L’arlésienne du cannabis, ou… l’inverse ?

Posted on 17 octobre 2012

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Cannabis-toi, cannabis-toi pas ?… Rien à secouer ! J’aime bien fumer un pétard de temps à l’autre, et alors ! En quoi cela dérange les marchands de pinard et les Etats qui font recette du pinard et autres ricard, et d’ailleurs, si mon foie ne supporte pas le pernod, j’aime bien le bon vin aussi, mais c’est plus cher que de la bonne ganja. Et aux fabricants et profiteurs de la clope, que doit-on leur dire ? Bon, je ne parlerai pas des fabricants de Serviator.

Les fabricants de pinard-pernod-ricard-serviator-et-clopes sont taxés et tarifés, ils rapportent donc des profits et des taxes, et tout le monde se fiche qu’un corniaud (ou deux ou trois) aille faire la bise, avec sa bagnole, ses copines et ses copains, à un platane  ou à une autre bagnole, parce qu’il a quelque peu abusé de bibine. Cela fait aussi vivre les assurances, les croques morts et autres croques mitaines, et je ne sais qui encore.

Qu’un flic sortant de son commissariat bourré explose un môme en mobilette, et…

Ah non ! Tu vas encore faire mauvais genre gauchiste, si tu le dis !

Ouais, tu as raison. Qu’un flic non bourré alors… Et puis je digresse, ce n’est pas le sujet.

 

Bref, en notre époque de sinistre morosité crisière où l’on passe le temps à nous bourrer (pas le flic) le mou et à nous seriner que la croissance est en berne, que les entreprises et autres pigeons sont dans le cake, que le chômage ne cesse d’augmenter, qu’il faut faire rentrer du pognon dans les poches de l’Etat (et des banques), et que… je ne sais quoi encore…

Bref, en cette époque merdique, la légalisation de la production et de la vente du cannabis permettrait de créer des entreprises et des emplois, et de générer du fric qui, plutôt que d’aller dans les poches de malfrats, irait en partie dans celles de l’Etat (et des banques, mais sans blanchiment).

Qui plus est, cela mettrait dans le caca (je suis poli aujourd’hui) les malfras et autres mafiosos qui profitent de ce trafic. Il faudrait qu’ils aillent pomper leur pognon ailleurs. Tiens, pourquoi pas dans la vente de canons, si tant est qu’ils ne l’aient pas déjà fait.

Evidemment, il ne faudrait pas confier la production et la vente de ganja aux industries pharmaceutiques, ce serait remplacer une mafia par une autre. Non, on pourrait créer un label cannabis bio.

Ouais, mais qu’est-ce qu’on fait avec la coke, l’héroïne, et toutes les autres drogues dures. Paraît que si tu fumes un joint, cela t’ouvre le robinet vers elles.

 

N’importe naouak ! C’est qu’un discours de curotins ce truc. Le même genre de sottise que si t’es pédé, tu vas forcément coucher avec n’importe qui ! Ou que si tu bois un verre de vin, tu va finir alcoolique. Et d’ailleurs, les curés boivent du vin de messe et sont parfois…

Bon, pour les drogues dures, c’est une autre paire de chemises. Et je le dis simplement, parce que je n’ai jamais caché à personne que j’ai touché pratiquement à toutes, jusqu’à me retrouver plusieurs fois en desyntox. J’ai eu cette chance, que beaucoup n’ont pas eu, d’en sortir et de vivre ma vie d’anarchiste normal (tiens, j’aime bien cette expression).

Mais précisément, plutôt que de lancer un débat sur le cannabis, que n’importe quel quidam peut se procurer par internet – ce qui est parfois plus pratique qu’au coin de sa rue où l’on risque de rencontrer des flics. C’est sur ce sujet des drogues dures que l’on devrait lancer un vrai débat.

Il est interdit d’interdire, disait un slogan de mai 68. Et il n’est pas con ce slogan, parce que chacun (enfin chaque personne sensée être sensée) sait que dès qu’un truc est interdit, la moitié de la population de la terre et de ses banlieues s’empresse de braver l’interdit.

Pour ne prendre qu’un exemple simple, lorsque les Ricains ont imposé la prohibition, la vente d’alcool, pourtant interdit, ne s’est jamais mieux portée aux States. Et qui en a profité ? Les mafias !

Idem de la drogue aujourd’hui (et sans doute de quelques canons).

Alors oui, créons un label cannabis bio – et je monte de suite une startup pour en produire sur mon balcon. Et réfléchissons au vrai problème quid, que, et comment faire avec les drogues dures ? 

Ce serait sans doute plus intelligent que de simplement interdire en se voilant les yeux, tout en sachant que l’interdit ne servira à rien tant qu’il y aura un marché et plein de fric à se faire avec – et sans avoir à créer de startup… Quoi que, je n’en sais rien, peut-être existe-t-il déjà des startup à blanchir la coke, puisque certains de nos patrons, après nous avoir pris pour des poires, se prennent aujourd’hui pour des pigeons.

Dis Tonton, elle fume la moquette aussi, la révolution !

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Posted in: Raz-le-bol