Grève de flics (cartes postales de Cancerland 65)

Posted on 13 novembre 2013

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lgjmp72

Les flics manifestent aujourd’hui ! Chic, on leur envoie les CRS avec les lacrymos, les tasers, et même les balles en cachou, et on les encabane !

Bon, retour à Cancerland après six jours de trêve et de soins at home ; la plaie de ma petite marrante ne veut toujours pas se refermer. Elle fait chier cette plaie. Et puis la lymphe qui n’arrive toujours pas à trouver son chemin chez ma cuisse de nymphe. Merdre, c’est moi qui vais finir par la recoudre cette plaie. Bon, vaut mieux pas, je suis aussi doué en couture qu’en matière de ratatouille. Mais quand même !

Et puis des fois, je me demande si je ne préfère pas les balades à Cancerland plutôt que les soins at home. Suis pas infirmière, moi, j’ai raté le diplôme à cause que j’étais mal rasé. Et quand ma petite mmarrante me raconte ses histoires de plaie et de lymphe qui s’écoule où elle veut, évidemment, c’est toujours à table ! Quoi que j’ai fait, je ne suis pourtant déjà pas bien gros, ça va être dur de maigrir encore

Ouais, et si on fout les flics en cabane, les taxis vont pouvoir rouler encore plus comme des cons. Qu’elle dit ma chatte. Et vous allez finir par avoir un accident, en plus d’un cancer.

« Il y aurait pas parmi vous un bon psy pour m’expliquer pourquoi cette s… de m… de plaie ne veut pas se refermer ? Mes copines infirmières ont beau me dire que ça arrive, que certes c’est très rare, etc…  n’empêche que je me demande : petit un, pourquoi moi, petit deux, si ma tronche aussi va mal ? Alors peut-être que sept ans de psychanalyse régleront mon problème de cicatrisation ! 

Le plus drôle, (ou non c’était plus drôle avant) c’est que mon JeanMi maintenant il ne change même plus de couleur en m’accompagnant à Cancerland. Je ne peux même plus faire de plaisanteries grasses sur son teint vert de gris !

Bon l’envers de la médaille c’est que ça reste notre quotidien et qu’on n’arrive pas à s’en extraire, concrètement parlant. Et la conversation entre nous revient sur le sujet plus souvent que nous le voudrions, même si nous faisons des efforts pour la contourner : « ça coule encore? » (il parle de la lymphe), « ça va? », « tu veux de l’aide pour le pansement? », « tu en parleras aux infirmières »… Voilà quelques unes des petites phrases qui ponctuent nos journées et qui sont bien sûr suivies de mes réponses et commentaires (comme à table, sur le chemin que doit trouver la lymphe…) ce qui ne nous permet pas d’échapper à l’univers de la maladie.

Et puis il y a les effets secondaires de la chimio hormonothérapie orale, mais là je suis dans la normalité… vacherie! 

Bon allez avec un bon canapé, un bon psy (et beau pour le transfert), et ma plaie s’appellera bien un jour cicatrice! »

Bon, revenons aux flics en déroute, et si on leur collait un psy à eux aussi, vous croyez que…

Pas la peine d’user les divans. Qu’elle dit ma chatte. Un flic, ça n’a pas plus de cervelle qu’une crevette, alors va donc chercher à sonder son inconscient, autant utiliser une épuisette.

PS. Le transfert, ça marche même avec des psymoches, c’était juste pour info.

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