Fume Marcel, fume… (Encore une autre histoire…)

Posted on 13 mars 2013

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« Fume Marcel, fume. » Qu’elle se dit la cigale, en apprenant qu’un nouveau pape vient d’être élu. « Ils vont encore s’enticher d’un vieillard sénile. Et qu’est-ce qu’il va se coller comme nom, celui-là, n’ont pas encore épuisé le calendrier ! Fourmi 1er, je suggère, ou araignée 1ère. Mais pour s’appeler fourmi, il faudrait qu’il soit nègre, et pour araignée que ce soit une fille. »

Ouais ! Rien à secouer ! qu’elle lui dit ma chatte. Tiens, je vais me rouler un joint pour la peine, tu crois que je lui propose un pétard ? Il paraît que ça soulage l’arthrose.

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Bref, revenons à notre histoire sans fin. La cigale ayant rencontré le renard et s’étant dit que le roublard n’était pas si futé que cela, s’en fut (sans le thé) rencontrer l’hippocampe.

L’hippocampe, chacun le sait, est aussi connu sous le nom de cheval de mer. D’où un grave problème métaphysique que le bipède se pose depuis longtemps, pourquoi l’a-t-il appelé cheval alors qu’il est notoire qu’un cheval sait très mal nager – tout ceux qui ont vu un western le savent – et encore moins faire de l’apnée ! Mais passons, là n’est pas le sujet.

Si l’on peut admettre que, de très loin sans lunettes et si vous êtes totalement myope, il peut vous arriver de confondre un hippocampe et un cheval, ce n’est pas pour cette raison que notre cigale s’en alla le rencontrer. Ni parce que, comme les crapauds accoucheurs, ou certaines punaises géantes du nom de lethocèrus, c’est le mâle qui porte sa progéniture.

Non, c’est parce que notre bestiole sifflante et cultivée sait que le bipède a nommé hippocampe une partie de son cerveau essentielle à la mémoire – partie qui ne ressemble, elle non plus, en rien à un cheval, l’est étrange le bipède, mais… Et surtout parce que les plus anciens fossiles d’hippocampes que l’on ait retrouvé datent d’il y a 40 millions d’année.

« Une bestiole ayant vécu aussi longtemps doit être dotée d’une bonne mémoire. » Se dit-elle. « Et la mémoire allant de paire (c’est mieux que pair ou impair) avec la sagesse, elle m’indiquera peut-être le sens du chemin et quel sens je dois prendre pour ne pas me jeter dans le précipice de droite, ni dans celui de gauche. Allons-y donc ! »

Mais, il y a un os. De même que le cheval, la cigale sait très mal nager, et encore moins faire de l’apnée.

« Comment faire ? » Se dit-elle. « Si je siffle pour appeler l’hippocampe, primo, il y a peu de chances pour qu’il m’entende, deuxio, s’il sort de l’eau, il va immanquablement se… tiens, comment dit-on le contraire de se noyer ? Et si c’est moi qui plonge dans la flotte, c’est moi qui vais boire le bouillon. Tentons néanmoins de siffler ! »

Par chance, un hippo doté d’une bonne écoute passait dans le coin, porteur d’un masque spécialement conçu par lui – c’était un ingénieux hippocampe – pour respirer de la flotte hors de l’eau – et ne me demandez pas comment cela fonctionne, je n’en sais rien, pas plus que la cigale, ni ma chatte qui s’en fout d’ailleurs et qui ronfle.

Quoi que, je ne ronfle pas, je fais comme le lion, je surveille mon troupeau, et comme l’oliphant, je médite.

Si tu veux, mais alors médite en silence, tu finiras moins sénile qu’un nouveau pape.

Bref, l’ingénieux hippo sifflé par la bestiole sifflante se tient au garde à vous devant elle.

« Salut bestiole, comment t’appelle-tu ? Moi c’est cheval de mer – qu’ils sont vraiment cons, ces bipèdes, de m’avoir prénommé ainsi. Dis, c’est toi qui m’a sifflé ? »

« Moi, c’est cigale. » Qu’elle dit la cigale – la prochaine fois, elle se collera une étiquette sur la tête, qu’elle pense. 

« Et si je t’ai sifflé, ce n’est pas pour te draguer, dieu et son pape m’en gardent, c’est que je recherche comment donner sens au sens du chemin pour pouvoir le prendre en bon sens. Que je n’ai pas encore rencontré l’éléphant, maître de la sagesse. Que le renard, maître en roublardises, que je viens de voir, m’a totalement égaré. Quant aux autres, la fourmi, l’araignée et même le lion, pourtant roi des bestioles, ils ne m’ont donné aucun sens. »

« Or, toi, dont les ancêtres en ligne directe – contrairement à celles du métro – ont au moins 40 millions d’années, tu dois être un maître de la mémoire, je suppose donc que tu es très sage. Et si j’en juge à ton invention pour respirer la flotte hors de l’eau, tu dois être très intelligent. Peux-tu donc m’indiquer le chemin qui a un sens pour m’amener au chemin qui mène au sens ? »

« Et tiens, tant qu’on y est, toi qui semble si ingénieux, tu ne pourrais pas m’inventer un machin pour que je n’aie pas à réaccorder ma guitare à chaque fois que je chante ? »

« Zoust ! » Qu’il fit l’hippocampe, et il replongea dans ses abysses, en pensant très fort, « Qu’elle est chiante cette bestiole sifflante avec ses questions, et qu’en plus elle doit être anarchiste sur les bords pour chercher à donner du sens au sens. »

Ce qui laissa la cigale toute perplexe. « Qu’il est malotru de me traiter d’anarchiste parce que je cherche le chemin du sens, et qu’il ne sait même pas ressembler à un cheval ! »

Ouais, sacré malotrou ! Qu’elle lui dit ma chatte, et en plus, la mer c’est déguelasse, les hippocampes pissent dedans ! Et je ne pige toujours pas la morale de cette histoire. Tiens, avant d’aller voir l’oliphant, tu devrais aller voir mon pote le pinson. Comme toi, il chante, et il a peut-être inventé le machin à accorder les guitares. Mais ce sera pour une autre histoire.

Dis Tonton, le nouveau pape, tu crois qu’il va faire la révolution !

Peut-être ! Avant de rencontrer le pinson, la cigale s’en va aller le voir le pour le lui demander.

« Habêtus François 1er ! » Qu’il crie le peuple calotique et ses voisins martiens.

« Oui, mais faut être sacrément nunuche pour se faire appeler François 1er. » Qu’elle dit la cigale. 

« Il ne sait pas, le papus novus, qu’il y a déjà eu un François 1er qui s’est illustré par son panache blanc (contrairement à Henri IV, dont c’est le cheval qui était blanc) ! Pourquoi qu’il ne s’est pas appelé Totor 1er, ou Pont Louis Philippe II, ou Marcel 1er. Tiens, c’est joli Marcel, c’est le nom du pinson. Mais ce sera pour une autre histoire… »

 
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