La gaine du scandale…

Posted on 28 octobre 2012

0


ou petit traité de marxisme à deux balles à l’usage des chats, des zoizeux et… (suite)

Dans mon précédent billet, je parlais d’autogestion du politique, c’est à dire qu’il fallait que nous, citoyens, le prenions en mains, plutôt que de le laisser entre les pognes de politiciens « professionnels » formés à la sauce de l’ENA, des écoles d’avocats, ou autres écoles d’incompétence, pardon d’appétence à la parole vide.

J’ai oublié une caste importante qui façonne le non-sens du politique aujourd’hui, celle des journalistes. Disons-le d’emblée, il y en a quelques uns qui font leur métier, et le font bien. Mais non seulement ils sont rares, mais ce ne sont pas ceux que l’on voit ni écoute donc le plus.

Non, il vous suffit d’allumer votre tv ou votre radio pour vous taper systématiquement une bande de bonimenteurs criards, les mêmes sur tous les médias, dont le seul propos est de hurler plus fort que son voisin, histoire de se faire voir, et incidemment de gagner du pognon. 

Au final, vous n’en tirez pratiquement rien, sinon quelques petites phrases à deux balles et commentaires le plus souvent ineptes. A croire qu’ils ont été formés avec les mêmes méthodes que les énarques, les avocats, ou… les politiciens, à parler pour ne strictement rien dire, mais faire croire que, quand même.

Malheureusement, ces bonimenteurs façonnent eux aussi le politique. Quel politicien(e) de droite à gauche n’est pas heureux(se) d’aller jouer les Tartuffe face à ces crieurs de foire ? Même Mélenchon, qui pourtant s’est fait un jeu de les traiter de tous les noms d’oiseaux qu’il connaît – et heureusement pour les zoziaux, il en connaît peu (oui, je sais, mais c’est plus fort que moi, il m’agace, ce pseudo gauchiste à deux balles). Idem de la marine nationale.

Or, par leurs discours insipides et insignifiants, ces chroniqueurs et autres éditorialistes attitrés entretiennent la logique d’un discours déjà insipide et insignifiant des politiques, et, comme l’on ne voit qu’eux, ils contribuent à nous laisser croire que ce soit le seul qui existe.

Tentons d’aller un peu plus loin et ouvrons donc la presse. Si vous ouvrez Le Monde, l’Obs, Libé… (je vous laisse Le Figaro pour les toilettes), à une ou deux variantes près, vous tombez sur les mêmes titres, les mêmes articles, formatés de la même manière. A croire qu’ils font du copier-coller les uns des autres, quand ce n’est pas du simple copier-coller de l’AFP ou de Reuters.

Et je vous passe cette manie systématique de nous faire bouffer du fait-divers comme si la rubrique du chat écrasé était l’essentiel de ce qui se passe dans le monde.

Quoi qu’il t’a fait le chat, pour que tu l’écrases !

Rien, je n’ai jamais écrasé de chat ! Et d’abord t’as rien à dire toi, tu bouffes bien les petits zoziaux !

Bref, revenons sur l’autogestion du politique.

Ouais quand même, y’en a marre que tu digresses tout le temps.

Une théorie est à la mode, depuis quelque temps, celle du tirage au sort en politique. En gros, elle consiste à dire, virons les politiciens « professionnels ».

Et foutons-les à la mer !

Oui ! Virons donc les professionnels de la politique et tirons au sort parmi nous-mêmes nos représentants. Ce serait, entre autres un moyen, de responsabiliser chacun.

Bonne idée, non ?

Bof ! Non seulement j’ai horreur des jeux de hasard – il y en a bien assez dans la vie. Mais je ne vois pas en quoi cela éviterait la gabegie politicarde.

Je l’ai dit, j’ai beau avoir fait quelques études, je suis totalement incompétent pour fabriquer des potiches. On aura beau me tirer au sort, je serai toujours aussi incompétent en la matière, ou alors il me faudra un an pour apprendre, et je ne vous raconte pas le bordel d’ici-là. Et si au bout d’un an je casse la potiche… et que l’on tire au sort un aussi nul que moi… et… etc, etc…

Bref, on n’est pas prêt d’avoir un ministère des potiches plus opérationnel que celui d’aujourd’hui.

Et je ne vous cause même pas si l’on me tire au sort pour le ministère des mathématiques… La physique en serait toute déquantiquée.

Ouais, vaut mieux pas !

Non, le tirage au sort, c’était peut-être bien du temps de la démocratie athénienne où un ministre n’avait pas grand chose d’autre à faire que de décider s’il fallait faire la guerre à Sparte ou à Mycènes, ou plutôt rester tranquillement au pieux. Mais ils n’avaient pas encore inventé la physique quantique, ni l’indice du taux de chômage – ils s’en foutaient d’ailleurs, ils avaient des esclaves.

Nous aussi, non ?

Ouais, mais ce n’est pas le sujet, enfin si, un peu quand même.

Pour cesser d’être les esclaves de cette imbécilité poilitique, elle-même esclave de l’imbécilité financière (oui, c’est encore mon marxisme primaire, désolé), autogérons donc le politique, virons les pseudo « professionnels » et prenons-le en mains. Ce qui ne signifie toutefois pas que chacun ait la science infuse !

Oui, même dieu a fait un raté en se reposant le dimanche, il aurait mieux fait de revoir sa copie.

Certes ! Et nous ne sommes pas dieux, quoi que certains semblent le croire. Mais chacun d’entre nous a ses compétences propres. Choisissons donc parmi nous celles ou ceux qui ont telles compétences réelles pour occuper telle ou telle fonction. 

Et non tel ou telle clampin(e) formaté(é) pour être ministre interchangeable, du ministère de la culture à celui des potiches, en passant par celui de la culture des courges !

Et comme disait Léo Ferré, y’en a marre ! A écouter ici.

Advertisements
Tagué: