J’aime bien les ados (cartes postales de Cancerland 48)

Posted on 17 octobre 2013

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Ma petite marrante disait l’autre jour qu’elle aimait bien les ados. Bien moi aussi je les aime bien. Alors que la plupart des vieux crétins d’ex-soixantehuitards se pâment d’admiration, voire d’adulation, aux pieds de notre fhainiste ministre de la volaille dont on se sait comment il s’est perdu à gauche.

Il doit confondre sa gauche et son extrême droite. Qu’elle dit ma chatte.

Oui, il confront ! Bref, seuls les ados sont dans la rue pour dénoncer ces expulsions iniques. Alors oui, j’aime vraiment les ados. Evidemment, je ne parle pas des ramassis de crétins que l’on a vu défiler contre le mariage homosexuel, et qui ne doivent pas être dans les rues aujourd’hui.

Dommage que je ne puisse pas être avec eux parce qu’il nous faut encore aller à Cancerland, où nous rencontrerons sans doute d’autres ados, mais…

« Touchez pas aux ados, messieurs (dames?) les CRS, sinon on descend dans la rue avec eux, même moi avec mon non sein et mes pansements et on les protégera ! Qu’est-ce qu’ils sont rafraîchissants…. » Qu’elle dit ma petite marrante.

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Bref… J’ai failli intituler ce billet, « Le temps des cerises », et je suis sûr que son auteur, Jean-Baptiste Clément, ne m’aurait pas réclamé de droits, lui qui avait aussi écrit, « oui mais, ça branle dans le manche, les mauvais jours finiront. Et gare à la revanche, quand tous les pauvres s’y mettront… » Je me suis donc dis que « ça branle dans le manche » serait mieux comme titre.

Et puis je me suis comme d’habitude barré en sucrettes et je suis tombé sur la version originale de « Gracias a la vida » de et par Violeta Parra que je ne connaissais pas et qui m’a fait chialer. Bien oui, un mec ça chiale aussi parfois.

Donc, ça branle dans le manche… ou ça manche dans la branle, qu’il faudrait plutôt dire aujourd’hui. Et puis comme les ados sont dans la rue, j’ai encore changé de titre.

Mais revenons à nos moutons, pardon, à Cancerland.

Hier, j’ai encore fait grève de Cancerland, et c’est son fiston qui y a accompagné ma petite marrante – qu’est parfois pas marrante du tout, mais ne le lui dites surtout pas. Et comme toutes ses infirmières avaient fait un briefing autour d’elle pour changer son protocole de soins qui n’en finissent plus, je m’étais dit chic, on n’aura visite à Cancerland que un jour sur trois…

Ben non ! C’est raté, elle s’est réabonnée à Cancerland au quotidien, ma petite marrante. Alors je vous mets une autre version de « Gracias a la vida », par Mercedes Sosa et Joan Baez.

« Et oui, aujourd’hui j’étais accompagnée à Cancerland par un beau garçon, mon fils. C’est drôle comme la jolie petite réceptionniste redouble d’amabilité quand il est à mes côtés !!! Quand c’est JeanMi qui m’accompagne, elle est toujours charmante, mais moins frétillante, allez savoir pourquoi.

Que je vous raconte les dernières nouvelles de Cancerland : il y a eu une cabale d’infirmières contre les soins décidés pour moi par la chirurgienne, et elles ont obtenu un changement de protocole. Réunion de tout le staf, c’est comme ça qu’elles me l’ont raconté, et ont fait abdiquer la toubibe, qui a dit qu’elle leur faisait entièrement confiance (et heureusement !). Et qui c’était la vedette dans tout ça, et bien moi bien sûr…

En résumé, plus de mèche dans la plaie (il va falloir qu’elle explique cette histoire de mèche, qu’elle dit la chatte) et on tente de laisser se refermer cette fichue plaie naturellement, ou bien avec un ou deux points de couture, si nécessaire – on verra. Et on essaie d’écraser (pas la chatte, la plaie) avec des compresses, ça s’appelle « faire un tassot » (?) sur lequel on ajoute un pansement américain (là, j’ai demandé qu’on me donne plutôt un italien aux yeux bleus) pour qu’il n’y ait pas trop de poches de lymphe. Vous suivez ou vous êtes dans les pommes ?!?!

Résultat des courses, je suis rentrée à la maison transformée en momie, parce que pour faire tenir le tassot et son ami américain, il a fallu m’entourer d’une bande Velpeau (cela s’appelle un compressif). Je n’avais jamais vu une bande Velpeau aussi large, si bien qu’elles ont fait un trou au milieu, pour qu’au démarrage j’y passe le bras d’à côté du non-sein. Et là elles s’y sont mises à trois pour tirer, le plus serré possible, en tournant autour de moi. Vous imaginez la chorégraphie… 

Je leur ai demandé si j’avais le droit de respirer au moins jusqu’à demain! »

Et l’italien aux yeux bleus, tu l’as trouvé finalement? Qu’elle demande ma chatte.

Ouais, mais toujours pas la vraivolution. Qu’il dit le neveu. On va voir ce que feront les ados et les CRS vendredi, et j’espère que je serai avec eux.

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