Qui ce matin avait déclose… (cartes postales de Cancerland 12)

Posted on 11 septembre 2013

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Naissance de deux oursons dans les Pyrénées, n’en déplaise aux éleveurs de moutons et autres incérébrés chasseurs, ça au moins c’est une bonne nouvelle. Mais on ne sait pas si leur mère leur apprend à parler slovène, espagnol, provençal, ou langage nounours tout simplement. On ne sait pas trop s’ils tètent où s’ils tâtent du biberon nounours. Et l’on sait encore moins combien de temps ces corniauds d’anti-ours les laisseront vivre.

Bref… Retour à Cancerland ! Ma petite marrante nous y ayant pris un abonnement pour tout le mois d’août, a jugé que cela ne suffisait pas – après tout, autant user de son 100% jusqu’au bout – et hop, c’est reparti pour le mois de septembre. Il faut dire que les couleurs de son hématome, ça donnait quand même un drôle d’arc en ciel, et je ne sais plus trop qui est le plus vert de gris des deux, entre moi et l’héma… Et je préfère dire hémamachin.

Allez, on ressort la carte vitale. Tiens, carte « vitale » ! Quel est le ou la crétin(e) qui a trouvé cette appellation contrôlée ! Comme si une carte pouvait être vitale ! Et une carte virale, ça existe ? Et les petits nounours, on leur a fourni une carte vitale pour qu’ils vivent longtemps ?

Retour donc… Et à peine arrivés dans le hall d’accueil de Cancerland, passe une civière avec un homme, ou une femme – je ne sais pas trop – dont le visage est transformé en tumeur. Ce n’est pas un martien pourtant, mais moi si, peut-être, parce que je dois rivaliser en couleur avec l’hémamachin.

Puis attente, et après tout, un hall d’accueil, c’est aussi une salle d’attente. Et elle est longue cette attente, nous ne sommes pas seuls, septembre, c’est la rentrée, pour les cancéreux et cancéreuses aussi. Et vu la couleur de son hémachose, on se doute un peu qu’il va durer longtemps son soin, qu’il va falloir y aller aux petits soins…

Puis vient enfin son tour, et je la laisse vous le raconter, que j’ai le temps d’aller fumer au moins un paquet de clopes en l’attendant.

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« Pendant l’attente de JeanMi multicolore à Cancerland, moi je me tordais de rire avec une interne et deux merveilleuses infirmières. Il faut dire que j’étais en train d’inhaler du gaz hilarant histoire de me faire oublier le charcutage de l’interne sur mon non-sein pour évacuer les hectolitres de sang que mon hématome s’était généreusement appropriés. C’est pas pour rien qu’on m’appelle la petite marrante…

J’ai ainsi été confronté à l’humour, non pas troupier, mais hospitalier : quand l’interne a réussi à m’évacuer  un caillot important, les voilà tordues de rire, et moi aussi, en déclarant ma fausse-couche accomplie… 

Après une heure et demie de gaz hilarant et d’anesthésie locale, ma fabuleuse Martine, infirmière à dreadlocks (chez moi, on dit « cadenettes ». Qu’elle dit la chatte) me réconforte avec la promesse d’une bouffée d’hilarant quotidienne, puisque il me faut la revoir chaque jour jusqu’à la vidange totale de mon hématome.  Âmes sensibles s’abstenir! 

Qu’est ce qu’on se marre à Cancerland, et à vrai dire, hier, j’aimais mieux être à ma place (avec le gaz hilarant et l’humanité des infirmières) qu’à celle de JeanMi dans le hall d’accueil à m’attendre tout ce temps sans rien savoir. Merveilleuse Martine, entre deux éclats de rires, elle est partie le rassurer!

Vivement 14h, heure de mon rendez-vous avec le gaz… »

Et nous, on aura droit au gaz marrant ? Qu’elle demandent la chatte et la cigale. « Mais pour voir les couleurs de la révolution, m’est avis qu’on attendra encore demain. » Qu’il dit le neveu.

Bon, allez, nouvelle ballade à Cancerland. Je vais bien finir par trouver la cave à pinard.

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Posted in: Cancerland