Un peu d’égalité dans l’impavide (cartes postales de Cancerland 9)

Posted on 6 septembre 2013

2


lgjmp72

« Nous tenons à ce que l’approche du journal reste aussi impavide que possible, tout particulièrement dans les pages Planète », peut-on lire dans Le Monde. Doit-on commenter une telle impavidité ? Et l’on pourrait lire la même chose dans Libération, Le Nouvel Obs, et pratiquement toute la presse dite de gauche !

On ne commente même pas. Qu’elle dit ma chatte. Pis je l’ai dit, on a d’autres chats à secouer.

En effet, depuis qu’elle a pris un abonnement à Cancerland, ma petite marrante fait dans le communisme, hier, elle m’a dit que le cancer était une maladie égalitaire, elle touche tout le monde, quel que soit l’âge, le sexe, l’origine… Et il est vrai que Cancerland offre un bel aperçu de l’humanité.

L’une des grandes spécialités de l’Institut Curie étant le cancer du sein, il y a évidemment beaucoup de femmes, et parmi elles, un nombre impressionnant de jeunes femmes, portant le traditionnel foulard. Tiens, avec tous ces foulards, on pourrait organiser une belle exposition de couleurs.

Il y a le cinquième étages des enfants dont nous avons parlé. Oui, les enfants… L’autre jour encore, en arrivant, j’en ai vu un, sept ou huit ans, que l’on sortait d’une ambulance dans une étrange civière ressemblant à un vaisseau spatial, avec des bonbonnes de je ne sais quoi et des tuyaux partout, reliés à l’enfant. Il a peut-être rêvé d’être astronaute.

Hier, dans le petit jardin de Cancerland, un môme de quatre ans jouait avec son vélo, et mimait un téléphone portable avec sa main, en conversant avec un frère et un copain imaginaire. « Dis, pourquoi tu n’as pas de vélo ? » qu’il nous a demandé. Il semblait heureux dans son imaginaire, comme cette petite fille portant une perruque que je croise tous les jours.

72jmpsept2013_2869

Le jardin de Cancerland, parlons-en. C’est un petit jardin avec un potager, des chaises et des tables, des arbres pour donner un peu d’ombre. Mais il manque une buvette pour faire plus sympa. Décidément, je ne trouverai pas la cave à vins.

Mais à cause du potager et de la chaleur de ce début septembre, plein d’abeilles y butinent joyeusement. Moi, j’aime bien les abeilles, ce sont de jolis petits nounours volants, et puis lorsqu’elles tournent autour de vous, si vous ne leur faites rien, elles ne piquent généralement pas.

Quatre infirmières débarquent dans ce jardinet. Elle baignent dans le cancer et dans le sang toute la journée, parlent de maladie et de protocole en fumant leur clope, mais dès qu’une abeille s’approche, c’est l’affolement. Un peu comme quand la souri s’approche de l’éléphant dans un dessin animé. Comme quoi…

Comme quoi, quoi ? Qu’elle demande la chatte, alors que la cigale chante, « C’était un petit jardin, qui sentait bon le métropolitain…

Comme quoi rien…

72jmpsept2013_2879

« Oui, oui, c’est tout à fait ce que vous décrit mon Jean Mi bicolore (en ce moment rouge à cause de sa non mélanine et du soleil, et gris à cause de Cancerland), le jardin potager, les enfants, les abeilles.

Mais voilà, on n’ est pas au pays de bisounours et moi ce matin j’ai croisé une petite fille poussée par sa mère dans son fauteuil roulant  : toutes les deux portaient le foulard mais pas pour les mêmes raisons. Quand est-ce que ce putain de crabe il oubliera les mômes ?!! Quand est ce que les rêves des mômes ne seront plus grignotés par des pinces de crabe ?!!

Il y a un très bon article dans le Géo du mois d’août sur la recherche médicale et qu’est ce qu’on peut lire entre les lignes…. que c’est l’industrie (oui c’est bien ça le mot synonyme de profit) pharmaceutique qui régule le progrès pour le maintien des rêves des mômes !!! Je défonce des portes ouvertes pardon.

Finalement elle est pas si égalitaire que ça cette maladie, (on a le droit  de dire des bêtises !) parce que si elle peut toucher tout un chacun et partout, les mômes et les autres dans certains coins de la planète crèvent sans soins because…

Bon Jean Mi va encore me traiter de communiste, lui le rouge, mais si on hurlait tous pour que les mômes dégainent leurs rêves sans entraves crabeuses ? »

Dites les cocos, la révolution c’est pas impavide aussi ?

Publicités
Posted in: Cancerland