Du lard ou… (cartes postales de Cancerland 41)

Posted on 9 octobre 2013

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« Je vais changer mon vocabulaire, parce que ça me gave grave d’entendre encore et toujours parler de ces « révolutions » de printemps qui ne font que mettre des tordus d’islamistes ou de militaires au pouvoir. Désormais, je parlerai de vraivolution ! » Qu’il dit le neveu.

Dis Tonton, c’est pour quand la vraivolution !

Et moi, ça me gave très grave de voir qu’une ministre stupidesialiste commente la mort de Patrice Chéreau d’un cancer du poumon en l’associant à une campagne anti-clopes. Patrice Chéreau était un grand, lui, madame la sinistre !

Bref revenons à Cancerland. Je disais hier que non, on ne s’habitue pas à tout, en tout cas pour moi. Tiens, ce matin une jolie gamine d’une vingtaine d’année débarque, mais alors jolie la môme que je te l’aurais bien draguée – mais ça, ne le dites pas à ma petite marrante, qu’elle est jalouse comme un cancer. Et je la vois un peu désemparée, la gosse, mais je me dis non, c’est pas possible, elle vient accompagner quelqu’un. Puis on l’appelle au service de gestion des patients ! C’est mauvais signe ! Et elle en ressort avec tout un lot d’étiquettes et se dirige vers le service de radiologie ! Bing !… Et bien non, je n’arrive pas à m’y habituer !

Après les soins de ma petite marrante, on décide d’aller au restau. Il fait beau, et c’est sympa du côté de Cancerland, le quartier Saint-Jacques. Et elle est toute enjouée la petite marrante parce que les infirmières lui ont redit que cela allait beaucoup mieux, que sa plaie était vraiment en train de cicatriser, et du coup elles lui ont ôté la poche. Et en chemin, elle commence à me raconter que… Et que merde ! Tu la fermes un peu ! J’ai plus faim !… Et bien non, je ne m’habitue pas !

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« Jolie ou pas moi ça m’enrage qu’une gamine de 20 ans soit obligée de fréquenter Canceland et par là même d’y rencontrer des vieux cochons (suivez mon regard). Elle devrait être à la terrasse d’un café avec des copines ou un jeune amour, être insouciante et ignorer l’univers des crabes.

Et oui, on a parlé des enfants et de ce maudit 5eme étage, mais à Cancerland, il y a aussi au 2ème étage un service dédié aux adolescents et aux jeunes adultes.

J’adore les ados (autant que les petits enfants), qu’est-ce qu’ils sont crétins et comme ils me font marrer… Et comme ils sont fragiles ! J’aime quand ils font les grands-des blasés-ées et qu’au moindre événement ils redeviennent le-la petit-te enfant paumé. J’aime leur fou rire idiot et inexpliqué. Cette période de la vie d’un humain est une porte qui s’entrouvre, se referme, pour s’ouvrir à nouveau vers l’inconnu de l’adulte qu’il doit devenir.

Ouvrir et franchir cette porte en fréquentant Cancerland est anormal. Mais ils n’en restent pas moins des ados avec leur terreurs et leurs bravades. Certains cachent leur calvitie sous des casquettes, des bandanas ou autres, mais d’autres arborent leur tête chauve comme un « je t’emmerde » caractéristique de leur âge ! Ça n’empêche qu’ils ou elles devraient plutôt faire les imbéciles (ou accessoirement étudier) dans leur collège ou lycée plutôt que de fréquenter ce deuxième étage de Cancerland. »

Vieux cochon ! N’importe quoi ! Tiens aujourd’hui encore, il y avait un vieux monsieur avec un énorme pansement sur le front, avec du rouge tout autour. J’ai beau me dire, mais non, ce n’est pas du sang, c’est juste de la bétadine… Décidément, je ne m’habitue pas !

Dis Tonton, et si on reparlait de vraivolution !

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Posted in: Cancerland