Ou la copule du scandale

Posted on 5 novembre 2012

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ou petit traité de marxisme à deux balles à l’usage des chats, des zoizeux et… (suite, 6)

Une copule en mathématiques, j’en ai déjà parlé hier. Mais en matière de langues, c’est tout différent, c’est un mot qui permet de lier un attribut, ou un prédicat, à un sujet. En français, le verbe être est ainsi une copule, puisque dans ma phrase il permet de lier « être » à « copule ». Il en est de même de to be en anglais et de esse en latin.

Bon, pourquoi que je parle du latin, moi ? Ah oui, le curé 23, curé en chef des curés français ! De quoi qu’il se mêle en parlant de famille et de mariage homosexuel ! Il ferait mieux de s’occuper du comportement sexuel de certains de ses potes. D’ailleurs (en principe) il n’y connaît rien en matière de famille, de mariage, ni de sexualité. Si ? Vous croyez qu’il y connaît quelque chose… Qu’il sait comment relier être et copule ? Et être avec imbécile, vous croyez aussi.

Ouais, en soi, je n’en ai strictement rien à secouer de ce que pense le curé 23 – pas plus de ce que pense le 24ème, ni Benoît le 16ème. Mais lorsque je lis que l’on va bientôt voir dans les rues des cathos arriérés copuler avec des fhainistes et des copésiens pour râler contre le mariage homo – manquerait plus que les identitaires ne s’en mêlent -, cela me fait bien rire. On va assister à une partouze générale de ce que la France compte de plus chrétien (et vous pouvez oublier deux lettres).

Ceci-dit, si la police compte, pour une fois, ceux qui enfileront les trottoirs, on saura au moins ceux sur lesquels il ne faudra jamais compter pour tenter une autogestion du politique.

Oui, revenons à l’autogestion, et rien à faire des curotins en tout genre. Juste une petite phrase d’Alfred Jarry pour clore ce sujet :

« Maintenir une tradition même valable est atrophier la pensée qui se transforme dans la durée et il est insensé de vouloir exprimer des sentiments nouveaux dans une forme « conservée »… « 

Alfred Jarry, fragments en vue d’un manifeste théâtral

 

Bref, hier, je parlais des Quants, ces boursicoteurs mathématiciens fumeux (ou fumistes) qui basent leurs spéculations sur des calculs sûrs, alors qu’ils devaient les fonder sur des calculs hasardeux, et krach !…

Or, tout le monde le dit aujourd’hui, la crise que nous traversons a pour origine la crise des subprimes et des Ninjas, c’est à dire le fait d’avoir spéculé sur des « créances à risque », ou, pour être plus précis, sur des dettes, c’est à dire sur un pognon inexistant.

Nos politiciens – aidés de nos financiers – ont donc trouvé un moyen pour remédier à cette crise, renflouer les banques avant qu’elles ne se cassent toutes la gueule à cause de leurs conneries.

Outre que cela ne sert strictement à rien puisqu’il faut encore les renflouer aujourd’hui. Avec quoi les a-t-on renflouées, avec la dette des Etats, c’est à dire avec du pognon inexistant. Je ne sais pas si vous avez déjà vu un raton laveur se mordre la queue, mais… Et re krach !

Et comme non seulement cela ne sert à rien, mais que cela fout aussi les Etats un peu plus dans la merde, nos financiers – aidés par nos politiciens – ont trouvé un autre moyen pour remédier à cette crise de la crise, faire en sorte que les Etats payent leurs dettes.

Evidemment, nos financiers – aidés toujours par nos politiciens, ne vont pas se ponctionner eux mêmes pour renflouer les caisses des Etats. Qui donc va-t-on donc ponctionner cette fois, le populo, qui à force de l’être, va se retrouver totalement à sec. Le raton laveur n’aura plus de queue à mordre… Et re re krach !…

Et mes croquettes, comment tu me les achètes si t’as plus un rond ?

Bien oui, et le fabricant de croquettes va finir par se retrouver dans la colle lui aussi. A moins que l’on ne me fasse un crédit qui va augmenter mes dettes qui… Et le raton va mordre la queue de son voisin… Et re re re krash !

Bon la crise, on fait comme si c’était un truc que l’on découvrait. Personnellement, depuis que je suis môme – et je n’ai pas 12 ans – j’ai toujours entendu parler de crise. Tiens, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées, ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

 

Pour finir aujourd’hui cette intense et prodonde méditation donc, un petit texte à méditer (aussi) de Friedrich Engels, oui, le pote de Marx. Engel y décrit les crises à répétition du capitalisme. Le texte date de 1877. Mais on s’y croirait encore aujourd’hui ! Comme quoi Jarry avait raison. Mais il y a des traditions bien tenaces…

« En effet, depuis 1825, date où éclata la première crise générale, la totalité du monde industriel et commercial, la production et l’échange de l’ensemble des peuples civilisés et de leurs appendices plus ou moins barbares se détraquent environ une fois tous les dix ans. Le commerce s’arrête, les marchés sont encombrés, les produits sont là aussi en quantités aussi massives qu’ils sont invendables, l’argent comptant devient invisible, le crédit disparaît, les fabriques s’arrêtent, les masses travailleuses manquent de moyens de subsistance pour avoir produit trop de moyens de subsistance, les faillites succèdent aux faillites, les ventes forcées aux ventes forcées. L’engorgement dure des années, forces productives et produits sont dilapidés et détruits en masse jusqu’à ce que les masses de marchandises accumulées s’écoulent enfin avec une dépréciation plus ou moins forte, jusqu’à ce que production et échange reprennent peu à peu leur marche. Progressivement, l’allure s’accélère, passe au trot, le trot industriel se fait galop et ce galop augmente à son tour jusqu’au ventre à terre d’un steeple chase complet de l’industrie, du commerce, du crédit et de la spéculation, pour finir, après les sauts les plus périlleux, par se retrouver … dans le fossé du krach. Et toujours la même répétition. Voilà ce que nous n’avons pas vécu moins de cinq fois depuis 1825, et ce que nous vivons en cet instant (1877) pour la sixième fois. Et le caractère de ces crises est si nettement marqué que Fourier a mis le doigt sur toutes en qualifiant la première de crise pléthorique. »

Friedrich Engels, Socialisme utopique et socialisme scientifique, publié en 1880 à Paris

Dis Tonton, l’avait pas parlé de révolution Engels !

 

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