Façon kitch… (cartes postales de Cancerland 60)

Posted on 4 novembre 2013

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lgjmp72

Elle est d’un drôle parfois, ma petite marrante ! Ce matin au café, elle me dit qu’elle a rêvé que son médecin lui annonçait qu’elle avait un cancer généralisé, qu’un autre médecin lui faisait une opération à coeur ouvert alors qu’elle était réveillée, et enfin qu’elle se retrouvait en fauteuil roulant et rentrait dans le pare-brise d’une twingo, rouge la twingo, évidemment. Et qu’enfin c’était à cause du cancer généralisé que sa plaie ne se refermait pas. Génial, le réveil ! Bon, passons, de toute façon, je bois trop de café.

Un peu plus tard, assis en face de la porte des PPP (pansements, prélèvements, ponctions… tout un programme…) et celle de l’Unité de Surveillance Sénologie (qui ne concerne pas les séniles, mais les seins), je me retrouve entre une jeune femme d’une trentaine d’années et une vieille dame. Leur seul point commun, elles ont une feuille rose, signe qu’elles débarquent à Cancerland, et ça se voit vraiment dans le regard de la jeune. Arrive ensuite une dame enperruquée, mais alors moche, la perruque. Ils donnent des cours d’esthétique et de maquillage à Cancerland, ils devraient aussi donner des cours de perruquage.

Puis ma petite marrante revient de ses soins toute guillerette, et elle m’annonce… qu’elle bourgeonne…

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« Non le lundi c’est pas raviolis, c’est Cancerland ! (Je déteste les raviolis, surtout depuis qu’un jour JeanMi a trouvé très gastronomique de les mélanger à un reste de couscous…) Et chaque lundi à Cancerland ne se ressemble pas… Ainsi ce matin j’apprends que ma plaie « bourgeonne » ! À mon âge bourgeonner c’est plutôt rassurant, mais en revanche ça présente l’inconvénient d’empêcher la plaie de se refermer.

Petite explication à ne pas lire à l’heure du repas : alors que j’ai mis des mois à cicatriser à l’intérieur (même que l’interne y rentrait deux doigts, vous vous souvenez), voilà que tout à coup en l’espace de trois jours je fais une méga rapide cicatrisation intérieure (pourquoi ? Bof ?) et que ça se met à prendre toute la place et à écarter la plaie extérieure, qui bien sûr, est empêchée de se recoller. C’est clair ? 

Bon je n’aurais pas du l’engueuler l’autre jour, cette plaie, et la menacer de couture si elle ne la fermait pas. Quelle sournoise, tout de même, de me faire bourgeonner, elle ne m’aura rien épargné ! Si, à propos d’épargne, elle m’aura enrichi… Vous savez comment on soigne un bourgeonnement de plaie ? Avec du nitrate d’argent ! Après avoir été radioactive, me voilà précieuse maintenant, avec mon « bourgeon badigeonné » à l’argent.

Dites-moi ce que je ne leur aurais pas fait à mes copines infirmières…

C’était la nouveauté du jour ! »

Chic alors, elle n’aura pas besoin de se transformer façon Dali pour nous rendre riches.

Dites, les nouveaux riches, vous pensez un peu à la vraivolution ! Qu’ils râlent le neveu, la chatte et la cigale.

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Et tiens, à propos de riches, pour acheter un appartement à Paris aujourd’hui, il faut disposer d’un salaire net mensuel moyen de 8449 euros et d’un apport de 160.000 euros. Bienvenue à Paris, les pauvres ! Et je ne vous parle pas des prix des locations…

PS. Travaillant at home, depuis que ma petite marrante – qui n’est pas toujours drôle – est en congé Cancerland, je cherche un bureau. Y’a pas un riche qui pourrait me louer pas cher une chambre de bonne ?

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Posted in: Cancerland