Et le scandale des graines…

Posted on 29 octobre 2012

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ou petit traité de marxisme à deux balles à l’usage des chats, des zoizeux et… (suite, 2)

La réflexion vient parfois en marchant, vous pouvez marcher seul avec vos idées, mais en s’y mettant à plusieurs, c’est souvent mieux.

Suite donc de ma petite réflexion sur l’autogestion politique. Hier, je me suis arrêté sur la théorie du tirage au sort.

Ouais, on le sait, c’est pas ton truc les jeux de zazard.

Bien non ! Ce n’est pas par un coup de dés que l’on va déterminer les compétences de chacun, ni là où elles seront efficaces ou utiles – on peut d’ailleurs le constater tous les jours dans notre monde de loterie. 

Sinon, il vous suffit de regarder le cours (ou le court) de la bourse pour comprendre que l’aléatoire, c’est mathématiquement aussi crétin que lorsque le battement d’aile d’un papillon à Saint Chrétien sur Idre provoque un tsunami au Japon, et tout ce qui s’en suit (désolé, mais je vous avais prévenu, je suis très aléatoire aussi en mathématique quantique).

Bref ! Je terminais donc mon dernier billet en proposant une autre piste : « chacun d’entre nous a ses compétences propres. Choisissons donc parmi nous celles ou ceux qui ont telles compétences réelles pour occuper telle ou telle fonction. »

Et that is the question, comme aurait dit Hamlet au crâne, ou l’inverse. Qui choisit qui et comment, pour que ce ne soit pas une histoire de serpent qui se mord la queue ? Telle est la question que je me posais et que l’on m’a justement posé (merci Nanoub).

Yes, that is the question, parce que si tu choisis un serpent à plume comme ministre des volières, ça va faire du bruit.

 

Cette théorie du tirage au sort, si elle est totalement invalide aujourd’hui dans notre monde mondialisé (belle foutaise que ce mot, mais j’y reviendrai plus tard) a pourtant le mérite d’ouvrir quelques bases de pensée.

Elle s’inspire en effet de la démocratie athénienne. 

Or, en dehors du fait que cette « démocratie » n’aurait sans doute pu vivre sans ses esclaves, ni une stricte hiérarchisation, il s’avère qu’alors, Athènes était une petite cité, où il était encore possible de gouverner non par le biais d’une élite préfabriquée venue (on ne sait trop comment parfois) d’en haut, mais en choisissant à la base, dans le peuple donc.

Dis, ça ne te rappelle pas un truc, la France d’en bas…

Ouais, mais ce n’est pas cela du tout, justement, c’est même l’inverse.

Depuis que le bipède est descendu de son arbre et que l’un d’entre eux a compris qu’une branche pouvait lui servir de gourdin pour cogner son voisin, à de très rares exceptions près, une minorité bipédique s’est toujours arrangée pour conquérir le pouvoir sur la masse et le conserver, de père en fils (rarement de mère en fille), de famille en famille, de caste en caste…

Parfois, il a quand même fallu aménager quelques petits arrangement avec les masses pour qu’elles ne se révoltent pas trop et qu’elles aient l’illusion d’avoir le pouvoir elles aussi. On n’allait quand même pas les envoyer se faire systématiquement décimer sur les champs de bataille – surtout depuis qu’un bipède a eu la bonne idée d’inventer la bombe à faire péter le monde.

Et le suffrage universel est sans doute le plus subtil de ces petits arrangements. Il donne l’illusion à tous – sauf aux moins de 18 ans, font chier les mômes, et aux étrangers, font… oui eux aussi – en élisant ses représentants, de détenir une parcelle de pouvoir.

Et les chats, y suffragent pas non plus, font chier aussi ?

Toi, t’as quatre pattes ! Je parle du bipède.

Le suffrage universel, donc, belle foutaise en effet, qui vous donne l’illusion de voter pour machin contre truc… Sauf qu’au final il n’y a pas beaucoup plus de différence entre truc et machin qu’entre machin et truc, puisqu’ils sortent du même moule à manquer d’idées.

Mais, il y a quand même une petite porte que nous a ouvert ce suffrage universel, et le droit de vote en général, c’est la démocratie locale. D’ou j’en reviens à Athènes.

Lorsque vous votez dans un trou du cul du monde, comme l’était Athènes à l’époque de la « démocratie », vous vous en fichez de savoir si votre maire est de gauche, de droite, du centre, ou de machin chose. En général, vous votez pour elle ou lui parce que vous le ou la connaissez et savez ce dont elle ou il est capable ou pas.

Dis, t’oublies pas les querelles de clocher ou de voisinage !

Oui, je sais, il y a aussi les querelles de clocher ou de voisinage. Mais sauf exception montée en fait divers, en général, elles sont moins graves que les ineptes querelles de nos politicards.

Et si une parcelle de solution était là. Inverser le sens de notre démocratie, la faire commencer par la base, le peuple, qui élit directement le représentant qui le représente et non celui que lui balance tel ou tel parti politique.

Dis, tu penses que le maire de Saint Chrétien sur Idre, il sera plus compétent que Nounours 1er ou Filou 1er comme président ?

J’en sais rien, je ne le connais pas. Mais difficile de faire pire en tout cas.

Bon, c’est bien joli tout cela, mais comment va-t-on faire dès que l’on sort de son trou du cul du monde de Saint Chrétien sur Machin, pour arriver dans une ville moyenne, puis dans une grande ville, puis… Et puis avec la mondialisation dans tout cela…

Je sens que tu vas t’en tirer fastoche en disant que c’est pour le prochain épisode.

C’est sûr, et d’ailleurs, il faut que je retourne faire une pause méditation sur une aire d’autoroute avant le prochain épisode. Mais j’ai déjà une petite graine pour parsemer le chemin, dans les villes, éteignons la tv et créons des assemblées populaires de quartier (désolé, c’est toujours, mon marxisme primaire) et…

Dis Tonton, c’est pour quand le cataclysme nucléaire.

Quand on élira un footeux président de la république.

Ouais, mais combien c’est qu’il faut de dés pour faire 1792 ?

à suivre…

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