Petite (ou grande) colère (cartes postales de Cancerland 73)

Posted on 25 novembre 2013

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lgjmp72

Suite aux commentaires d’une certaine personne hier sur Mediapart qui nous donnait des leçons et qui, comme la plupart des donneurs de leçons n’avait pas lu nos cartes postales, ma Petite marrante s’est transformée en saine colère pour ne pas dire en sainte colère, ou en Grande colère qu’elle rectifie.

Tu devrais dire en non sein de colère. Qu’elle dit ma chatte. L’est pas très catholique, petite marrante.

Non, elle a dit en grande colère, et d’ailleurs je t’ai vu filer te planquer sous le lit quand elle a piqué mon ordinateur pour répondre. Mais laissons-la parler…

« Savez-vous qu’il y a autant de cancers différents que de malades et qu’aucun n’a valeur d’exemplarité ?

Je suis douillette ou chochotte, et alors ? et je ne ferais que me plaindre, et alors ? Si j’ai décidé de témoigner de « mon » cancer au travers des cartes postales de Cancerland sur un mode humoristique, de ce nous vivons à la maison avec mon mari, qu’est ce qui vous dérange ?

Si votre mère et Madame la ministre ont choisi d’être « héroïques »  face à la maladie, je refuse que leur attitude soit érigée comme valeur universelle. Toutefois si elles souhaitent qu’on les félicite, je leur dis bravo du fond du coeur, et sans ironie.

MAIS il n’y a rien de courageux à se taire quand on est malade du cancer et parler peut sauver des vies.

Oui on a mal, oui on souffre, oui on est abattu et anéanti, oui on est fatigué jusqu’à parfois ne plus tenir debout, OUI IL FAUT LE DIRE. 

Pas pour nous, pas pour se faire plaindre, mais pour les autres, pour qu’ils n’aient jamais à vivre cela si c’est possible. 

Encore une fois le cancer c’est la souffrance, la douleur, la fatigue, les opérations, les traitements, l’exclusion sociale et professionnelle… alors se taire de tout cela c’est maintenir l’opinion publique dans l’ignorance de l’importance des programmes de dépistage qui peuvent éviter bien souvent les galères des malades du crabe.

Oui le cancer TUE, et se taire, lutter courageusement en silence, c’est être complice de l’ignorance de ces programmes de prévention. Vous n’ignorez pas que plus un cancer est traité tôt, plus des chances de rémission ou de guérison sont importantes.

Bien sûr c’est un choix de l’intime, de le dire ou de ne pas le dire, mais quand on est une personnalité publique et politique, n’a-t-on pas avant tout le devoir de donner la connaissance.

Oui, il y a une médecine de privilégiés et madame la ministre dans sa communication pour l’annonce de son cancer du sein ne fait qu’en apporter la preuve. Et entre nous, si elle me proposait sa voiture avec chauffeur pour me rendre à Cancerland, je ne dirais pas non.

Que ce soit votre mère, Mme la ministre ou moi, personne n’a à décréter quel est le bon comportement à adopter et à attribuer un label définissant la charte du bon ou mauvais malade. C’est inacceptable, inhumain et indécent.

Les cartes postales n’ont qu’une valeur de vécu et n’ont jamais prétendu qu’il en est ainsi pour chacun. Or qui vous autorise à me dire comment je dois me comporter avec mon cancer, comment mon mari doit se comporter envers moi ? D’où vous êtes-vous octroyé ce droit là ? Par le courage de votre mère ? Par le silence de la ministre ?

Mais c’est dangereux l’uniformisation, la généralisation ! Et vous n’avez aucunement le droit de culpabiliser qui que ce soit des ses fatigues, douleurs et souffrances… » 

Et j’ajouterais, par vos inepties et celles de Madame la ministre, mais ce n’est que mon avis personnel, pas celui de ma petite marrante en colère – mais on ne fait pas taire un nanar ! nan mais !

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Posted in: Cancerland