De l’immaculée contraception

Posted on 26 novembre 2013

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Lucien Neuwirth, papa de la loi autorisant la contraception en France est mort. Il ne m’est pas coutume de faire l’apologie d’un mec de droite, mais je donne quand même un petit coup de chapeau à ce type qui, non seulement entra dans la résistance à 16 ans, mais s’est battu pendant près de 10 ans pour que cette loi soit enfin votée.

Jusque là, et depuis 1920, toute forme de contraception était interdite, ainsi que toute publicité ou publication (même scientifique donc) sur le sujet.

Et le vote de cette loi fut ardu : « Les maris ont-ils songé que désormais c’est la femme qui détiendra le pouvoir absolu d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants en absorbant (sic) la pilule même à leur insu. Les hommes perdront alors la fière conscience de leur virilité féconde et les femmes ne seront plus que des objets de volupté stérile. » disait ainsi un député le 1er juillet 1967.

La contraception fut néanmoins autorisée en 1967, mais non sans réserves. Ainsi, les femmes souhaitant prendre un contraceptif devaient se faire délivrer un « carnet à souche » (article 3 de la loi 67-1176 du 28 décembre 1967). Et l’article 5 de préciser que « Toute propagande antinataliste est interdite. Toute propagande et toute publicité commerciale directe ou indirecte concernant les médicaments produits ou objets de nature à prévenir la grossesse ou les méthodes contraceptives sont interdites, sauf dans les publications réservées aux médecins et aux pharmaciens. »

Si je traduis, ça veut dire que vous pouviez prendre la pilule, mais sans  rien y connaître. Qu’elle dit ma chatte. Et pour le carnet à souche, y’a pas les gens du voyage aussi ?

En effet, et il faudra attendre une loi de décembre 1974 pour que la précédente loi soit effective en totalité et que « les centres de planification ou d’éducation familiale (soient autorisés) à délivrer à titre gratuit et anonyme des contraceptifs, sur prescription médicale, aux mineures qui désirent garder le secret. »

Un mois plus tard, en janvier 1975, et après le difficile combat de Madame Veil, l’interruption volontaire de grossesse sera enfin accordée aux femmes. Sous conditions aussi, qui ne seront levées qu’en juillet 2001. Il faudra encore attendre 2012 pour que l’IVG soit remboursée par la sécurité sociale, ou plus précisément le 31 mars 2013, le décret validant cette loi n’étant entré en vigueur qu’à cette date.

Je retiens une phrase, qu’il dit le neveu. « Les hommes perdront alors la fière conscience de leur virilité féconde et les femmes ne seront plus que des objets de volupté stérile. » Dis Tonton, c’est pour quand la vraivolution.

Bien, je crois qu’on est très mal barrés, je lis dans l’Obs que la France (pas la tienne, on sait) va envoyer un millier de soldats (foutre la merde encore plus) en Centrafrique.

« Z’ont vraiment rien d’autre à faire que la guerre, nos socials-de-rien ! » Qu’elle ajoute la cigale.

Et quel rapport avec la contraception et l’IVG ? Qu’elle demande ma chatte.

72canard030d

Aucun, mais en cette période où tous nos droits régressent…

Tu ne dirais pas « dégraissent » ?…

Et en plus, si c’est pour pondre des militaires, il vaut mieux que les femmes prennent la pilule. Tiens, on se demande pourquoi la pilule pour hommes n’est toujours pas commercialisée.

Petite mise à jour : Le député auteur de cette mémorable phrase sur la « conscience de la virilité féconde », Jean Coumaros était aussi médecin et fut également l’auteur d’un amendement (rejeté) stipulant que la contraception soit prescrite à la demande conjointe du mari et de la femme.

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