J’ai les cheveux comme des chevaux (cartes postales de Cancerland 74)

Posted on 28 novembre 2013

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Petite marrante ondiférait ce matin sur Europe 1 avec Thomas Sotto en réaction aux propos de Madame la Ministre Bertinotti et de la « révélation » de son cancer du sein. Le lien vers l’émission est ici.

Bon, moi aussi j’ai les cheveux qui tombent depuis longtemps, et il paraît que ma calvitie est jolie.

Tu parles ! Qu’elle dit ma chatte.

Passons ! Mais en dépit de cette chatte et de ma calvitie, je n’ai pas envie de passer par l’ex clinique à replanter les cheveux comme des choux de notre ex-ministre, Cas du Sac, de la fraude fiscale, et spécialiste en la matière (pas des cheveux, mais de la fraude). Tiens, il paraît que son ex-femme, experte es-calvitie elle-aussi, a également un compte en Suisse. Et ne confondons pas les ministres, j’espère que Madame Bertinotti n’a pas de compte planqué en Suisse.

Bref, aucune envie de me faire recoudre le cheveu et implanter des poux avec. Je préfère rester chauve comme un pou, avec ou sans x.

Ou comme un hibou. Et ton genou, on peut lui faire un bisou.

Mais ma petite marrante, ça lui fait un drôle d’effet à chaque fois qu’elle se lave la tête et que ça tombe. Même que je râle parce qu’elle ne débouche jamais la douche.

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« Ben oui je perds mes cheveux. Non, non, je n’aurai pas le crâne d’œuf paraît-il, juste des cheveux très fins, enfin pour ceux qui vont rester. Oui, oui, « j’oublie » de les retirer de la douche, mais j’aime tellement l’entendre râler mon JeanMi, pourquoi m’en priver. 

Oui, je suis chanceuse de n’avoir que ces désagréments avec mon traitement, d’avoir eu une gynécologue réactive à la lecture de mes mammographies, d’habiter une région où l’accessibilité aux meilleurs soins est possible, que mes complications post opératoires et mes fatigues soient l’objet de toutes les attentions, etc., etc.

Bien sûr que j’ai peur des métastases, que j’ai peur d’un cancer de l’autre sein, que j’ai la trouille des reconstructions… ce sont les dénominateurs communs à toutes celles qu’un crabe a visité et qui s’est logé bien au chaud dans nos seins ! 

Mais quel crabe, ils sont si nombreux, si différents… 

Et dans qui s’est-il installé ; une jeune femme, une plus mure, une sportive, une chômeuse, une divorcée, une maman, une cadre sup, une citadine, une campagnarde, une grand-mère, une sans-papier, une artiste, une mère célibataire, une… et patati et patata… Alors voilà si nous avons toutes la peur au ventre, pour autant nous n’avons pas le même type de cancer, pas le même type de vie, ni le même environnement géographique et socio professionnel, ni le même âge.

De ces faits et de par toutes nos différences il ne peut pas y avoir de critère possible pour des comparaisons, ni pour octroyer des degrés de compassion. Il est impossible qu’il y ait un modèle commun. 

Voilà pourquoi, en la matière, il dangereux de généraliser, d´y mettre un « mètre-étalon », car la souffrance de l’une n’est pas la souffrance de l’autre, mais n’en est pas moins une souffrance. Et si on l’ignore parce qu’elle n’est pas dans le modèle de référence, il pourrait y avoir de graves conséquences de santé publique. »

Bon, après tout, je vais peut-être quand même aller renflouer le porte-monnaie de notre pauvre ex-ministre de la fraude.

Dis Tonton, tu ne penses pas que c’est mieux la vraivolution !

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Posted in: Cancerland