Z’avez dit facho ?

Posted on 29 mai 2013

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« Dis, t’as vu, la semaine dernière, y’a un mec qui s’est suicidé à coup de pétard dans la cathédrale de Paris. » Qu’elle dit la cigale à ma chatte – comme moi, elles sont en retard sur l’info, mais ce n’est pas grave parce qu’il ne se passe rien.

Et alors ! Qu’elle répond ma chatte. C’était qu’un vieux con de facho, militant de toutes les pollitudes fascistes depuis l’après guerre 39/45, et notamment frigide et complètement bargeot. Si tous les fachos faisaient de même, non seulement cela permettrait de faire le ménage à Notre Dame et, en lui donnant une jolie couleur rouge, cela attirerait encore plus de touristes. Rien de tel qu’un bon petit suicide collectif pour attirer le benoît, pardon, le bedeau… euh, je voulais dire le badaud.

« Bref, tu veux dire aussi que si tous les antis-mariage-homosexuel et autres fachos notoires, plutôt que de retourner encore et encore polluer nos rues, avaient l’idée d’un suicide collectif, ce serait une assez bonne idée ! »

Certes, mais étant donné la rareté de leurs idées…

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Bon, j’ai dit qu’il ne se passait rien en ce moment, enfin rien d’autre qu’un petit massacre ordinaire par ci, qu’une petite tuerie insignifiante par là, que… ah oui, que les culs bénits montrant leurs fesses dans les rues et que…

Du coup, nos bons apôtres du je vois de la terreur partout et j’y suis (référence obligée, comme dit wikimachin) ont eu la joyeuse idée de nous balancer une nouvelle couche à terroriser le quidam, le djihad de 3ème génération, qu’ils appellent ça.

On connaissait le oueb 1, le oueb 2, on en est au 3 aujourd’hui. Idem pour le djihad, après le 1, le 2, on en arrive au 3, en attendant le 4 qui sera sans doute présage de la fin du monde civilisé et de ses toutes puissantes valeurs (qui, évidemment, seront alors impuissantes).

En gros, le djihad de troisième génération, cela consiste à trouver un mec totalement déglingué du cerveau qui s’arme de n’importe quoi pour aller massacrer ses congénères. Mais attention, pas n’importe quel schtarbé du cervelas, ce qui n’aurait strictement rien d’original, tant les dingues massacreurs sont légion dans l’histoire bipédique.

Non, pour faire un bon djihadiste de 3ème génération, il faut absolument que l’assassin taré profond soit un minimum musulman, autrement, il n’est rien d’autre qu’un vulgaire assassin commun.

Tiens, Jack l’éventreur, par exemple, dont tout laisse supposer qu’il était un parfait chrétien, et britannique de surcroit, n’aurait jamais pu être un djihadiste de type 3. Pedro Alonso Lopez, auteur de plus de 300 viols et meurtres d’enfants au Pérou, en Equateur et en Colombie, rien à voir avec un djihadiste new wave, à peine un minable tueur en série.

Et Landru, le docteur Petiot, Thierry Paulin, Michel Fourniret, Guy Georges… rien d’autre que des petits assassins à deux balles. Ou Gilles de Rais, s’il sévissait encore aujourd’hui, un tueur de pacotille qu’il serait, rien à voir avec un assassin 3 G ! Et Breivik, le massacreur fasciste norvégien, combien qu’on lui donne de G, à celui-là.

Non, pour figurer dans l’échelle des tueurs en G, il faut impérativement être musulman. Mohammed Merah, par exemple, rien qu’avec un tel nom, il était prédestiné à devenir un tueur 3 G.

Va falloir que je pique tous les couteaux de mon voisin, dès qu’il aura fini sa prière dans l’escalier, des fois qu’il n’ait la bonne idée de m’égorger après avoir tué le mouton dans sa baignoire, même que ça pue – tiens, qui se souvient de Chirac et de son histoire d’odeurs !

« Oui, mais quel rapport entre l’invention du djihadisme 3 G, le crétinus homophobus qui défile en famille dans nos ruelles, et le vieillard sénile qui se flingue à Notre Dame pour protester tout à la fois contre le mariage homosexuel et le « grand remplacement » ? » Qu’elle demande la cigale.

Il est pourtant simple…

Quoi la crétinisation des esprits ?

Non, celle-ci existe depuis que la lurette est belle. Je veux plutôt parler d’une forme de crétinisation de troisième génération, elle aussi, qui prend forme d’une fascisation ambiante (et rampante) des esprits.

Non pas que le fascisme grégaire soit une invention récente – m’est avis qu’en analysant en détail les peintures rupestres du paléolithique, on trouverait des croix gammées. Pas plus que sa généralisation sociétale ou son ambiancisation, diraient certains intellectuels, soit nouvelle – le XXème siècle nous l’a clairement montré et rappelé…

Ouais, mais de mettre du fascisme dans toutes les sauces, ça ne fait pas un peu vieux gaucho attardé ? Qu’elle dit la chatte.

Certes, mais c’est parfois dans les vieilles sauces…

Il est vrai que le mot fascisme a été tellement employé qu’il finit par ne plus rien dire, mais peu importe… quoi que… cela explique que même à gôche, tiens Valls, par exemple…

Bref, peu importent les querelles d’historiens. Aux racines des fascismes, l’on retrouve les mêmes phobies, un amalgame de repli sur soi, de peur, de mépris, voire de haine de l’autre, surtout lorsqu’il est différent, étrange ou étranger, de nombrilisme pseudo identitaire, d’auto-affirmation de son non-sens, de noyade dans le troupeau tout en prétendant en sortir… et j’en passe… Ce mélange qui est la base du racisme, de la xénophobie, de l’homophobie, de l’intolérance…

Ce mélange que l’on retrouve dans les slogans que les antis-mariage-homo font porter à leur progéniture dans leurs manifestations de souche – et je ne parle pas ici des quelques centaines de corniauds qui en profitent pour aller casser du CRS, trop attardés qu’ils sont pour avoir réussi le concours de CRS…

Mélange qui serait la cause du suicide d’un sénile à Notre-Dame. Sénile dont la pensée profonde est que, d’ici peu, nous cacherons tous nos barbes sous la djellaba et nos femmes (si elles en ont) sous la burqa – mais pour les homos, il faudra inventer un truc.

Mélange phobique que l’on n’ose plus appeler fasciste puisqu’il est cautionné par une partie de la droite dite « républicaine », et pourtant… C’est bien de fascisme qu’il s’agit, un fascisme totalement décomplexé puisque plus personne n’ose le nommer ainsi.

Et la 3 G dans ton histoire ?

J’y viens. La 3 G, dans ce fascisme rampant qui nous envahit, ce pourrait être justement les quelques centaines de beaufs ouvertement fascistes à qui il ne faudrait sans doute pas grand chose pour qu’ils s’arment de n’importe quoi pour aller massacrer tous ceux qui ne leur ressemblent pas, mais passons sur ces arriérés du cervelas dont même un troupeau de crevette doit battre le QI.

Non le passage au fascisme 3 G, c’est bien plutôt son aspect insinueux qui, sous couvert d’un retour à une certaine morale, à de pseudos valeurs, voire même à une instruction civique obligatoire… nous ramène une cinquantaine d’années en arrière, en une époque où l’Algérie devait rester française (dixit tonton Mitterrand), où la Shoah n’avait pas sa place dans les livres d’histoire, où l’avortement et même la contraception étaient pénalisables, où l’idée de s’autogérer était une chimère…

Bref, en une époque où la plage devait rester bien planquée sous les pavés ; une époque encore toute emprunte de l’idéologie travail, famille, patrie.

Fascisme insidieux, oui ! Parce qu’il n’est plus le seul apanage d’une certaine droite extrême, il mine toute la société, de droite à gauche. A gauche, on connaissait Chevènement, aujourd’hui, l’exemple le plus marquant en est notre cher ministre des poulets – si vous trouvez la différence entre lui et ses prédécesseurs de droite, je vous offre un verre.

De droite à gauche, c’est le même discours que l’on nous serine. Un discours de peur, de terreur et de terrorisme, de haine, de crise, de replis sur soi… Et au final de « C’est comme ça ! On n’y peut rien changer ! Restez chez vous braves gens et attendez des temps meilleurs ! »

Et c’est encore ce même discours d’alimentation de la haine et de la peur ; ce fascisme en sous-main, tellement répandu aujourd’hui qu’on pourrait le nommer fascisme de comptoir, qui conduit nos adeptes du je vois de la terreur partout et j’y suis, à nous inventer le djihadiste 3 G.

Mais allez donc compter le nombre de meurtres sauvages que des bidèpedes isolés ont commis depuis qu’ils sont tombés de l’arbre, vous aurez tant de mal, que votre dhijadiste de troisième génération s’y noiera dans une masse informe.

Comme le disait à peu près Brel, j’ai jamais tué d’chat, ou je ne m’en souviens plus, ou alors y a longtemps, et y sentait pas bon…

Dis cigale, va te falloir encore faire un sacré chemin pour trouver l’entrée du chemin qui mène au sens…

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