Introduction à la diacritique

Posted on 6 novembre 2012

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ou petit traité de marxisme à deux balles à l’usage des chats, des zoizeux et… (suite, 7)

Plutôt que de nous annoncer une hausse de la TVA, des aides aux entreprises et autres inepties pour soi-disant nous rendre compétitifs – et surtout faire bisounours aux financiers -, nos socialisss devraient profiter des quatre ans et quelques mois qu’il leur reste de pouvoir pour nous pondre un bêtisier du capitalisme.

C’est le petit mot que m’a laissé ma chatte ce matin.

Tiens L’Huma a publié il y a quelque temps un abécédaire du sarkozisme, pourquoi qu’ils n’ont pas appelé ça un abbéecédaire ? Et lorsqu’on va faire un abébêbête du Hollandisme, m’est avis que ce sera le même.

Qu’elle a ajouté.

Paraît même qu’il va aller à Rome se faire moiniser chanoine de Latran, le Nounours 1er, tout comme Filou 1er il y a cinq ans.

On ne dit pas que l’on se fait « moiniser chanoine », on dit que l’on se fait « installer chanoine ».

Ouais, et même qu’il aura droit d’officier la messe, le Nounours.

Non, un officier, c’est un mec – ou une fille, il y en a aussi, et je ne dis pas ce que j’en pense – qui porte un fusil au nom de la patrie  et des financiers. Mais celui qui officie la messe – au nom du père, du fils et du machin-chose – il porte un goupillon en guise d’épée.

Bref, en vérifiant que le « quelque » de « quelque temps » ne prenait pas de « s », contrairement à celui de « quelques années », je me suis aperçu que le mot pléiade n’avait pas droit aux deux petits points sur le « i ». C’est pourtant joli un « i » avec deux petits points dessus, « ï ».

On dit que c’est un i-tréma !

Oui, mais ce n’est pas le sujet, on s’en fiche que deux petits points fassent un tréma chez les francaouis, ou un umlaut chez les teutons. L’important est qu’ils forment un diacritique.

Et que le diacritique – à ne pas confondre avec un diacre, qui est copain avec le chanoine, même s’il est critique parfois – est un signe qui, s’il nous permet de distinguer une lettre parmi d’autres, si on l’utilisait en poilitique, devrait – théoriquement – nous permettre aussi de distinguer un crétin parmi d’autres. Ce qui serait parfois fort utile…

Ouais, tu lui mets deux petits points sur la tête, mais quoi que tu fais s’il y a du vent ? Hein ? C’est bien pour ça que Marx en est resté à la dialectique.

Certes, la dialectique nous permet, entre autres, de distinguer un umlaut teuton d’un tréma francaouis. Mais que fait-on lorsqu’il y a pléiade de crétins, doit-on mettre deux petits points sur le « i », ou faire attention au sens du vent ?

T’as qu’à faire comme les Suédois, tu lui mets un rond en chef en guise de chapeau.

Non, ça ne marche pas avec les « i », le rond en chef, mais uniquement avec les « a » et les « o ». Du coup crétin deviendrait cratin, ce qui ne veut rien dire, ou crotin, ce qui est déjà nettement plus signifiant – surtout en langage SMS.

Et puis le rond en chef, ça me fait un peu trop penser aux militaires, et…

Oui, on sait !

Et le chapeau à Tonton Mitterrand…

Dis Tonton, quoi qu’il t’a fait le Tonton Mitterrand ?

Rien, il a juste raté le virage à gauche, et depuis, plus personne ne le trouve, ni ne le cherche d’ailleurs.

Bref, avec ma chatte, nous avons déjà trouvé quelques mots à définir dans notre bêtisier du capitalisme : abbéecédaire, abébêbête, cratin, crotin, moiniser, poilitique (mais ce dernier, on le connaît depuis longtemps).

Bon si vous avez envie d’un moment de détente, « embrasser est la destination », peut-on lire dans un article très instructif sur la vie sexuelle des Mormons de Libération. Vous m’en ferez le commentaire, c’est à peu près aussi intéressant qu’un article sur la vie sexuelle du curé 23.

Et pour finir, quelques mots encore d’Alfred Jarry, tirés d’Ubu cocu (comme nous),

« Tout ce qui est en mon pouvoir, c’est, voyez-vous bien, de charmer vos instants en vous lisant quelques passages caractéristiques, voyez-vous bien, de mon traité sur les moeurs des Polyèdres et de la thèse que j’ai mis 60 ans à composer sur la surface du carré.
Vous ne voulez pas ? O bien alors, je m’en vais, je ne veux pas voir ça, c’est trop triste. »

P.S. Les illustrations n’ont strictement aucun rapport, quoi que… elles sont tirées du film de Gilles Grangier, Archimède le clochard, de 1959, avec des dialogues de Michel Audiard d’après une idée originale de Jean Moncorgé, et comme acteurs Gabin, Darry Coll ou Bernard Blier et Dora Doll.

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