Société des individus vs société désindividualisante ?

Posted on 8 mai 2013

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lgjmp72

Dis cigale, c’est toi qu’a écrit ce truc ? Qu’elle demande ma chatte.

« Ben non, c’est le Jean-Mi, qui l’en a tellement marre que je tente de trouver du sens dans un tel chemin du non sens – c’est ce qu’il dit – qu’il s’en va reprendre son petit traité de marxisme à deux balles et à l’usage des zoiseux, des chattes, et même des cigales, m’a-t-il encore dit. » Qu’elle répond la cigale.

Et c’est ben vrai, que disait la mère Denis, célèbre égérie des vendeurs de machine à coudre dans les années antidiluviennes (oui, je sais, mais il fait suer ce correcteur de totograf ! C’est fait express comme le café !) et que plus personne ne connaît (la mère Denis, et la tortaugraphe avec). Que je dis.

C’est vrai quoi, avec cette satanique cigale, je me suis lancé dans un truc totalement insensé, une recherche du chemin qui donnerait du sens pour comprendre en quel sens prendre le chemin qui nous mènerait au sens – ou un truc du genre. Ce qui, tout esprit rationnel l’admettra, est totalement stupide, puisque, dès lors que vous prenez le chemin dans le mauvais sens, allez donc retrouver le bon sens, et même savoir quel est le bon et le mauvais (et sans parler du sens interdit).

Y’en a qui se noient dans l’ivraie à force de boire trop de bon vin !

Dans l’ivresse du non sens, tu veux dire ?

Et en plus, t’exagère un max ! C’est pas sa faute à la cigale si t’es frappé du cervelas, depuis que je te connais, tu as toujours été comme ça !

C’est parce que j’ai le cerveau las (oui, je sais elle est nulle !)

Bref, je voulais parler de décroissance l’autre jour, mais, trop las, je me suis barré en sucette et me suis retrouvé face à un mur des cons. Et voilà t’y pas qu’aujourd’hui, un con de service nous prédit un « printemps des cons« , il mérite un mur à lui tout seul, celui-là.

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Mais revenons à la décroissance. Dans un monde dominé par une obsession de croissance dont on finirait par croire qu’elle est une excroissance de son essence (c’est joli, non ?), le terme de décroissance commence à être, en effet, à nouveau au goût du jour, du moins pour certains d’entre nous. 

En gros, il s’agit de rompre avec un système qui nous conditionne à surconsommer de l’inutile, du superflu et du jetable, uniquement pour que quelques inutiles et superflus capitalistes (et jetables) s’en foutent plein les poches au grand dam (ou damne) de la planète et de ses environs. Planète et ses banlieues qui hurlent « au secours, nos poubelles débordent. » 

A l’inverse, nous nous contenterions de l’utile, réapprendrions à fabriquer du durable, et profiterions du reste pour y joindre l’agréable (ce qui est souvent fort utile et agréable, il va de soi).

Sauf que… Parce qu’il y a toujours un sauf que, avec toi !

Bien oui, sauf que… Je suis allé à la manif du 1er mai l’autre jour, et que c’était tout joli, tout sympathique (pas celle des fhainistes, évidemment que… beurk), et que chacun y allait de sa hurlerie, « qu’il y en a ras le bol, qu’il faut que ça change, et plus vite que vite… » Mais que… et l’on en arrive enfin au sauf que qui se mord le que… Le lendemain, tout le monde (sauf les chômeurs) s’en est retourné au boulot, à se faire exploiter par la machine à fabriquer de l’inutile, du superflu, et du jetable, bref, du je ne sais quoi et du presque rien !

Dis la cigale, toi qui sait si bien chanter tout l’été, comment tu mettrais en paroles L’Internationale aujourd’hui ?

« Du passé faisons table rase

foule esclave, debout, debout

le monde va changer de base

nous ne sommes rien, soyons tout (…)

Il n’est pas de sauveur suprême

ni dieu ni césar ni tribun

Producteurs sauvons-nous nous-mêmes

décrétons le salut commun.

Pour que le voleur rende gorge

pour tirer l’esprit du cachot

soufflons nous-mêmes notre forge

battons le fer quand il est chaud (…)

Ouvriers paysans nous sommes

le grand parti des travailleurs

La terre n’appartient qu’aux hommes

L’oisif ira loger ailleurs.

Combien de nos chairs se repaissent

mais si les corbeaux les vautours

un de ces matins disparaissent

le soleil brillera toujours (…)

C’est pourtant on ne peut plus simple. Traduit en langage quotidien, cela signifie « nous n’avons que faire des exploiteurs, coupons leur les …ouilles ! »

Mais il faut croire que le simple est parfois trop compliqué, et tous nos râleurs du 1er mai s’en sont retournés aux fourneaux et à l’exploitant le lendemain. Même ceux qui, quelques jours plus tard, sont à nouveau descendus dans la rue pour hurler avec leur gouailleur à deux balles, « y’en a marre, faut un coup de balai ! » et qui le lendemain…

Le gourou à deux balles, ce ne serait pas ton pote Mélenchon, celui que t’aime tant, qui promet la vraivolution sans jamais dire comment la faire ?

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Si, celui qui pour faire vraivolutionnaire se balade avec une écharpe rouge, même que ça n’a rien de révolutionnaire, les basques font pareil aux lâchers de vachettes, et même les mecs de droite qui figurent sur le mur des cons.

Bref, dès le lendemain, tous les vraivolutionnaires s’en sont retournés faire les pitres au service du capitalisme et de ses excroissances… Pour ne pas parler de ceux qui, le soir même, sont allés noyer leurs illusions de vraivolutionnaires en jouant au loto.

Et vous voulez parler de décroissance ! « Et que si les corbeaux, les vautours disparaissent… le soleil brillera toujours. »

Et quoi qu’elle en dirait la mère Denis ?

Bref, avant de reprendre mon petit traité de marxisme à deux balles, je vais peut être m’attaquer à un traité de socialisss à trois sous à l’usage des sourds, des malentendants, des aveugles, des manchots, et des quatre ensemble.

Dis Tonton, tu y crois encore à la révolution !

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