Juste en passant (cartes postales de Cancerland 30)

Posted on 28 septembre 2013

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C’est affolant ce que l’on peut lire comme comme conneries en ce moment. Je passe donc sur les plus grosses, du style Manuel Valls… Beurk, me fais gerber comme la marine nationale, le monsieur qui se prend pour ministre de… (mettez ce que vous voulez dans les petits points, cela donnera lieu à un sondage pour le point, et la virgule avec). Ah non, j’oubliais, il se prend déjà pour président de… mais il va y avoir de la concurrence… Et passons donc aux choses sérieuses.

La poubelle nucléaire de Fukishima déborde.

On s’en fiche des bridés ! Qu’elle dit ma chatte. Pis depuis Hiroshima, ils sont habitués.

Au Mali, on s’est empressé d’y faire une guerre (tiens, on n’en parle presque plus d’ailleurs. Les trouffions français y bouffent bien ?) juste pour introniser un président qui va béqueter dans les gamelles des nôtres et surtout apporter son obole à nos capitalistes – qui la lui rendront bien.

Rien à faire des négres ! Qu’elle redit. Pis y’a eu tout l’été des inondations au Soudan qu’est pasteque – traduction libre de « pas sec » en langage chatte – et qui ont fait des milliers de morts, z’ont qu’à se laver dans la flotte qui déborde. Pis les africains, on leur a appris à faire la guerre, z’ont qu’à savoir la faire proprement. Tiens au Soudan encore, ils font une guerre propre, suite à de petites insurrections sans le moindre intérêt, le bilan officiel n’est que de 29 morts, et y’a même pas un blanc parmi les morts.

Les lémuriens malgaches sont en voie de disparition.

« Ca se bouffe tu crois ? » Qu’elle demande la cigale. 

Oui. Et, ça a un goût d’escargot, mais c’est plus lent, m’enfin on ne sait pas trop, tout dépend du climat malgache.

Puis on va aller faire la guerre en Syrie… Et puis quoi encore ?

Ben, je ne sais pas ! Ensuite, on va pleurer sur la disparition des éléphants roses ?

Oui, tu as raison, et comme je n’ai toujours pas trouvé la cave à vin de Cancerland… on verra pour la suite demain. Sauf si je me décrète un cancer du doigt qui frappe mon clavier.

Et pour la révolution Tonton, dis, c’est encore prévu au programme ?

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« Moi, je m’interroge, et ce n’est pas nouveau, sur la place des minorités, des différents, de ceux qui ne sont pas dans la norme. Je n’ai pas la prétention d’apporter quoi que ce soit à ce débat universel et de beaux penseurs alimentent avec brio ma réflexion. 

Mais voilà, depuis que j’ai un cancer, que je suis amputée, j’ai rejoint le clan des différents. Parce que si c’est une maladie dont tout le monde a entendu parlé, si tout le monde connaît quelqu’un qui a un cancer ou qui en est mort, il n’empêche que celui qui en est atteint est isolé dans son milieu familial, social ou professionnel. De la déclaration par le corps médical de la maladie, en passant par le ou les interventions et par la douleur, les soins, la fatigue, etc. l’attitude de l’entourage diffère subitement à notre égard. Même si c’est dans l’empathie, la compassion, même si les marques d’amitiés sont authentiques et sincères (merci mes amis), le crabe nous rend différent et ça c’est une évidence que je vis dans ma tête et mon corps. 

Je ne dis pas qu’en ce qui me concerne je le vis douloureusement 24h sur 24 (quoique sous certains aspects…) et que ces marques de sollicitude ne sont pas réconfortantes bien au contraire, mais je pense à des personnes seules dans leur quotidien et, qui en plus de cela se retrouvent en tête à tête avec leur bestiole, leurs soins et qui, bien sûr, se sentent (et sont) exclues de fait de la normalité du quotidien. Le regard qu’on nous porte est différent et c’est à partir de là qu’on rejoint le clan des différents. 

À ce stade de ma réflexion, une pensée commence à s’imposer : les rescapés du crabe, ceux qui l’ont combattu et vaincu n’en ressortent-ils pas plus forts, plus conquérants, plus positifs ? Cette traversée de douleur et d’exclusion ne les a-t-elle pas rendu plus que jamais « présents » ? Et n’est-ce pas de cela dont un entourage familial, social ou professionnel a besoin. N’est-ce pas ces qualités là dont toute société a besoin ? 

Or il y a tendance à considérer ces personnes comme marquées du sceau « cancer », les voir toujours faibles, fragiles, alors même qu’elles sont grandies…

Toute cette réflexion pour aboutir à un lieu commun et défoncer une porte ouverte (c’est bien moi ça !) : il y a de la richesse pour tous à ne pas exclure et à intégrer les différences, n’est il pas ! »

Ouais, mais ça c’est pas plus pour demain que la révolution. Qu’il dit le neveu.

En effet, tiens, dans Libé, on peut lire qu’à l’hôpital de Dieppe un homme de 70 ans, en fin de vie, a été retrouvé mort dans les chiottes… depuis 10 jours. Ils ne nettoyent jamais les chiottes à l’hôpital de Dieppe ?

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Posted in: Cancerland