Petit manuel de bricologie

Posted on 15 novembre 2012

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ou (encore) petit traité de marxisme à deux balles à l’usage des chats des zoizeux et… tiens pourquoi pas des zoziaux aussi (intermède)

Le bipède a des comportements fort étranges. Il me reproche de bouffer les oiseaux, alors qu’il a inventé toutes sortes d’engins destinés à massacrer son prochain, qu’il s’empresse de perfectionner chaque jour pour qu’ils massacrent plus efficacement. Et il s’étonne parfois que certains bipèdes jouent à ces jeux de massacres.

A ma connaissance, pas un chat n’a eu l’idée d’inventer la mitraillette ou la bombe atomique.

Tiens, le bipède qui me reproche de bouffer des zoziaux, il se délecte d’un crabe qu’il a fait bouillir vivant dans une marmite avant de le bouffer. Ou d’un mignon petit lapin qu’il a mis un an à élever avant de lui faire la peau. Et même d’une salade qu’il a passé plusieurs semaines à l’arroser gentiment. Ou d’une tomate à qui il a montré ses fesses pour la faire rougir.

Moi, quand on me lâche dans le jardin et que je bouffe un zoizeau, c’est que j’ai faim, ce n’est pas pour jouer. Quoi que… des fois un peu quand même. Sont marrants les zoiziaux, il y en a même qui font semblant d’être morts rien que pour que t’arrêtes de jouer avec. Bon, quand ils sont vraiment morts, ils sont nettement moins amusants, alors des fois je n’ai plus faim.

Mais quoi ! Ce sont les lois de la nature ! On ne va quand même pas me les reprocher. C’est pas moi qui ai inventé dieu et ce monde idiot qu’il a crée – encore que sans bipèdes, il serait peut-être un peu moins idiot, ce monde, et y’aurait pas dieu d’ailleurs. Et ce n’est pas moi qui ai inventé la bombinette et la mitraille !

 

Et puis d’abord, quand je bouffe les zoiziaux, je sélectionne. Jean-Mi, il m’a dit, tu touches pas aux rouge-gorges, aux pinsons, ni aux rossignols. Alors j’y touche pas, même s’ils viennent m’énerver avec leur cui-cui. Il m’a aussi dit de ne pas toucher aux alouettes, mais de toutes façons, elles sont trop grosses pour moi, et je ne vous parle pas de la pygargue à tête blanche. Il m’a dit aussi de ne pas toucher à tout plein d’autres, mais des fois, je fais des exceptions. Que voulez-vous, ce sont les lois de la nature.

Ouais, mais il doit avoir un truc avec les souris. Là, je n’ai pas de restriction, je peux les bouffer toutes, les petites, les grosses, et même les vertes. Mais lorsque, toute contente, je viens d’en chopper une et la lui apporte dans son lit, il gueule le Jean-Mi ! Va comprendre les bipèdes parfois.

 

Bon, je profite qu’il pionce et qu’il ronfle comme un mauvais joueur de trombone pour vous dire tout ça. Parce que depuis quelques temps, il m’emmerde avec son autogestion du poilitique et sa démocratie qu’on ne sait plus où elle a des trous, tellement qu’elle en a partout.

Est-ce qu’on s’est fait chier à inventer la poilitique et le machin à trous qui va avec, nous les chats ? Ben non, c’est simple, la poilitique, on la vit tout les jours, et on n’a pas à s’emmerder avec ! Et on n’a pas besoin de flics, de curés, de militaires ou de poiliticiens.

 

Tiens, j’en profite aussi pour vous raconter comment qu’en purgeant un radiateur, il a purgé tout l’immeuble, qu’il est tellement fier comme Bartabac qu’il ne vous le racontera jamais sinon.

Bien c’est simple, un radiateur, c’est un peu comme son histoire de démocratie, il a deux trous, un en haut et un en bas, la seule différence, c’est qu’ils sont bouchés, et qu’il est vicieux le radiateur. Si vous voyez parfaitement le trou du bas et le bouchon qui va avec ; sauf si vous êtes spécialiste es radiateurs, vous ne voyez pas celui d’en haut parce que non seulement il est bouché, mais qu’il est planqué derrière un truc qui sert à régler le chauffage.

Et comme on vous a niaisement appris que pour purger un radiateur, il suffisait de déboucher un trou de telle sorte que cela provoque un courant d’air qui fasse venir la flotte dedans – ne m’en demandez pas plus, je ne sais pas comment. Si vous n’êtes pas docteur en radiatologie, vous débouchez le trou que vous voyez, pas celui qui est caché. Celui d’en bas donc ! Et plaf ! Vous vous retrouvez le cul dans l’eau !

Bien oui, le manuel de radiatologie le dit clairement, il ne faut jamais déboucher le trou du bas, sauf si vous savez nager, ou que vous avez besoin de nettoyer la moquette. C’est celui du haut qu’il faut déboucher, sinon vlan ! C’est tous les radiateurs de l’immeuble que vous purgez. Et comme ça gicle à pleine pression, évidemment, vous ne retrouvez pas le bouchon. Et zoust ! 10 centimètres de flotte dans la baraque et pimpon les pompiers qui se foutent de votre poire parce qu’au lieu de lire Marx, vous auriez mieux fait de lire le manuel du petit bricoleur.

Ouais, l’aurait dû s’en servir, le Jean-Mi, de son manuel de briocologie pour réparer les trous de la démocratie.

Dis Lulu, tu crois que la bricologie, ça peut servir pour la révolution !

 

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