Balade à Nonoprix… (cartes postales de Cancerland 67)

Posted on 15 novembre 2013

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lgjmp72

Ma petite marrante, qu’est vraiment pas toujours marrante et qui râle lorsque je le dis, me donne à lire juste avant le déjeuner un texte, issu de son forum, qui résume assez bien l’esprit de nos cartes postales de Cancerland. Alors je le relaie ici, avant de m’évader faire les courses au Nonoprix…

Haiyan1

Ceci n’est pas un non-sein, mais l’oeil du cyclone Haiyan

« Il faut que l’on vous dise…

Nous sommes des femmes, atteintes plus ou moins gravement d’un cancer du sein. Nous n’avons pas les mêmes formes de cancer, nous n’avons pas eu les mêmes traitements, ni connu les mêmes forces, le même courage, les mêmes désespoirs. Nous ne sommes pas les mêmes femmes, chacune a son histoire, mais nous avons quelque chose en commun à vous dire…

Vous nous dites : »Il faut garder le moral ! »

Oui, nous essayons de garder le moral et nous vous étonnons de l’avoir, ce moral. Mais attention, sachez que parfois, on vous ment parce que l’on veut vous protéger ! Alors, quand nous pleurons, même si vous avez mal, laissez-nous pleurer, nous en avons besoin… Pour évacuer notre peur, notre douleur, notre révolte… Et si vous-mêmes, vous ressentez le besoin de pleurer avec nous, faites-le, nous ne vous en voudrons pas.

Acceptez l’aide des vôtres pour vous aider à nous aider ! Cessez de nous dire qu’il faut tenir le coup et être forte, accordez nous le droit d’être un peu faible, surtout quand nous sommes avec vous… Nous ne vous demandons pas de nous assister, mais de nous ménager… Si nous allons nous allonger, ce n’est pas parce que nous baissons les bras, c’est parce que nous avons un immense besoin de nous reposer… Non, une promenade au grand air, à la place, ne nous fera pas de bien, nous n’en avons pas la force…

Proposez-nous de l’aide concrète. Par exemple : dites : « Laisse, je vais porter ton pack de lait, je vais aller chercher tes enfants » plutôt que de nous lancer « Tu as besoin de quelque chose ? », ce qui nous met dans une situation de dépendance… Savez-vous que notre moral ne dépend pas uniquement de notre guérison, des bonnes ou des mauvaises nouvelles, mais aussi des conséquences parfois dramatiques de cette maladie sur notre quotidien : baisse des revenus, perte de l’activité professionnelle, coût des prothèses, des transports…

Nous sommes malades et nos traitements sont épuisants. Nous comprenons que votre souhait le plus cher soit que nous ne nous conduisions pas en malades et nous nous efforçons de ne pas le paraître (certaines d’entre nous continuent à travailler, toutes restent des mères et des épouses attentives durant leurs traitements…) C’est auprès de vous, nos familles, nos amis que nous enlevons, parfois, nos masques de femmes fortes et courageuses, nous vous demandons d’accepter ce rôle ingrat, d’accepter notre vrai visage…

Peut être qu’au lieu d’un « ça va ? » qui semble ne pas supporter autre chose qu’une réponse positive, aurions-nous besoin d’un « raconte-moi ».

La suite à lire ici, si vous le souhaitez.

Quel plaisir d’aller faire les courses !

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Posted in: Cancerland