Vive la vraivolution… (cartes postales de Cancerland 42)

Posted on 10 octobre 2013

0


lgjmp72

Il y a plein de choses qui m’agacent, certaines qui me tapent sur les nerfs, et d’autres… Tiens, lorsque Filou 1er a commencé à nous saborder les retraites, des millions de personnes dans les rues. Mais alors que nos stupidessialistes (j’aime bien ce mot, qu’elle dit ma chatte) sabotent nos retraites à grands coups de lattes, la rue se tait ! 

Il avait peut-être raison, Filou 1er, en disant qu’on s’en fiche des grondements de la rue (même s’il l’a dit en moins pouéthique). En attendant, ils vont se prendre une claque aux prochaines élections, nos stupidessialistes… Tiens, 66% d’abstentions aux élections de Brignoles, et hop, on va l’appeler Brignoles-les-fachos (ce qui était déjà le cas, mais sans qu’on le dise trop fort).

Bref, passons… et revenons à notre sujet !

Cette fois, ça y, ses infirmières lui ont ôté sa poche de nymphe, pardon sa poche à lymphe, à ma petite marrante, mais du coup on a dû s’y réabonner quotidiennement à Cancerland. Elles lui manquent trop ses infirmières, un jour sur deux, ce n’est pas suffisant ! Bon ok, elles sont plutôt mignonnes, mais elles sont trop occupées à soigner pour que j’ai le temps de les draguer, et en attendant, je me tape le côté face (ou pile, enfin peu importe) de Cancerland. Le côté où franchement tu n’as pas trop envie de draguer, même en rêve.

Bon c’est « octobre rose », un mois de sensibilisation pour le dépistage du (des) cancer(s) du sein et octobre rouge, vous connaissez ? Non, pas le film débilo-anticommuniste où c’est que Sean Connery (il porte bien sont nom dans ce film) joue le chef d’un sous-marin soviétique qui veut rejoindre le clan capitaliste. Mais celui qui s’est passé au Chili en octobre (bien oui !) 1972 et qui allait conduire un an plus tard à la mort d’Allende et d’une expérience unique, mais ratée, de socialisme, et à son remplacement par une dictature sauvage, celle de Pinochet (dieu ait son âme et qu’il la garde au chaud) et de ses sbires.

Ouais, mais on s’éloigne encore de Cancerland ! Qu’elle dit ma chatte.

Et alors, je n’ai pas le droit de faire Concertland moi aussi !

Bon, revenons donc à Cancerland et à l’octobre rose pour lequel il y a une initiative que je trouve sympa.

Le foulard, en dépit du mal vouloir de nos politiciens, ça ne me dérange pas, et à Cancerland… on en a déjà parlé… Mais il est vrai que l’on peut trouver des variantes ; et c’est justement ce que fait une infirmière – et victime d’un cancer du sein elle aussi, comme quoi… (tiens, pourquoi donc dit-on « victime » ?) en tricotant des bonnets pour les femmes en chimiothérapie, et d’autres femmes s’y sont mises du coup, au tricot du bonnet, et hop, paraît qu’elles ont déjà façonné 4000 bonnets.

Oui, vous me direz que la femme au tricot, c’est un peu comme la femme au foyer et à la ménagerie, pardon à la ménagère. Mais non, ce n’est pas du tout ce que je pense puisque c’est plutôt moi la ménagère depuis que ma petite marrante passe les trois quarts de ses journées au lit, en attendant le prochain rendez-vous à Cancerland.

Et qu’elle ne parle surtout pas de ma ratatouille. Parce qu’en allant faire les courses tout à l’heure, je me suis arrêté, perplexe, devant les légumes bios, en me disant…

72montreal_0032b

« Qu’est ce qu’elles bossent ces infirmières ! Il peut toujours rêver pour les draguer, le JeanMi, elles ont autre chose à faire et croyez-moi, si ça se cantonnait à quelques piqûres par jour ce serait le paradis. Mais on est à Cancerland et elles en voient passer de toutes les couleurs… et elles gèrent, soignent, pansent, cajolent, écoutent, rassurent, réconfortent, expliquent…

Mais comment font-elles pour garder le sourire, être disponible, comme si chaque patient était unique. Je m’incline bien bas devant ces femmes avec qui j’ai noué quelques liens et dont je comprends, entre les lignes, que leur quotidien personnel n’est pas aussi rose que les sourires qu’elles affichent dans leur travail.

L’une d’elles, à qui je trouvais les traits tirés, sans que cela n’altère sa fraîcheur, m’a avoué qu’elle faisait des gardes de nuit volontaires le weekend pour joindre les deux bouts ! Celle là même dont j’ai appris par l’interne qu’elle était l’auteure d’un ouvrage de référence sur une technique de soin (j’ai pas tout compris !). 

Et oui, c’est de notoriété publique, les infirmières sont payées au lance-pierre, il n’y a pas si longtemps elles étaient d’ailleurs dans la rue aussi !!!

Une autre avec qui des liens plus intimes se tissent, m’a raconté son histoire personnelle, ses enfants, une maladie… Une autre encore est très curieuse de connaître mon métier et voudrait que l’on trouve le temps que je le lui raconte…

Et puis ce qui me fascine aussi chez ces femmes, c’est leur grande modestie et leur humilité. C’est bien souvent que l’une ou l’autre fait appel à une de ses collègues pour avis, et c’est bien souvent que l’une ou l’autre vienne spontanément en renfort auprès de la soignante. Il faut dire que, en y passant en moyenne une demie heure par jour pour mon soin, j’ai eu le temps de les observer.

Si je vous dis que souvent je les ai entendu subtilement suggérer à l’interne du service que tel ou tel soin serait peut être mieux adapté… Pas une n’est moins compétente qu’une autre !

Et toutes sans exception parlent de la passion de leur métier. L’une d’elles m’a dit qu’il y a quelques années, elle avait voulu se réorienter mais avait renoncé : que faire de mieux ?! Une autre m’a dit que même si elles voulaient se mettre en grève pour de meilleurs salaires, il leur est IMPOSSIBLE d’abandonner les malades ! 

Voilà un bien petit coucou-merci au regard de ce qu’elles m’apportent et à l’acharnement qu’elles mettent en commun pour me guérir et ne plus me voir revenir chaque jour à Cancerland…

Mais sous savez, il existe aussi des infirmiers, je ne les ai rencontrés qu’aux services de nuit lors de mon hospitalisation pour mon opération. Merveilleux… Je veux dire merveilleux infirmiers… mais bon shootée de calmants avec un seul sein et une cicatrice… allez donc séduire, euh pardon, allez donc draguer… »

Oui, et je vous raconterai demain ce qu’elle m’a dit en sortant de ses soins, qu’elles avaient parlé de gros mots elle et les infirmières. Et pendant ce temps, une autre jolie gamine d’une vingtaine d’année attendait (avec son lot d’étiquettes), un petit chauve d’à peine trois ans jouait entre ses parents (anxieux, les parents), et un cancer de l’oeil s’est assis à côté de moi…

Sûr que je vais faire un Concertland de vraivolution, mais demain…

Publicités
Posted in: Cancerland