Le dimanche, c’est chômé (Cartes postales de Cancerland 17)

Posted on 16 septembre 2013

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Il y a des personnes que l’on devrait mettre au goulag directement… Bon, je rectifie, que l’on devrait – au minimum  -empêcher d’exercer leur métier ou fonction. Dans Libé dimanche, on pouvait lire en effet une « photo de famille » de la manif pour tous dans laquelle l’on n’est pas surpris de voir figurer tous les homophobes, anti-IVG, cathos intégristes… et autres fachos à peine – ou même pas – déguisés… mais qui a le mérite de détailler leur profil. Et là, il y a quelques surprises qui méritent… des tartes à la crème.

Tiens, si vous passez par Dijon, goûtez de la moutarde AOC, mais évitez le service de chirurgie pédiatrique et néonatale du CHU ; le chef de ce service étant, selon Libé, une figure des « anti-IVG » et figure aussi de ces manifestations homophobes. Ou si vous êtes obligé d’y passer, demandez lui de quand elle date, la loi légalisant l’avortement !

Et si vous êtes parisiens, évitez le département de psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent (déjà avec une dénomination aussi stupide qu’enveloppante…!) de l’hôpital de la Salpétrière dont le responsable, toujours selon Libé (ne faisant plus pipi au lit, je ne me mouille pas) est aussi l’un des activistes de ces… immatériaux ! Ou demandez-lui comment il psychanalyse un môme qui dit areu areu ! Dis, de quoi que t’as rêvé comme areu ?

Bon, il y a aussi des historiens qui nient l’holocauste, mais c’est une autre histoire, quoi que…

Dis, le crabe, pourquoi que tu cibles n’importe qui, n’importe comment, tu ne peux pas choisir des immatériaux ? Qu’elle demande ma chatte.

Bon revenons à Cancerland… que ces immatériaux, ils te laisseraient crever, même si tu souffres à en mourir.

Donc, j’en étais au taxi qui te demande si c’est ouvert le dimanche Cancerland ! Et tu crois qu’il s’arrête de bouffer le dimanche, le crabe… Ben non, et oui, c’est ouvert, même le dimanche et les jours fériés !

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L’un des trucs cons, avec cette saloperie de bestiole de crabio, c’est que quoi que l’on fasse, tant qu’elle est là, on vit avec 24 heures sur 24, sauf les quelques heures pendant lesquelles vous dormez, et encore…

Et elle est là non seulement avec vous-même, pour celui ou celle qui a le crabe en lui, ou pour l’autre, son conjoint, lorsqu’il ou elle en a un, mais même avec les autres qui vous causent au téléphone, vous envoient des messages, viennent vous voir… Sauf à faire des efforts de jonglage intellectuel, l’on ne pense qu’à ça et ne cause que de ça.

« Il envahit l’espace et il bouffe tout. » Qu’elle dit ma petite marrante.

Bref, on baigne dedans, comme dirait un maître nageur à crabes ; et assez vite, vous n’avez plus envie de répondre aux messages, même parfois de vos plus proches, tant ils vous semblent condoléants.

Et que vous avez d’autres chats à secouer. Tiens, par exemple comment vous faites simplement pour vous laver lorsque vous ne pouvez pas prendre une vraie douche. Qu’elle dit et redit ma chatte.

Oui, pour la douche, ou se laver les cheveux, il faut bien que je l’aide parce qu’avec sa plaie, elle ne peut pas lever le bras, mais ce n’est qu’un simple exemple, il y a plus profond.

L’autre jour, ma petite marrante disait qu’elle n’y pensait pas 24 heures sur 24, à son identité de femme au non sein. Mais de la maladie, oui, même le dimanche, on y pense presque constamment. Tiens, en rentrant de Cancerland samedi, elle semblait rassurée parce que l’interne lui avait dit que sa plaie semblait prendre une bonne voie (!), mais ni l’un ni l’autre n’étions rassurés, tout simplement parce qu’il faut y retourner le lendemain, et… même si, évidemment on ne le dit pas.

Ce n’est peut-être pas pour rien que l’on dit, bouffé ou rongé par le crabe… Qu’elle dit encore la chatte.

« Et bien oui le crabe, il s’installe sans gêne quelque part dans notre corps. Mais j’ai beau être une petite marrante, il est plus terrifiant qu’il n’en a l’air, car pour vous bouffer aussi les neurones, il ne se gêne pas ! Toute l’organisation familiale ou sociale tourne autour de lui, weekend compris. Bon la non-douche, JeanMi vous en a parlé…

Sans compter que je suis obligée de m’ingurgiter les expériences culinaires de mon JeanMi ! Heureusement que je suis malade pour dire que j’ai pas faim… et que Lulu (notre chatte) de son vrai nom la Goulue, vient à mon secours. Je sais pas comment elle fait. 

Et pour le peu que je sors, c’est l’angoisse de me faire bousculer ou de me cogner quelque part ou contre quelqu’un. La tête de JeanMi à mes côtés en dit long sur la même préoccupation… 

Non on ne peut pas lui échapper au crabe… Les messages, les appels téléphoniques, tournent obligatoirement atour de ma cohabitation avec lui. Remarquez, moi, ça n’est pas pour me déplaire, pour une fois que c’est moi la vedette à la maison et pas Lulu. »

Même pas vrai, la vedette c’est moi. Qu’elle dit Lulu.

Mouais, et la révolution, dis Tonton, faudrait pas l’oublier quand même.

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Posted in: Cancerland