Ou encore, le scandale de conserve…

Posted on 31 octobre 2012

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ou petit traité de marxisme à deux balles à l’usage des chats, des zoizeux et… (suite, 3)

C’est étrange, nous assistons aujourd’hui à une nouvelle forme de lutte des classes, la révolte des patrons contre un gouvernement de socialisss pourtant bien mollassonsss. Bon, j’en parlerai une autre fois. En principe, nous avons encore quatre ans et quelques pour entendre les patrons ronchonner.

A moins que nos socialisss ne leur donnent de quoi ronronner.

Bref, j’en reviens à ma petite réflexion sur l’autogestion politique que je terminais par « éteignons la tv et créons des assemblées populaires de quartier… »

Et je décide de rester utopiste positif, au moins pour un temps, en dépit du fait que, comme dans la plupart des réactions, je pense que la seule chose qui distingue le bipède du monde animal soit son incurable ineptie. 

Non, restons utopiste positif.

Bon éteignons la tv. En soi, c’est simple. Il suffit d’appuyer sur le bouton adéquat. Vu le nombre de sottises dont elle nous abreuve cela devrait d’ailleurs être un geste de salubrité publique. 

Et je ne parle même pas de la tv réalité à deux balles, ou des débats poilitico-zoizeux animés par les chroniqueurs m’as-tu-vu-tu-m’as-vu-et-moi-et-moi-et-moi dont je causais l’autre jour. Non, je parle en règle générale. 

Tiens, lundi soir par exemple, France 3 nous proposait pour une fois un documentaire plutôt bien fait sur ce que les dirigeants alliés savaient de l’extermination des Juifs lors de la Shoah. Primo, je n’y ai pas trouvé la moindre mention du pape Pie XII, qui en fut pourtant l’un des premiers informés – et qui, comme les autres n’a rien fait – bon, il n’était ni réellement dirigeant allié, ni vraiment neutre, ni… mais… silence radio qu’il a fait ! De plus ce documentaire se termine sur la libération des camps de concentration, sans dire un mot de l’un des épisodes les plus tragiques – s’il peut y avoir un échelle du tragique – de la Shoah, les marches de la mort. Enfin, pas un mot sur le quasi silence (encore) à propos de cette extermination dans les années d’après guerre.

Je l’ai dit, ce documentaire est plutôt bien fait et intelligent. On ne peut donc en vouloir à la réalisatrice, mais bien plutôt au formatage qui fait qu’un documentaire tv doit durer 52 minutes et pas une de plus. Certes, il n’est pas question d’en faire une thèse d’histoire, mais ce formatage impose des choix ou des ellipses, et ils sont parfois lourds de silence (oui, je sais, y a beaucoup de « silences »…).

Malheureusement, sauf à s’autogérer (tiens, on y revient), on ne peut faire en France de films sans la coproduction d’une chaîne de tv. Formatage oblige donc.

Ouais, t’en a pas marre de digresser !

Je ne digresse pas, on devrait tout autogérer, pas que le politique. Mais j’en parlerai plus tard, tu as raison.

Bref, je causais la dernière fois de démocratie locale, qui pourrait-être la première graine vers une autogestion du politique.

Si donc dans votre trou du cul du monde, vous élisez généralement votre maire parce que vous le ou la connaissez et en fonction de ses compétences (même s’il y a toujours des exceptions). Dès que vous créchez dans une ville moyenne et a fortiori dans une grande ville, vous devez choisir pour vous représenter entre monsieur ou madame x ou y, que vous ne connaissez que par un torchon de papier qu’un parti politique a glissé dans votre boîte aux lettres.

Rien à secouer de voter pour x ou y !

Comme tu dis, rien à secouer ! Mais c’est justement là que commence le bordel. Plutôt que d’élire votre voisine parce qu’elle a de beaux seins, ou votre voisin parce qu’il a un gros gourdin (ou les deux si vous êtes ambidextre), vous avez 99 chances sur 100 de n’avoir le choix d’aller voter que pour un professionnel de la politique, et…

Or, en dépit de votre bonne volonté à aller voter pour faire votre devoir civique, c’est là que la démocratie vous échappe.

D’où cette petite idée refondons notre système politique sur la base de la démocratie locale.

C’est bien beau, mais comment que…

J’y viens, le monde nous noie (de cajou) dans un formatage qui, de plus en plus, nous désindividualise en nous donnant l’illusion d’être des individus. 

Quelques exemples simples, nous avons accès – pas encore tous, certes – à une culture de plus en plus vaste, mais où va-t-on piocher notre culture la plupart du temps ? Dans une culture de masse et de bas étage du type culture tv ou wikipedia. 

Lorsque nous achetons un livre, c’est pour qu’il figure en bonne place dans notre bibliothèque, sans même avoir été ouvert, de même qu’il figure dans la bibliothèque de notre voisin, parce qu’il a été promotionné par la même chaîne de tv que celle nous regardons – ou une autre qui lui ressemble comme sa soeur. Bibliothèque du voisin qui est d’ailleurs la même que la notre, parce qu’elle provient du même magasin Ikéquoi ou Conforamachin.

J’en donne un autre ? Oui, le téléphone portable… cet engin avec lequel nous pouvons communiquer avec le monde entier, même s’il se trouve sur le trottoir d’en face. Et si possible en hurlant des inepties sans le moindre intérêt et sans se soucier que cela emmerde votre voisin, celui qui est juste à côté de vous sur le même trottoir. Bref, cet engin qui nous donne l’illusion de communiquer tout en nous rendant totalement autiste.

Tu digresses encore !

Euh, oui, désolé ! Quoi que… Pour la démocratie, c’est la même chose. On nous donne l’illusion de démocratie, alors que dès que nous sortons de notre trou pour nous noyer dans la masse – ce qui arrive inévitablement, sauf si vous n’allez jamais chez Ikéquoi ou Conforamachin – que pouic ! Y’en a plus de démocratie, ou sauf si vous appelez démocratie le choix entre un x et y, comme celui d’aller faire vos courses chez Ikéquoi plutôt qu’à Conforamachin – où vous trouverez de toutes façons les mêmes produits.

Bref, sortons de la masse, et recréons des trous, si j’ai bien compris ! C’est comme ton histoire de remettre le bipède dans le jardin en somme !

En effet !

Bon recréer des trous, ça ne veut pas dire s’y enfermer, au contraire. C’est plutôt comme quand vous cousez. Vous créez des trous avec une aiguille pour que le fil aille d’un point A à un point Z – bon, faut faire un noeud à l’entrée et à la fin, ce qui est le plus difficile, sauf pour un marin.

Mais en nos chères démocraties, c’est différent, en gros, il y a un trou en haut, et un trou en bas. C’est à peu près comme si vous colliez deux entonnoirs l’un au dessus de l’autre, mais tête bêche. Que vous les mettiez dans un sens ou dans l’autre, cela fuira toujours, à moins d’être excellent marin et de savoir faire de très gros noeuds à chaque bout – ou si vous êtes fabricant de bouchons.

 

Bon profitant de ma pose sur l’autoroute, je viens de lire un truc dans Libé, Baumgartner, la saucisse autrichienne qui vient de battre le record du monde de parachutisme en franchissant le mur du son, aurait aussi franchi le mur du con. Il aurait dit en effet qu’il est pour une « dictature modérée » – je ne fais que citer Libé – et « dirigée par des personnalités expérimentées issues de l’économie privée ».

Ben oui, t’as oublié un truc, si l’on élit un canard boiteux, quelle que soit la démocratie…

Je sais, mais il y aura toujours des canards boiteux, sauf lorsqu’il n’y aura plus de canards, ou que des canards OGM. Et précisément, une démocratie à trous pourra peut-être les faire taire. M’enfin, un peu.

Mouais, j’y crois que moyen-miaou !

Bon je reprends. Lorsque vous sortez de votre trou du cul du monde et que vous rentrez de ConforamaIquequoi dans votre ville moyenne ou grande, qu’est-ce qui vous empêche d’aller chez votre voisin. Et de lui taper sur l’épaule en lui disant, « c’est le bordel, si nous changions de stratégie. »

De straté quoi ?

Oui, de méthode alors ! Et si nous allions voir de conserve le voisin d’en dessous pour lui taper sur l’épaule, et… puis celui d’à côté, puis…

Mais faudrait pas qu’il y en ait trop, qu’après cela va devenir le merdier.

Ouais, faut qu’on se conserve, pardon qu’on se concerte.

Et si mon voisin est un gros connard de facho ?

Euh, on trouvera bien un placard où l’enfermer (désolé, mon léninisme secondaire refait parfois surface). Bref, on s’en fiche de ce gros con facho. Il n’y a quand même pas que des gros cons fachos sur terre, même si on les montre (oui, je préfère) en épingle (parce que monter en épingle, je n’ai jamais compris), ils ne sont qu’une minorité.

Utopiste primaire, va !

Tant pis, on a dit qu’on restait utopiste positif ! Bref, vous tapez sur l’épaule de votre voisin (ou vous lui marchez sur les pieds si c’est un sale con de facho), vous allez chez le voisin d’en face, etc, etc. Et lorsque vous êtes, disons un centaine, vous avez votre assemblée populaire. Vous déléguez donc l’un de vos voisins pour aller taper chez d’autres voisins et créer d’autres assemblées, et ainsi de suite…

Mouais, ça va faire beaucoup d’assemblées, avec 7 milliards de bipèdes 

On s’en fiche, on verra le problème plus tard. L’essentiel est de commencer. Et puis, je te l’ai dit au début, nous avons encore du temps devant nous, en principe, encore quatre ans et quelques à entendre les patrons ronchonner.

Bon, il est temps que j’aille (ail) faire une nouvelle pause sur une aire d’autoroute, avant la suite au prochain épisode…

Dis Tonton, m’est avis qu’il y aura au moins deux cataclysmes nucléaires, avant la révolution.

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