Le scandale dégaine…

Posted on 27 octobre 2012

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ou petit traité de marxisme à deux balles à l’usage des chats, des zoizeux et…

Bon, je ne vous parlerai pas du débat cocorico-qui-c’est-moi-le-meilleur-umpiste entre Copé et Fillon, les quelques extraits que j’ai entendu aux infos m’ont rassuré, si nous avons la gauche la plus idiote du monde, nous conservons aussi la droite la plus stupide… 

Et cela ne risque pas de s’arranger, que ce soit Copé ou Fiffi qui prenne la direction de l’ump (sans majuscules, svp, mon clavier – comme christian – s’y refuse). Tiens, et si l’on mettait un certain clavier de christian à la direction de l’ump… cela ne changerait rien, nous aurions une droite toujours aussi stupide.

Si donc vous voulez vous couper l’appétit ou faire du régime, il vous suffit de lire dans Libé un argumentaire des umpistes daté du 22 mai 2012 et intitulé « scandale de l’alliance du PS avec l’extrême gauche ». J’avoue que je ne suis même pas arrivé à la fin de la première page, parce qu’il faut être sacrément (crétin, euh pardon, je n’ai rien dit) umpiste pour qualifier le front de gauche d’extrême gauche.

Bref, à force de devoir choisir contre qui cogner entre une droite stupide et une gauche idiote, j’avoue que j’y perds parfois mon chinois.

Quoi que tu vas faire alors, optionner pour le fhaine ?

Ouais, le jour où la marine nationale avouera qu’elle est transsexuelle, j’y réfléchirai – m’enfin, peut-être. Ceci-dit, avec tout leur ramassis d’inepties de gauche à droite on y va, lentement mais sûrement.

Quoi, vers la marine transsexuelle ?

Non, vers la peine de mort de la politique.

Quoi, l’est pas déjà morte la politique ?

Oui, et si ce n’est pas déjà fait depuis longtemps d’ailleurs.

 

Sur l’un des mes billets récents, quelqu’un m’a demandé, je résume : comment faire « pour qu’il devienne moins nécessaire de s’indigner » ? Et de donner une piste : faire en sorte que chacun d’entre nous (ou disons 80%) devienne « citoyen expert et responsable » que nous devenions tous ou presque « des professionnels de la politique ».

A quoi j’ai répondu, « mon avis est qu’il y a longtemps que j’ai dépassé l’étape ou le stade (ça fait un peut trop sport d’ailleurs) de l’indignation. 

Quant à la politique, comme l’indique son nom, elle devrait en effet être l’affaire de tous, et non le fait de quelques « professionnels » formés à répondre à tout, sans même comprendre quoi que ce soit à rien. C’est au citoyen de questionner la cité et de tenter ainsi de la gérer. 

Vous me direz qu’avec bientôt 9 milliards de citoyens sur terre, cela va faire du bruit, alors certes nous pouvons déléguer ce pouvoir en élisant certains d’entre nous, mais surtout pas ces « professionnels » formés au touche à tout et j’oublie le reste. Utopiste peut-être, mais utopiste je reste. »

J’ai rien pigé.

Je sais. J’aurais dû faire plus simple et parler d’autogestion du politique, mais beaucoup n’auraient pas pigé non plus.

 

Bref reprenons. L’indignation…

Rien à secouer, on le sait, tu nous le serines tous les jours avec ta révolution.

Oui, il est passé le temps de l’indignation. Ce qu’il faudrait (j’emploie le conditionnel volontairement) aujourd’hui, c’est, non pas remettre tous les compteurs à zéro, on ne le pourra pas – sauf à coup de cataclysme nucléaire – mais au moins remettre les pendules à une heure juste, celle de l’humanité, et non celle du simple profit à court terme et pour quelques uns.

Mettre les pendules à l’heure de l’humanité, en théorie, c’est simple : il suffit que chaque citoyen décide. Le bipède a tenté différents systèmes pour ce faire. Celui qui prévaut aujourd’hui est celui de la démocratie, traduisons, le pouvoir du peuple, qui lui permet d’élire ses représentants.

Sauf que cela ne fonctionne plus et pour au moins trois raisons. 

Primo, le pouvoir n’est plus entre les mains du peuple, ni donc de ses représentants, mais dans celles de la finance, du capital et du profit (désolé de mon marxisme primaire). Nos représentants ne servent donc strictement à rien, sinon à être les jouets de ceux qui détiennent le vrai pouvoir. 

Deuxio (j’aime bien, ça fait marque de bagnole), la plupart de ceux qui nous représentent aujourd’hui sont des « professionnels » de la politique formés à répondre à tout, sans même comprendre quoi que ce soit à rien, et le plus souvent totalement déconnectés des réalités quotidiennes du citoyen lamba – il n’est qu’à comparer leurs salaires pour s’en rendre compte.

Tercio (même si je ne joue pas au tiercé), l’on s’aperçoit de plus en plus que, parmi ceux qui devraient nous représenter, ou qui sont nommés par nos représentants, apparaissent des représentants des vrais pouvoirs, ceux du fric pour simplifier.

Si j’ai bien compris, au final, nous sommes donc biaisés.

Oui, et tu peut même omettre un « i ».

D’où le fait que l’indignation, c’est un bien joli mot, mais… Que dalle ! Indignez-vous, réindignez-vous, qu’ils nous répondent, et vous verrez la couleurs de nos godillots.

Et quoi que alors ?

Ben, on les vire tous, on les fous dans un bateau percé, et à la mer… Et on reprend le pouvoir en autogérant le politique.

 

Oui mais…

Je sais, il y a un mais ! Nous sommes aujourd’hui 7 milliards de bipèdes sur terre et serons bientôt – sauf cataclysme nucléaire – 9 milliards. Or, il n’y aura jamais 9 milliards d’Einstein et d’ailleurs, je ne sais pas si Einstein savait faire pousser des navets.

Tiens, je te prends mon petit exemple perso. J’ai un bac plus sept, et si je suis assez calé en matière de culture et de confiture, je suis totalement nul en matière d’agriculture. Je serais certes très honoré que l’on me nomme ministre des navets et des carottes, mais en dehors de leur dire « coucou, tu pousses ? », je ne saurais comment les faire pousser. 

Et je vous raconterai une prochaine fois comment en voulant purger un radiateur, j’ai purgé tout mon immeuble. Bref, ministre du bricolage, je veux bien, mais cela risque d’être grave docteur.

Il nous faut donc nécessairement débattre et déléguer pour trouver et élire un ministre compétant en matière de radis et un autre en celles des radiateurs.

Ben, c’est pas ce qu’on fait ?

Non, on élit des zélites formées à la même sauce du je sais tout et tant pis si je n’y connais rien.

Tiens, prenons le cas de l’ENA. Chacun le sait, en France, si vous sortez diplômé de l’ENA, vous avez de grandes chances de vous retrouver un jour ministre des cacahouètes, ou même président des pistaches. Or, qu’apprend t-on à l’ENA, et bien rien précisément, enfin si à être capable de répondre à tout sans rien y connaître, et tant pis si vous ne savez pas faire la différence entre une mouette et un corbeau blanc.

Ou prenons celui des avocats, il y en a aussi beaucoup chez les ministres. Or, qu’apprend t-on chez les avocats ? A mentir comme un arracheur de dents, certes. Mais encore ? A gueuler plus fort que l’avocat adverse. Evidemment ! A éluder les questions qui fâchent en y répondant par d’autres questions qui fâchent… Mais en dehors de cela, pas grand chose. Ils ont beau faire étalage de leurs codes Dalloz dans de jolies bibliothèques, la plupart n’en ont pas lu plus de trois lignes, et uniquement celles utiles à passer l’examen, et se sont empressé de les oublier.

Les codes Dalloz, c’est pourtant moche dans une bibliothèque.

En effet, mais chacun ses goûts. J’en reviens brièvement à l’ENA. Olivier Saby, un mec qui en sort, vient de pondre un bouquin dessus justement. Et comme je ne le lirai pas parce que je sais d’avance ce que je vais y trouver, je pique une phrase du résumé du Nouvel Obs :

« Pour réussir l’épreuve (de l’ENA), pas besoin de réfléchir : vous devez connaître le format et le remplir avec les mots-clés adéquats ».

Tout est dit, vous devez connaître le format et les mots clés adéquats, et rien à secouer du contenu. En gros, vous prenez une boîte, vous la videz de son contenu, et vous obtenez un énarque – ou un avocat, ou… un politicien « professionnel ».

Bon, le titre du bouquin est encore plus lapidaire, « Promotion Ubu Roi », c’est tout dire en très peu de mots. D’ailleurs, combien de politiciens, d’énarques, ou d’avocats ont lu Ubu ? Ils s’y reconnaîtraient pourtant.

C’est rare, mais pour une fois, je me suis amusé à lire quelques unes des réactions à cet article, il y en a une qui me plaît bien : « les énarques, ces Shadoks des temps actuels, continueront de pousser… » Et les politiciens continueront à percer des trous dans les casseroles pour les transformer en passoires, ajouterais-je.

 

 

Bon allez, quitte à taper dans la soupe, allons-y un bon coup. Parlons aussi des enseignants, il y en a quelques uns chez nos ministres. Or que sont-ils sensés vous apprendre, les mathématiques Shadoko, ou la mathématique de la vie ? Pour la seconde, la plupart n’y connaissent rien, et pour cause, ils ne sont sortis de l’école que pour retourner à l’école, comment pourraient-ils vous l’apprendre ? J’ajouterais que pour beaucoup, ils ont été formés comme des énarques ou des avocats.

Mouais, et qui c’est qui va faire la soupe alors ?

Bien, c’est nous justement.

Ouais, mais moi, je ne sais pas comment qu’on les fabrique mes croquettes.

Toi, c’est pas pareil, tu es une chatte d’appartement. Dès que je te lâche dans un jardin, tu te débrouilles bien pour aller bouffer les souris, les lézards, et même les petits zoziaux, salopiaude, va !

C’est vrai ça. Pourquoi que t’élèves pas des souris à la maison ?

C’est pas le sujet !

Si c’est le sujet ! Si j’ai bien compris, il n’y a qu’à lâcher les bipèdes dans le jardin.

Bon d’accord, c’est le sujet, et tu as tout pigé. Sortons le bipède dans le jardin. Concertons-nous. Virons une fois pour toutes ces têtes creuses de politiciens « professionnels » qui nous servent de représentants. Et élisons parmi nous de vrais représentants qui savent s’occuper, qui des rosiers, qui des navets, et qui des radiateurs… Et nous pourrons peut-être construire le monde autrement…

Bref autogérons le domaine politique et nous ferons fi des scandales de gaines.

Et ensuite, on coupe les bourses des financiers ! Dis Tonton, tu crois que c’est pour demain, ou qu’il y aura cataclysme nucléaire avant !

Ben, je n’en sais rien, si on sort les bipèdes dans le jardin, tout dépend de combien se transformeront en nains de jardin ? Qu’il a dit le grand dépendeur d’andouilles.

 

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