe, bien antérieure à celle de Goethe.

Bon, l’histoire de Faust, tout le monde la connaît depuis Goethe, ou depuis le film de Réné Clair avec Michel Simon et Gérard Philipe, ou encore depuis le film récent de Sokurov. En gros, c’est l’histoire d’un savant désabusé de ne pas avoir la science infuse, et qui pactise avec le diable pour pouvoir enfin jouir de la vie sans limites. Sauf que… la vie aussi a ses limites. Et ça fait flop ! Je ne vous raconte donc pas la suite, puisque tout la monde connaît.

Ce que l’on sait moins, c’est que le personnage de Faust a probablement existé au début du XVIème siècle, et que, dans les premiers récits qui le mentionnent, il passe plutôt pour une sorte de magicien charlatan, que pour un savant désabusé.

Ouais, peu importe. Il y a d’ailleurs certains scientifiques (allègrement) charlatans, et certains magiciens de la science. Et ce n’est d’ailleurs pas le sujet.

 

Non, en fait, c’est d’austérité dont je voulais parler, mais mon clavier a zippé et lui a rajouté un « f ».

Bref, la plupart des clowns qui nous gouvernent nous font suer (et je suis poli aujourd’hui) en nous imposant des mesures d’austérité alors qu’ils se beurrent de larges tartines de caviar, sans avoir jamais vécu dans l’austérité (on pourrait dire aussi dans la précarité ou la pauvreté), ni même savoir ce que c’est que d’y vivre.

Tiens, pour eux, l’austérité, c’est un truc aussi abstrait que l’est pour moi une équation au quatrième degré, ou un pi auquel tu ne finis jamais d’ajouter des chiffres après la virgule.

En dehors d’eux, tout le monde le sait pourtant, ce n’est pas l’austérité qui va faire marcher leur commerce à moyen ou long terme. Non, elle va tout simplement nous conduire tous dans le mur, et eux avec. 

Mais ils s’en fichent, du moment que leur commerce fonctionne à court terme, et qu’ils peuvent s’en mettre plein les fouilles hic et nunc (ouais, c’est joli le latin, mais il ne faut pas plus en abuser que du vin de messe).

Allez donc savoir pourquoi mon clavier a zippé entre l’austérité et la faustérité. Parce qu’ils ont vendu leur âme au diable, nos braves gouvernants du monde ? Ou parce qu’ils se prennent pour des magiciens de la science du monde, alors qu’ils ne sont que des scientifiques charlatans ?

Tu devrais demander à Méphisto. Qu’elle dit ma chatte.

Comme tu dis. D’ailleurs, je comprends nettement mieux pourquoi qu’il a déprimé, Faust. Il n’a pas réussi à écrire le manuel du parfait petit capitaliste pour les nuls.

Dis Tonton, tu t’es pas foulé aujourd’hui. Et la révolution, c’est pour quand !

 

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Posted in: Merdialisation ?