De la turbidité de l’éponge

Posted on 25 juillet 2013

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lgjmp72

« Bon, vous me direz que la turbidité (à ne pas confondre avec une cucurbitacée) s’applique généralement à un fluide et qu’une éponge, quoi que molle lorsque plongée dedans, reste un solide ; bref, vous me direz que je vous raconte n’importe quoi. Et vous auriez raison !

D’ailleurs, je ne fais qu’étaler ma pseudo science, ne venant d’apprendre qu’à l’instant ce mot de « turbidité ». Et cela tombe bien, je n’avais strictement rien à écrire autrement.

Mais… Le monde est ainsi fait que l’on y trouve toujours un mais à dire, surtout lorsque l’on n’a strictement rien à dire – ce qui ne signifie pas pour autant que l’on n’en pense pas moins, mais personne n’en ayant fait l’expérience, rien n’est prouvé à ce sujet.

Et d’ailleurs, qui me dit qu’un corps mou, tel une éponge mouillée, est un corps solide. Même lorsqu’il se planque dans une carapace afin de jouer les durs, comme un mollusque (qui porte bien son nom), un corps mou est et reste un corps mou, et une éponge mouillée reste mouillée.

Certes, l’éponge mouillée, si elle est imbibée de fluide, n’en est pas pour autant fluide elle-même. Quoi que, si vous la pressez au dessus d’une cuvette, que vous ne conservez que la cuvette et le liquide, et balancez l’éponge à la poubelle, il ne vous reste que le fluide (excepté évidemment la cuvette, mais qui ne compte pas puisque, telle la coquille du mollusque, elle ne lui sert que de réceptacle ou, en l’occurrence, de récipient).

D’où nous pourrions déduire que… l’on s’en fiche éperdument ! Et l’on aurait encore raison. »

Telles étaient les méditations profondes de notre amie la cigale qui, pendant mon absence, s’est plongée dans la métaphysique du monde contemporain telle que vue par les bipèdes. Elle s’est dit qu’en effet, elle était plutôt bien soignée chez moi, en bonne compagnie avec ma chatte, alors pourquoi courir le monde à la recherche du sens du chemin qui mène au sens – et d’un bon accordeur de guitare, si possible. Autant rester à siroter sa menthe à l’eau devant la télé et jouer à refaire le monde sur mon ordinateur.

« Le monde, en effet, est le monde ! » Aurait dit un sage népalais, ce qui ne résout en rien le problème de la turbidité de l’éponge, ni ne répond à la grave question que se pose la cigale, « Mais où est donc ce foutu chemin qui mène au sens et en quel sens devrais-je le prendre pour y trouver sens ? »

Mais les sages népalais étant précisément réputés pour leur infinie sagesse, lorsqu’ils pondent un oeuf, c’est que l’oeuf est dur, d’où nous retrouvons notre grande question primordiale : un corps mou peut-il être dur, ou, à l’inverse – mais ça revient au même – un corps dur peut-il être mou ? 

C’est en effet ainsi que nos philosophes éclairés auraient dû poser la  question de la poule et de l’oeuf. Un oeuf étant un corps dur renferment en son corps un corps mou. Lorsque la poule pond, pond-elle un oeuf dur, ou pond-elle un oeuf coque ?

Personne n’ayant à ce jour répondu à cette grande question, nous la laisserons donc provisoirement en suspens (ou en suspend, tout dépend du sens dont la poule pond l’oeuf) et retournerons à nos occupations qui, faute d’avoir encore trouvé le chemin du sens, consistent à strictement ne rien faire.

72jmpjuillet2013_2643

Dis Tonton, plutôt que de métafoirer comme un poilitique à deux sous, tu ne pourrais pas penser à la révolution !

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