Théorique de la corde (cartes postales de Cancerland 38)

Posted on 5 octobre 2013

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lgjmp72

« Plus de 300 (probablement) migrants morts dans un bateau, et tout le monde y va de sa petite larme aujourd’hui. C’est quoi cette hypocrisie ? » Qu’elle demande la cigale. « Qui c’est qu’a fait que les pauvres migrants migrent ? Et c’est parce qu’on va larmer que le monde va changer ? Sont vraiment comiques les bipèdes, même dans leurs larmes ! »

Et je trouve qu’elle a bien raison, mais on s’écarte encore de notre sujet, Cancerland.

Ma petite marrante nous ayant refait Concertland cette nuit, version Requiem avec pour refrain « je vais mourir, mourir, mourir… » Je lui ai dit merde, fait chier, si le cancer est remboursé par la sécu, le cimetière non ! Alors tu arrêtes de nous la jouer petite mourante. Bon, ça ne l’a pas fait rire….

« Non mais pas du tout ça ne me fait pas rire du tout… qu’il dise des gros mots ! [À ce niveau là du texte j’avais écrit autre chose mais mon JeanMi ça ne lui plait pas du tout, alors comme un couple ça fonctionne à coups de compromis (surtout pour la femme !) je m’auto censure…]

C’est normal, non, que je cause en dormant avec le surplus que je trimbale dans la tête. Il faut bien que ça sorte tout cela. C’est bien un signe d’équilibre me semble-t-il. Le seul hic (et c’en est un de taille) c’est que je ne maitrise pas ma parole. Elle m’échappe et ça peut bien sûr faire crac chez celui qui ne dort pas. Mais pourquoi a-t-il toujours les oreilles qui traînent ?!?! Il est sensé dormir et moi aussi. En plus, je ne me souviens de rien au réveil… 

Si on en parle dans les cartes postales de Cancerland, c’est qu’il s’agit d’un phénomène nouveau qui m’arrive et à coup sûr bel et bien lié au squatte du crabe dans notre vie. Sinon aurais-je une autre raison de causer dans mon sommeil ?… 

Remarquez si je dis des vacheries à mon JeanMi c’est qu’il l’aura bien mérité. C’est pratique finalement, ce qu’on garde en soi le jour, bingo, ça sort la nuit et on l’a pas fait exprès !

Bon, parlons d’autre chose. Tiens, le médiator, cela sert à pincer une ou plusieurs cordes d’une guitare. Et une corde, lorsqu’elle n’est pas sur une guitare, on peut sauter avec, grimper dessus, se pendre avec… Non, ça c’est une mauvaise idée, mais pendre les politicien(e)s…

Bref… Hier, nous avons appris une nouvelle définition du mot corde. Et je n’ai pas trop compris sinon que c’est un truc qui se met à se tordre entre le non sein et le bras, qui empêche le-dit bras de se lever, et qu’il faut qu’elle s’exerce, ma petite marrante, aux levers de bras, parce si un médecin lui rompt la corde, ça va faire une jolie note du genre ail ! Qu’on ne sait pas encore mettre sur une partition.

« Et puis le mot corde est interdit dans un théâtre, et comme c’est mon boulot d’être dans un théâtre, avec ma corde sous le bras je ne peux plus y rentrer…

Bon j’explique ce que moi j’ai compris : mon muscle ou tendon situé entre le non sein et le bras, presque sous l’aisselle, sous l’effet de la douleur s’est rétracté et ne me permet plus l’amplitude suffisante pour ajuster mon brushing et mes bouclettes. 

Je n’en raterai aucune des complications post opératoires… Je vais à coup sur servir d’étude de cas  pour les étudiants en médecine ! »

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Donc, je vous raconte de quoi qu’elle cause la nuit, ma petite marrante :

Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’une nouvelle physique qui, à coup de théories des cordes (les différentes théories n’ayant pas le même nombre de cordes) tente de créer des ponts entre la physique einsteinienne et la physique quantique, tout ça parce que l’on vient de s’apercevoir (il était temps) que 96% de l’univers était composé de matière et d’énergie d’origine totalement inconnues.

J’ai peur. J’ai un cancer.

Bref, je reprends. Matière et énergie inconnues que, selon les traductions, l’on qualifie de sombres ou de noires, et parfois même d’exotiques.

En gros, la matière noire, sombre, ou exotique, c’est une sorte de halo invisible qui entoure les galaxies et qui fout le bordel à leur périphérie en modifiant la vitesse de rotation des étoiles. Quand à l’énergie exotique, sombre, ou noire, c’est un truc encore plus bordélique, une espèce de force répulsive, mais qui a au moins le mérite d’empêcher les galaxies de se foutre sur la gueule les unes les autres, ce qui, par exemple, risquerait de provoquer la fin du monde (un big crunch, en ricain).

J’ai un cancer. Je vais mourir.

Bon, j’en étais où ? Oui, la matière noire, ce n’est pas trop difficile à comprendre. Lorsque vous allumez la lumière, vous obtenez un halo lumineux. Si vous éteignez, vous obtenez un halo sombre ou noir, tout dépend du nombre d’étoiles. Et si vous êtes un peu bourré, le même halo pourrait bien vous paraître exotique, et modifier la vitesse de rotation des étoiles.

Quant à l’énergie noire, c’est nettement plus compliqué. Il paraît qu’elle ne se laisse pas facilement piéger en laboratoire, et qu’il faut aller la chercher dans l’espace. Inutile d’essayer dans votre chambre donc, à moins que vous n’y logiez des fantômes.

Donc, pour son dernier voyage sidéral, il y a quelque temps, la navette Endeavour a convoyé vers la station spatiale internationale une machine à piéger l’énergie noire. Et ne me demandez pas comment elle fonctionne, je n’en sais rien.

J’ai peur. Je vais mourir.

Ce que je sais en tout cas, c’est que si elle parvient à piéger un peu d’énergie noire, cela nous permettra de comprendre nettement mieux la théorie des cordes.

Bref, « dans la théorie des cordes, comme pour la pratique de la guitare, la corde doit être étirée pour qu’elle devienne ensuite excitée. » Peut-on lire sur un site d’explication scientifique.

Ouais, en fait, je n’en ai strictement rien à secouer de cette théorie des cordes qu’est un vrai sac de noeuds.

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Dites les noeuds, c’est pour quand la révolution ! Qu’on arrête que les pauvres se noient en migrant !

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