Bella ciao

Posted on 12 novembre 2013

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lgjmp72

Bella ciao, devenu l’un des hymnes préférés des gauchistes et autres révolutionnaires (souvent en herbe, ce qui explique pourquoi la révolution tarde tant à venir. Qu’elle dit ma chatte et que je l’approuve) fut à l’origine une chanson de protestation des « modines » qui travaillaient, ou disons-le, étaient exploitées pratiquement comme des esclaves, dans les rizières du Piémont, en Italie du nord (oui, il n’y a pas que des rizières en Asie, je devance la question de ma chatte).

La version originale, par Milva

Et sa traduction (dont j’ai ôté les répétitions)

Alla mattina appena alzata (Au petit matin à peine levée)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

In risaia mi tocca andar (A la rizière je dois aller)

E fra gli insetti e le zanzare (Et entre les insectes et les moustiques)

Un dur lavoro mi tocca far (Un dur travail je dois faire).

Il capo in piedi col suo bastone (Le chef debout avec son bâton)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

E noi curve a lavorar (Et nous courbées à travailler).

O mamma mia, o che tormento (Oh ma mère – on peut aussi traduire bonne mère – quel tourment)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

Io t’invoco ogni doman (Je t’invoque tous les jours)

E ogni ora che qui passamo (Et chaque heure qu’ici nous passons)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

Noi perdiam la gioventu (Nous perdons la jeunesse).

Ma verra un giorno che tutte quante (Mais viendra un jour où nous toutes)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

Lavoreremo in liberta (Nous travaillerons en liberté).

A noter qu’on ne traduit pas Bella ciao, qui ne veut rien dire, sauf à dire Ciao bella.

Cette chanson populaire du nord italien fut adaptée on ne sait par qui, ni quand, pour devenir l’hymne partisan et antifasciste que l’on connait aujourd’hui. Mais selon certaines sources sa véritable origine musicale viendrait d’une danse Klezmer, « Kiolen » enregistrée dans les années 20 par Mishka Zigonoff, et en effet…

Alors je propose cette version de Goran Bregovic, que j’aime bien

Traduction de la version partisane (sans les répétions encore)

Una mattina mi sono svegliato (Un matin je me suis réveillé)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

Et ho trovato l’invasor (Et j’ai trouvé l’envahisseur).

O partigiano, portama via (Oh partisan, emporte-moi)

Che mi sento de morir (Parce que je sens que je vais mourir).

Et se io muoio da partigiano (Et si je meurs en partisan)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

Tu mi devi seppellir (tu devras m’enterrer).

E seppellire lassu in la montagna (Et m’enterrer sur la montagne)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

Sotto l’ombra di un bel fior (sous l’ombre d’une belle fleur).

Tutte le genti che passeranno (Tous les gens qui passeront)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

Mi diranno, che bel fior (Me diront, quelle belle fleur).

E quest’e il fior del partigiano (Et c’est la fleur du partisan)

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao…

Morto per la liberta (Mort pour la liberté).

Et une version en espagnol par Manu Chao, avec quelques variantes où l’on parle d’un guerrillero, partisan et révolutionnaire, mort pour la liberté

Une version turque

Une étrange version finnoise

Une autre en cinq langues, turque, anglaise (étrange et sans aucun sens par rapport aux originaux), la vraie version soviétique de mon enfance, par les coeurs de l’armée rouge, la version italienne d’origine, et une version danoise (jolie voix, mais un peu nunuche, et je ne comprends pas le danois)

Bon, je ne résiste pas à la version d’Yves Montand, même si ce n’est pas celle que je préfère (et je n’avais pas remarqué, mais je sais pourquoi je ne la préfère pas, Montand a coupé la fin « Et c’est la fleur du partisant, mort pour la liberté »)

Et puisqu’il faut rendre un chat à sa chatte, rendons à Modena (ville très moche, mais où j’ai mes pissenlits, pardon, mes racines) ce qui lui est dûe avec la version des Modena City Ramblers

Et je ne résiste pas à cette incongruité…

Dis curé, c’est pour quand la vraivolution !

Allez, pour nos amis les grecs qui ne vont pas tarder à s’y mettre, j’espère, la jolie version de Maria Farantouri

Mais il ne faudrait pas oublier que si Bella Ciao fut popularisée comme chant révolutionnaire dans les années 60, d’autres chansons furent des hymnes de résistance, comme Fischia il vento, qui serait encore d’actualité. (écrite en 1943 par Felice Cascione, communiste et résistant italien, tué en 1944 à 25 ans par les fascistes).

Traduction

Siffle le vent, hurle la tempête,

chaussures cassées mais il faut aller encore,

pour conquérir le printemps rouge

d’où se lève le soleil de l’avenir.

Chaque contrée est la patrie d’un rebelle,

chaque femme lui donne un soupir;

dans la nuit les étoiles le guident,

forts son coeur et ses bras quand il faut frapper.

Si elle nous surprend, la mort cruelle,

dure sera la vengeance du partisan,

on connaît déjà le sort

du fasciste vil et traitre.

Que cesse le vent, se calme la tempête,

à la maison rentre le fier partisan

en brandissant son drapeau rouge

victoreux enfin, libres nous sommes.

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