Etrange bestiaire…

Posted on 20 janvier 2013

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lgjmp72

L’humanoïde est étrangement fait, et en particulier celui qui aime à se vêtir d’un uniforme, tout plein d’ornements, pour montrer sa sapientia infuse (ou diffuse, c’est selon) et qui se complaît à caresser le canon d’un fusil pour affirmer sa virilité, son intelligence et… je n’en dis pas plus, que sinon je risque de passer pour vulgaire.

Bref, vous l’aurez compris, je veux parler du militaire – une espèce que j’affectionne particulièrement… à peu près autant qu’un flic, qu’un CRS, et même qu’un contrôleur de la RAPT… Si, si, même eux, je les affectionne, surtout lorsqu’elles sont vêtues d’uniformes en jupette.

Le militaire donc, espèce qui ne sera jamais en voie de disparition…

Zut ! Qu’elle dit ma chatte en se réveillant en sursaut.

Espèce donc, qui ne sera jamais en voie de disparition tant que le sapiens se tiendra pour sapiens (avec sa pelle, son râteau, et son fusil), le militaire est une chose étrange qui se prétend supérieure à la bête.

J’en tiens pour preuve qu’à chaque fois qu’il déclenche une opération guerroyeuse, il lui donne un nom d’animal. Or, sachant que jamais aucun animal (en dehors de l’humanoïde) n’a inventé la guerre, je me demande bien pourquoi… ou si le militaire n’est pas irrémédiablement une espèce idiote.

Si, je l’affirme et signe.

jmpServal_stop warUn exemple tout simple. Nos militaires francaouis viennent de déclencher une guerre au Mali, histoire de se dégripper les rotules, de faire vendre quelques canons et, incidemment, de pourchasser quelques enturbannés – ou d’apprendre à ne pas se perdre dans le désert – ce qui, tout le monde le sait, sauf eux, nos politiciens, et les marchands de canons, ne servira à rien d’autre qu’à y foutre un peu plus la merde, dans ce fichu désert (petite pause, ma phrase est longue), et ils ont nommé cette guéguerre « opération Serval ».

Z’ont pas appris la géographie ! Savent pas que le serval déteste le désert ?

Bien non ! Lorsque j’étais môme, mon professeur de géographie m’avait dit qu’elle servait à faire la guerre (la géographie, pas la bête), mais il avait dû se tromper ou prendre les militaires pour des intellectuels. Parce que si le serval est bien un animal africain, il vit principalement dans les savanes humides qui, sauf pour un militaire, n’ont rien à voir avec le désert du Sahel.

Z’auraient dû l’appeler araignée du désert, leur grégaire !

Oui, ou dune des sables, ou encore mirage aux alouettes…

Y’a pas d’alouettes dans le désert !

Je ne sais pas, peut-être qu’ils ont appelé un hélicoptère du nom d’alouette.

Et tu crois que j’ai le droit de la plumer, celle-là ?

Bref, le serval, s’il est bien un animal africain que l’on pourrait définir, en gros, comme le produit du croisement d’un chat et d’un léopard ; du chat parce qu’il est capable de ronronner et même, parfois, de miauler ; et du léopard, parce qu’il est plus gros qu’un chat, qu’il est généralement tacheté, ce qui lui sert de camouflage pour, lorsqu’il voit passer un militaire, lui mordre subrepticement le mollet.

Mais, c’est un fait avéré par toute la communauté scientifique et philosophique – et même l’épiscopale – il déteste le désert malien, le serval.

Bon la communauté scientifique note aussi que le serval est capable d’uriner 30 fois par jour pour marquer son territoire. C’est peut-être pour cela qu’ils l’ont choisi comme nom de guerre, nos joyeux militaires.

Dilem Mali

C’est amusant la guerre ! Cela fait toujours remonter la côte (ou cote, c’est au choix du boucher) de popularité des politicards. Lorsqu’ils ne savent plus quoi faire pour exhiber leur incompétence, boom ! il faut qu’ils nous balancent une bonne guerre dans l’assiette, histoire de faire passer le manque de beurre.

Mais revenons à notre désert. Dans L’Automne à Pékin, qui n’a strictement rien à voir avec l’automne ni avec la Chine, Boris Vian nous racontait l’histoire d’un certain Amadis Dudu qui, ayant raté un autobus, s’étant fait éjecter d’un autre, puis d’un troisième, puis… se retrouve finalement dans le désert d’Exopotamie, où il a l’idée géniale de construire un chemin de fer.

Evidemment, construire un chemin de fer dans le désert exopotame, c’est absurde et cela ne sert à rien (qu’il dit mon chameau). D’où, suite à quelques péripéties, le chemin de fer sera réduit à néant, et le désert réduit à lui-même.

Métaphore, quand tu me prends fort… Allez donc savoir pourquoi cela me fait penser à cette guerre au Mali ! Par contre, allez donc savoir pourquoi encore, si l’Amadis Dudu se voit réduire à néant avec son train, nos politiciens et militaires, aussi inutiles qu’un rail en plein désert, eux, persistent et signent dans leurs inepties… Et que nous ne les virons pas une fois pour toutes…

Dis Tonton, virer les politiciens, c’est un début ou une fin pour la révolution !

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Posted in: Merdialisation ?