Z’avez dit facho (suite)

Posted on 9 juin 2013

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« La vie est comme une patte de cigale, elle ne repousse pas. » Qu’elle dit la cigale, citant un vieux sage cigalon et chinois par inadvertance.

Dis bestiole, ça fait un sacré bout de temps que tu es vautrée dans mon fauteuil à siroter de la bière en attendant l’arrivée de l’été. Quant à ton chemin qui donnerait un sens pour aller jusqu’à la croisée où un panneau indicateur te dirait, « ici est le chemin qui vous mènera vers le sens », il semble que tu n’aies même plus l’ombre d’une velléité de le rechercher. 

Tiens, ton histoire de patte qui ne repousse pas me donne une idée. Tu devrais aller voir le lézard. Lui, quand tu lui coupes la queue, elle repousse, peut-être que ça lui donne aussi des pensées nouvelles et qu’il saura te guider vers le chemin du chemin où l’on trouve le sens. Qu’elle lui dit ma chatte, avant d’aller squatter l’autre fauteuil.

« Oui, mais je suis fatiguée. » Qu’elle répond la cigale. « Je me suis reposée un peu trop longtemps auprès des bipèdes. Et, il faut bien le dire, il n’y a pas grand chose à en tirer en matière de sens et de sagesse. Quant à leurs chemins, ils les remplacent par des autoroutes si insensées qu’eux-mêmes, souvent, ne savent plus en quel sens les prendre. »

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« Je te donne un exemple à te couper les pattes. Il y a quelques jours, je lisais dans Le Monde que pour la première fois, l’hôpital public affichait « un excédent budgétaire en 2012 ». Bénéficiaires qu’ils sont les hôpitaux publics, et vive le capitalisme ! Comme si la vocation de l’hôpital public était de faire du profit plutôt que de la santé ! Mais passons, c’est sain le profit, et ça soigne… Mais au même moment, on pouvait lire dans Le Figaro, « alerte sur la dette des hôpitaux publics » qui a triplé en moins de 10 ans !… »

Mince alors, faudrait savoir, sont dans la colonne des profits les hospices, ou dans celle des pertes ?

« Va savoir, moi, je n’ai jamais rien compris à la comptabilité. Ce doit être fait expresse, rien que pour que certains bipèdes s’en foutent plein les poches au détriment des autres qui n’y pigent rien. »

C’est bien pour ça que je préfère la vie lézardante. Le lézard, lui, n’a pas besoin d’aller à l’hosto pour se faire recoudre la queue, elle repousse d’elle même. Tu devrais vraiment lui demander le chemin du sens…

« Et en quel sens dois-je le prendre ? »…

Et nos bestioles de continuer ainsi, si je ne leur avait pas coupé la chique. Laissons donc un moment le lézard, s’il vous plait. 

L’autre jour, je parlais de la banalisation du facho (parce que pour la bananisation, il y a longtemps que…), et hop, voilà-t-y pas que… un mort…

Vous me direz qu’un mec qui a glissé sur une peau de banane et se retrouve au paradis des sapins (nouvelle désignation du cimetière), ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mare au diable. Et certes…

Vous me direz aussi que le mort en question n’avait qu’à pas être antifacho, et fermer sa gueule en rencontrant un troupeau de musclors dont le cerveau se réduit à une croix gammée en chocolat tatouée sur un poing américain. Et certes aussi…

Vous me direz encore que le gisant n’avait qu’à se saper au monoprix, plutôt que d’aller chercher ses fringues dans la friperie où s’attifent les microcéphales du heil hitler et du ferme ta gueule où je t’en colle une. Et certes encore… 

Et vous pourriez encore m’en dire bien d’autres… Rien à secouer !…

Non, la question qui se pose est simple – en apparence du moins -, elle est de savoir comment éradiquer une fois pour toute cette… tiens, comment disait-on sur les jolies images que nous recevions à l’école lorsque j’étais môme, à propos de bestioles nuisibles ? Ah oui, cette vermine.

Ouais, c’est simple, zéradiquons la vermine fasciste ! Qu’elle dit ma chatte.

Et je redis certes… Mais l’apparence se moque parfois de nous.

Notre brave gouvernement que nous payons (trop cher) pour avoir parfois quelques idées (allez savoir comment), vient donc d’en avoir une : l’on va dissoudre (mais pas dans de la chaux vive) certains groupuscules qui encadrent cette … (je ne le redis pas) fasciste.

Et l’idée est bonne. Mais outre que, comme la queue du lézard, si vous coupez celle de ces groupuscules, ils repousseront sous une autre forme, qu’en sera-t-il des éléments qui composaient les groupes dissous et composeront les nouveaux groupes ? Devra-t-on leur couper la queue à eux aussi ?

Ouais, coupons ! Tiens, balançons-les dans une réserve sans droit de reproduction.

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J’aime assez ton idée. Il y a d’ailleurs d’autres moyens d’éradication que je ne mentionnerai pas ici. Mais le problème est que cette… (je le redis ? Oui ?) cette vermine donc est comme la mauvaise herbe ou la queue du lézard, elle repousse. Vous pourriez même lui couper les … pardon, la queue, elle trouverait le moyen de se reproduire quitte à utiliser la génération spontanée.

On peut dire aussi spont-ânée, mais ce n’est pas sympa pour les ânes.

Que faire donc pour éradiquer cette… ? Leur interdire de lire mein kampf le matin au petit déjeuner ? Ils ne savent ni lire, ni écrire. Tenter de leur inculquer quelques rudiments de savoir afin de leur faire comprendre leur ineptie ? Autant essayer de changer une bille en intellectuel (même de droite)…

Non, et puis trêve de plaisanteries. Il y a même des intellectuels dans leurs rangs, ou disons, des intellectuels qui manipulent ces… groupuscules (je ne cite personne, mais allez chercher dans les buissons, par exemple).

Bref ! Il faut bien l’avouer, le pessimisme est plutôt de mise… Je parlais l’autre jour de fascisme 3G, mais j’ai bien l’impression que nous sommes en retard d’un train ou deux, et que nous en  sommes au moins au G5.

Va falloir trouver un truc pour que la queue du lézard ne repousse pas ?

Oui, mais ce sera pour une autre histoire…

Dis Tonton, c’est mal barré pour la révolution.

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